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CHAPITRE XVII

Mort de M. de Brisacier, 1736. — Eloge de Brisacier et de Tiberge par révoque de Chartres. — Alexis de Combes, successeur de Brisacier SOS travaux. — II. Visite de Mgr de la Baume en Cochinchine. — Relu- Wons de Mgr de la Baume avt'C les Missions-Étrangères. — Division de la Cochinchine. — Mort de Mgr de la Bciume. -* III. Fin de la question des Rites. — Triomphe de l'opinion soutenue par la Société des Missions-Étrangères. — Lettre de Néez. — Opinion de Martiliat sur les conséquences heureuses de la bulle Ex quo singulari, — IV. Action du Séminaire dans la nomination des vicaires apostoliques de la Société : Néez, de Martiliat, de Lolière-Puycontat, Lefèvre. — Reconnaissance des missionnaires.

Cette lettre éclatante d'esprit apostolique fut une des dernières qu'écrivit le supérieur du Séminaire, Jacques- Charles de Brisacier; il mourut le 23 mars 1736, âg-é de % ans. Aucun supérieur du Séminaire des Missions- Etrangères n'eut une administration aussi longue et remplie par tant d'événements divers. Directeur en 1676, il fut élu quatorze fois supérieur de 1681 à 1694, de 1700 à 1720 et de 1724 à 1736, recevant tous les trois ans le renouvellement de sa charge.

Nous avons dit sa participation aux ambassades de Siam en France, à la composition du règlement, à la question des Rites et à l'affaire du Jansénisme, son rôle dans la direction du Séminaire et ses rapports avec les missions d'Extrême-Orient et le séminaire de Québec. Ces travaux n'absorbèrent pas toute son activité. Orateur estimé de ses contemporains, il prêcha « avec

applaudissements devant la reine dès Tà^re de vii. trois ans » ; il donna de nombreuses retraites à Cu ^ très, à Châlons, à Blois, à Laon et surtout à Paris: 'i ses serinons et de ses discours, il nous a seuleni' laissé Toraison funèbre de la duchesse d'AijriiiII«' prononcée le 13 mai 1675, dans Téglise des Missî^ •- Etrangères.

Par ses vertus, ses talents, son exquise polite?iîi'\ » acquit le respect et la confiance des grandes dame> r des seigneui's de la cour, dont beaucoup le prirent p'i directeur de leur conscience. Madame de Maiutenuu . tenait en profonde estime, elle le visitait quelquefois. ' ■ lui demandait souvent conseil sur le système d'éducati- : qu'elle imposait à Saint-Cyr. Elle le pria de revoir. «'' concert avec Tibergc, également directeur et supérieur du Séminaire mort en 1730, les constitutions de 1« maison qu'elle fondait. Lorsqu'elle voulut attacher « cet établissement, en qualité de confesseurs extraordinaires, (( quelques ecclésiastiques d'un mérite et d'unpiété reconnus )),son choix tomba sur MM. de Brisacitr et Tiberge.

Les hautes relations que ces deux directeurs entrt»t*> naient, leurs talents, leur réputation les auraient facilement conduits à Tépiscopat, on le leur offrit plusieurs fois, ils le refusèrent constamment et leur dévoûnieiit pour les Missions mérita ce chaleureux éloge écrit par l'évêque de Chartres, Mgr de Villeroi, au cardinal Cavallerini et que nous ne croyons pas devoir passer sous silence^ :

o Monseigneur,

« La bonté avec laquelle votre Eminence m'a reru toutes les fois que j'ai eu Fhonneur de la voir, me fait

i. Arch. M.-É., Yol. 12, p. 89.

prendre la liberté de vous demander avec confiance votre protection pour le Séminaire des Missions-Étranuères qui est établi à Paris. Je puis plus que personne, Monseigneur, rendre témoignage à votre Eminence de V attachement inviolable que MM. les abbés Tiberge et lie Brisacier, qui le dirigent, ont pour ce saint et pieux /établissement. Je connais, il y a longtemps, très à fond, leur piété, leur capacité et leur détacliement, et je puis assurer votre Eminence qu'ils ont préféré les intérêts des Missions-Etrangères aux dignités de l'Eglise qui sont pour nous les plus grandes, aimant mieux soutenir cette honne œuvre, dont ils ont cru que la Providence les avait chargés, que d'entrer dans les prélatures qui leur étaient présentées. Ils viennent quelquefois nous aider à Saint-Cyr pour perfectionner et affermir l'importante maison de Saint-Louis, que le roy y a étabUe pour y élever les pauvres demoiselles du royaume dans la connaissance et les pratiques du christianisme, mais Tamour qu'ils ont pour l'œuvre des Missions-Étrangères fait qu'ils n'y \iennent que le plus rarement qu'il leur est possible.

« J'ose dire à Votre Eminence, Monseigneur, que je ne crains point de me donner auprès d'elle pour leur caution, ne connaissant pas dans l'Eglise de France d'ecclésiastiques plus remphs de talents, de mérites et de zèle que M. l'abbé de Brisacier et M. l'abbé Tiberge. »

La fin de leur administration fut attristée par le ralentissement dans le recrutement de la Société, nous avons dit quelle douleur ils en éprouvèrent et quelles peines ils se donnèrent pour y remédier.

Deux mois avant sa mort, de Brisacier pria qu'on le déchargeât du supériorat^ Lorsqu'il reçut les derniers sacrements, il adressa aux directeurs réunis autour de

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