Du diocèse de Toulon, mort au Tonkin le i" juillet
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les rapports les plus habituels avec les Iodes et la Chine, refusaient le passage aux nouveaux missionnaires français; les Hollandais hérétiques ne voulaient pas de prêtres romains à bord de leurs navires.
Cette situation, assez inextricable, n'était pas faite pour embarrasser Tévéque. Puisqn*il n*y avait pas de communications faciles, il en fallait créer. La réponse était juste, précise et fort simple, conune un conseil ou un projet; Tapplication était plus compliquée.
Mais les difficultés théoriques ou pratiques n'arrêtaient pas Mgr Pallu, et Ton éprouve un charme extrême à voir comment il se joue des obstacles, soit qu*il les brise ou qu*il les tourne.
11 forma le plan d*une Compagnie commerciale et l'exposa à ses amis, qui acceptèrent d'être ses coopérateurs; on dirait aujourd'hui qu'ils prirent des actions, n'espérant pas peut-être d'énormes dividendes.
On voyait parmi eux MM. de Garibal, d'Argenson, de Faminilliers, de Nesmond, de Croix, de Brancas, Maupeou, Desportes, Fermanel, L'Hoste, Pélisson, les duchesses d'Aiguillon et de Schomberg, M"* de Bouillon, M"* de Miramion, et nombre d'autres.
C'était la première partie du plan. La seconde consistait à fortifier cette société en l'unissant avec la Compagnie française de TOrieut et de Madagascar. L'évêque engagea des pourparlers avec les directeurs de cette Compagnie et conclut un traité dont nous résumons les articles les plus importants :
Achat ou construction à frais communs d'un navire de 3 à 400 tonneaux, d'une barque de 60 et d'une chaloupe de 10; — recrutement de l'équipage, composé de cinq officiers , d'un pilote , de deux chirurgiens et de cinquantecinq matelots; — autorisation donnée à Mgr Pallu d'emmener vingt personnes avec lui ; — achat de marchandises pour 12 à 15,000 francs, au compte de la
BES MISSIONS-ÉTRANGÈBES o7
Compagaic ; — transport gratuit de tous les bagages des missionnaires ; — fixation du départ aussitôt que possible après le 29 septembre, fête de saint Michel ; — indication de ritinéraire de France au Tonkin en tournant les lies du Cap- Vert, le cap de Bonne-Espérance, Madagascar, Macassar dans les Célèbes; — retour du navire eu France avec un chargement à la volonté du capitaine ; — obligation pour les Vicaires apostoliques de participer aux fi'ais de ce premier voyage seulement; — devis approximatif des dépenses totales estimées 80,000 francs dont 40,000 francs à verser par les évoques et 40,000 fr. par la Compagnie ; — droit des évoques d'assister aux conseils tenus à bord et dans les ports de relâche ^ .
Ce contrat fut aussitôt mis à exécution; un navire, le Saint'Louùy fut construit en Hollande sur les plans de M. Fermanel de Favery, riche armateur de Rouen, père de M. Luc Fermanel, procureur de Mgr de la Motte Lambert, et sous la direction de M. de Chameson, gentilhomme que sa piété et son dévouement aux Missions avait attaché à Mgr Fallu. M. de Thou, ambassadeur de France à la Haye, en prit possession au nom du roi.
Tout marchait donc à souhait. D'ordinaire, ni les choses divines ni les choses humaines n'oflrent une telle continuité de succès. Le malheur n'était pas loin.
Les Hollandais, ayant entendu vaguement parler de la destination du navire que Von construisait chez eux, s'imaginèrent, sans prendre le temps et la peine de se renseigner exactement, que la France projetait de l'employer comme vaisseau de guerre et de l'envoyer attaquer leurs possessions ou tout au moins de prendre à son servdce les anciens marins de la Compagnie des Indes qui le conduisaient au Havre; et ils refusèrent de le laisser partir. M. de Chameson protesta, M. de Thou