‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 182 sur 218 · Tom. VI. Introduct., p · texte numérisé non relu

Tom. VI. Introduct., p

HISSIONS-ÉnUNGÈRES. — 1. 33

Tonkîn occidental, à laquelle il reiidit de lonc^ -' importants seirices. »

La Société se maintenait en CochincUijic et au Tnnki par la persévérance et le courage de ses missionnaïr-^ mais il est des circonstances où la persévérance et lcoura^re semblent inutiles; c'est une des plus rud-** épreuves de l'apostolat. Les missionnaires de IVmpi'-du Milieu la subissaiciit.

En 1722, l'année qui suivit le départ de Chine de Mir Mezzabarba, Kang-lu mourut dans sa 71* année. 11 est un des empereurs qui ont le plus illustré le tn\h'' impérial;)] était distingué par les qualités du corps '?t par celles de l'intelligence; il avait un esprit prompt, une infatigable activité, un courage à toute épreuve : ii cultivait les arts et les sciences; il connaissait la religion catholique, en goûtait les maximes, mais n'eut jamais la moindre velléité de l'embrasser; s'il favorisa 1>'^ missionnaires jésuites, c'est parce qu'ils lui étaient utiles, et que l'éclat de leurs talents rejaillissait sur smi trône et rehaussait sa gloire.

Dès la première année du règne de son successeur. Yoimg-tching, les prêtres européens furent inquiétés; les lettres de l'empire, voyant avec peine l'introductiou d'une religion étrangère, essayèrent de persuader aii monarque que son père s'était trompé en usant de coiidescenaance envers les prédicateurs de rÉvangile. Le gouverneur du Fo-kien présenta une requête; il y rendit compte des raisons qu'il avait eues de proscrire la reli- .uÎMi, Hiri-liniiiir <Luis Iniilr l'élendin- de s.i juri.li.-tK.u. ri sij|i|iliii le suiiveriuji. jiour le repos do l'i^mpLre rt k- liicii des peuiiU'S, d'ordonner que les prêtres CKtbt>liijues fussent renvoyés des proviaces et cOtldailsonèU

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f ovir OU à Macao, et que leurs temples fussent employés à des usages profanes. Ce placet fut remis au tribunal des Rites, qui rendit une sentence conforme au vœu du irouverneur du Fo-kîeû, et fit exception seulement en faveur des Européens capables de rendre des ser\ices clans les arts ou dans les sciences. L'ordre fut imparfaitement exécuté, et on se contenta de rassembler les missionnaires à Canton; mais en 1732, Young-tcliing poursuint le projet d'expulsion, et les mandarins de (lanton intimèrent par écrit à tous les ouvriers apostoli^ ques Tordre de se retirer à Macao, avec l'injonction de ne jamais reparaître dans Tempire chinois; ils leur accordaient trois jours pour rassembler leurs effets et s'embarquer.

Le 20 août, les missionnaires, appartenant à toutes les Congrégations qui évangélisaient la Chine, partirent au nombre de trente-cinq et firent voile pour la petite possession portugaise.

Le vice-roi de Canton, non content de les avoir chassés, enjoignit au gouverneur de Macao de les renvoyer dans leurs royaumes respectifs, craignant, disait-il, leur rentrée en Cliine, qu'ils infecteraient encore de leur mauvaise doctrine.

Le gouverneur ne tint pas compte de cet ordre, mais le vice-roi de Goa en profita pour imposer aux missionnaires la soumission à l'ambition portugaise en leur ordonnant de prêter le serment de fidélité au roi, sonmaltre ; à cette seule condition, il leur permettait à: rester à Macao.

Cette mesure rencontra naturellement beaucoup d'opposition parmi les missionnaires de nationalité étrangère. Les prêtres de la Société refusèrent de s'y soumettre, et l'un d'eux, Conain, répondit : « Je ne puis prêter ce serment sans être blâmé par mes supérieurs, je préfère me retirer quand on le voudra. »

i)l6 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LÀ SOCIÉTÉ

L'i'v^que de Macno, il est juste de le faii'c remariji;apprécia le bien fond»- de ces insistances, et en référi . roi de Portugal, Jean V.

Le 1i) avril 173t), le souverain accorda asile dan» '. colonie à tous les missionnaires pei-sécutés. Conain - ■ tixa et )■ établit la procufcqni était auparavant ù Cant.. Situé aux portes de la (iliine, assez nipproclu' de l'A. nam, port de commerce fréquenté par fous les naMn-européens, Macao était une station extW^menicnt avant.- ' ^"■euse. Le seul inconvénient qu'elle présentât était l'ii'" tilité des Portugais lonjcui's vivace contre les iiiis>i<'i.naires français; les procureurs en eilet, et Omain li>u le premier, eurent rai-eniont dans cette ville une existem ■ exempte d'inquiétudes. Les tracasseries qu'on leur li: subir furent de plus d'un genre et souvent fort ridictili- La maison menaçait-elle ruine , et le procurciii dcmandait-ill'autorisation de la réparer, on la lui refusait. Voulait-il en louer ou en acheter une autre, on lui opposait ua nouveau refus. Si un Portugais plus sage k-\ plus pieux lui offrait une demeuiv, le sénat accusai! 1,< cupidité et l'esprit d'intrigue du procureur; il lui faisiiii un crime de recevoir chez lui les officiers des navirefrançais qui relâchaient dans le port. Aux jours di' crise, il allait jusqu'à éci-ii-e au cabinet de Versailles que la présence de ce procureur et l'introduction en Cliiu'' des missionnaires français portaient un préjudice! notable au commerce de la France.

Le cabinet de Versailles savait à quoi s'en tenir sur le patriotisme de la Société des Missions-Etrangères, depuis quatre-vingts ans qu'elle était à l'œuvre, et fju'clle le servait dans la mesure de ses forces à Pondichéry, à Siom. en Cocliinchino et au Tonltin, il lucroyiiit donc à aucune des accusations du Portugul, am» il y répondait sans fermeté, et pourtant c»tte petit'' maison de procure était bien hospitalière pour sex

marins. Tous étaient accueillis en amis, en frères; ils y trouvaient les soins de ràmeetdu corps, les renseignevu en ts commerciaux ou politiques qu'ils désiraient. Malgré des péripéties diverses et parfois périlleuses, la procure des Missions-Etrangères subsista à Macao just£ii'en 1847^. Elle correspondait avec le Séminaire de Paris, avec toutes les Missions, avec la procure de Pondichéry. Celle-ci avait, par les vaisseaux marchands ou par les navires de guerre, beaucoup plus de relations. avec la France, elle avait moins de soucis pour Fenvoî des prêtres dans leurs missions, puisque tous, excepté ceux de Siam, et encore pas constamment, partaient de Macao; Pondichéry n'était guère qu'un entrepôt,. Macao était tète de ligne.

Les missionnaires de Chine étaient expulsés, ceux de Siam étaient accusés, conduits devant les tribunaux, menacés de mort ; le courage et l'habileté de leur évôque les sauva et éj)argna la persécution aux chrétiens.

Cet évêque était Tessier de Quéralay 2, ancien procureur à Pondichéry, Mgr Cicé qui Tavait demandé et obtenu pour coadjuteur^ , faisait son éloge en ces termes* :

« Je Tai vu à Pondichéry, il est estimé de M. le gouverneur et de tous les Fran(;ais. Les officiers et les marchands m'en ont dit mille biens. Les Pères Capucins ont une vénération singulière pour sa vertu. 11 mène une vie fort mortifiée et fort austère. 11 ne mange point de viande, il ne boit point de vin, il est fAché qu'on l'ait

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