‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 185 sur 218 · En 1"Î · texte numérisé non relu

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MISSlO.NS-ÉTRANGtnBS. — I. 34

son lit un " discours fort touchant » ; il ne laissait rit^c. comme ill'avait désiré, » uî biens ni dettes ". Ses fumrailles furent présidées par l'archevêque de Sens. ^<■L corps fut déposé dans la crypte de l'église du St'-nnnaire où il resta jusqu'à ce que la Révolution jetât .la vent ses cendres vénérées.

Alexis de Combes' lui succéda, on loue son zèle, -■. piété, sa cordialité. Pendant son administration <]u; dura neuf années, rexistcnce de la Société fut niarquo. par plusieurs fails iinpurtanis : la \isitc apostolique .'.■ Mgr de la Baume eu CocUinchiue, la conclusion de !< discussion sur les Rites cliinois et une sorte de rcoi^misat ion des Missions*. Nous allons c\ poser successivemciil chacun de ces faits intéi-essanls à divci's points de vue

Le Vicanat de Cochinchine, qui avait eu à sa tôfe lriii> cvéques de la Société des Missions-Étrangères , de la M"lle Lambcri, Mahot et Labbé, était gouverné, en 173ti. par un bamabite ifaUen Alexandre de Alexandrie. évCque de Nabucc. Il était troublé depuis plusieurs années par des questions d'ordre intérieur venues sigreffer sur les discussions qui se prolougcaieitl au sujet des Rites'. Deux des causes principales du manqur d'enteiitc et d'harmonie étaient la pluralité des congrégations apostobques et la divei-sité des natiouoljlés pnrmi les inissioimaîrcs réunis sur un même théAtre.

11 est plusieurs façons de vouloir le bien qui dépeii-

!. Directeur pn 1732.

2, Les missions d'Ann.nm furirit ri'liilhTmpnl peu npiliVs par la il)-- CiissioD sur les Rites, ellr» ic fuTpnl nt'nnmotns, l't il ne poiivAit gu^re l'ii être nutreineiit, puisque les Annniiiltcs (.'umme les Chinois praUiiiimt le culte des aiicâtrea, et que les mandarins et les Icltrés vénèrent Cuu-

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dent non seulement du caractère et du tempérament, mais encore de Téducation, du milieu, des habitudes; lorsqu'à toutes ces causes de dissidence dans les vues vient se joindre un patriotisme plus ou moins bien compris, la charité ne suffit pas toujours à empêcher les conflits. Tel était le cas de la mission de Cochinchine.

On y rencontrait, comme en Chine, au Tonkin, à Sîam, dans les Indes et autrefois au Japon, dans les mômes provinces et souvent dans les mêmes villes, des Portugais, des Italiens, des Français, des Espagnols; les uns appartenaient à l'ordre de Saint -François, ou à la compagnie de Jésus; les autres étaient Barnabites ou prêtres séculiers. En Europe, tous les représentants des diflerents ordres religieux, des sociétés ecclésiastiques et du clergé séculier vivent dans la meilleure intelligence sous Tautorité de leurs supérieurs qui règlent leur action; en Cochinchine, à quelque ordre qu'ils appartinssent, ils devaient tous se soumettre au Vicaire apostolique. Celui-ci était-il Italien ou Espagnol? il commandait,' selon les habitudes de son pays, certaines choses dont les Français ne saisissaient pas Fimportance ou qu'ils eussent volontiers exécutées autrement. Quand le Vicaire apostolique était Français, les termes des difficultés seuls changeaient. Ajoutez à cela la double autorité qui s'étendait sur les missionnaires : la première, celle du Vicaire apostolique de qui relevaient tous les prêtres; la seconde, celle du supérieur particulier qui avait des droits uniquement sur les prêtres de sa Congrégation alors dans sa mission.

11 faudrait ne pas connaître les hommes pour s'étonner de ces petits incidents de toute vie humaine; au Ciel seulement se rencontre l'harmonie parfaite dans Tamour éternel de Dieu. On avait vu des divisions semblables se produire au Japon et en Chine, et au jour de la persécution, les ouvriers apostoliques sans dis-

tinction d'ordre ou de nationalité marcher au mart^Tf • main dans la main. Les missionnaires avaient à plu^eo^ reprises indiqué le moyen de rétablir la paix com|>l' ' eu divisant la Cochinchinc en plusieurs Vicariats «i w chacun serait attribué à une seule et même con^ég^ti» !

Grâce à cette mesure, les froissements provenant i]^divergences de penser et de faire seraient évités et libéissancc deviendrait facile, puisque le supérieur d«^ !. Mission appartiendrait au même corps que ses prétr*:^ Avant de prendre cette décision qui no s'était encrr appliquée nulle part et qui plus tard devait douiin^'r partout, le Souverain Pontife, Clément XII, vouliii connaître plus à fond Tétat des choses et résolut dVuvoycr, en qualité de visiteur apostolique, Mgr Elzéar des Achards de la Baume.

Né à Avignon en 1679, Mgr de la Baume avait alois 58 ans. Ses biographes s'accordent à faire Téloge de si science, de son zèle, de sa piété et de sa douceur. Aussitôt après son ordination sacerdotale, il se livra aux missions des campagnes dans le Comtat, la Provence, le Languedoc et le Dauphiné. 11 passa une dizaiut* d'années dans ces travaux et fut ensuite nommé Pré>ot de la cathédrale dWvignon.

La peste ayant ravagé cette vUle, il montra envers les malades une charité si vive que le pays tout entier l'acclama et que le pape Benoit XIll lui conféra l'épiseopat sous le titre d'Halicarnasse.

C'est de cette époque que datent les premières relations de Mgr de la Baume avec la Société des Missions- Etrangères. L'évéque demanda, en 1731, à entrer au Séniinan'e et à se consacrer à Tapostolat; il fut admis, et voici la partie principale de la lettre très édifiante par laquelle il remercie les directeurs de son admission^ :

- l. XrQh. M.-É.,Tol. 20, p. 23i. LcUre du 1 février 1731.

ce J'ai lu, Monsieur, avec beaucoup de consolation la réponse que M. de Brisacier a eu la bonté de vous faire au sujet de ce que vous m'aviez fait la grâce de lui proposer de ma part, je vous remercie de votre attention. mais je meplains de votre bonté ; à la manière dont ces messieurs s'expriment, il faut que vous les ayez excessivement prévenus en ma faveur ; et comment avez-vous pu accorder vos discours avec la sincérité chrétienne et avec la connaissance parfaite que vous devez avoir depuis longtemps de mes défauts? Je tâcherai pourtant de ne pas vous faire rougir, et puisque vous \ous êtes engagé à dire du bien de moi, je suis résolu pour ne pas vous faire mentir, d'accomplir tout celui dont je suis capable et qu'il plaira au Seigneur de me donner la force de faire.

« J'ai eu toute ma vie une grande inclination pour les Missions-Etrangères, il m'a toujours semblé que la complexion robuste, que Dieu m'a donnée, jointcaux petits talents que j'aurais dû cultiver un peu mieux que je ne l'ai fait, était une marque de ma vocation, laquelle je n'ai jamais perdue de vue, malgré le genre de vie de chanoine que j'avais été obligé d'embrasser, et qui parait si contraire ou pour mieux dire si différent de celui de la vie apostolique.

« Je fus au comble de mes vœux lorsque je me vis appelé à Tépiscopat par le feu Pape de sainte mémoire. Je regardai d'abord cette dignité qui n'augmentait point mes revenus et qui ne m'élevait pas beaucoup audessus de ce que j'étais auparavant, comme une porte que le Seigneur m'ouvrait à la fin, pour venir à bout de mes anciens désirs, je regardai l'imposition des mains comme un gage, que le Saint-Esprit me faisait la grâce de me donner, du travail auquel j'espérais que la divine Providence voudrait bien m'employer. Combien de soupirs n'ai-je pas poussés depuis mon ordination? Com-

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l)ien de larmes n'ai-je pas répandues en me voyaut fnn de mener une vie inutile et si peu convenable à r«'^picopat. Vous avez vous-même été souvent témoin «1 mes sentiments là-dessus, et vous savez que le prturqui me retenait ici ne m'ennuyait pas tant à caos^* .1 sa longueur et de rinjustice que je souffrais, que partqu'il me mettait hors d'état de travailler au salut dr.-âmes. Aujourd'hui, par la grâce de Dieu, je suis s-^rii glorieusement de cette affaire, je me considère coniî.r saint Pierre mis en liberté hors de sa prison , et je cr»» rais manquer essentiellement à ce que le Seigneur evi:.' de moi, si je ne mé consacrais pas entièrement à la pKdication de TEvangile, ainsi je vous prie, Monsieur, <î* remercier de ma part M. de Brisacier et tous les Mev sieurs du Séminaire des Missions-Etrang-ères de la bonté qu'ils veulent avoir de m'asSocier et de m'agréer : s'ils ne trouvent pas en moi les grandes qualités qui foui les apôtres, ils y trouveront du moins beaucoup de bonne volonté, beaucoup de docilité et d'obéissanct'i je me rendrai au premier signe de leur part à l'endroit qui me sera montré, j'en sortirai dès qu'ils le jugeront à propos, comme j'y resterai autant qu'ils l'estimeront nécessaire pour la gloire de Dieu. Tout m'est indifférent, pourvu que j'annonce Jésus-Chri<l et qu'il consomme le grand ouvrage qu'ils voudront me confier, je ne souhaite ni domination, ni gouvernement, ni prééminence, je ne leur demande pas même de l'argent, car je suis prêt à partir pour le bout du monde, s'il le faut, avec mon seul bréviaire sous le bras, comme saint François Xavier. »

Mgr de la Baume ajoutait à la fin de cette lettre que, retenu par les démarches à faire pour la résignation d'un bénéfice, il se rendrait à Paris aussitôt après la conclusion de cette négociation, mais que^ dès maintenant, il désirait connaître la mission à laquelle on le destinait.

Les années s'écoulèrent, et, arrêté d'abord par de g-raves affaires, ensuite par une longue maladie, Mgr de la Baume ne partit pas pour TExtrême-Orient. Peutêtre le Pape avait-il quelque connaissance de ses anciens désirs lorsqu'il le choisit et le nomma Visiteur apostolique en Cochinchine.

L'évoque avait continué d*cntretenir des relations avec les directeurs du Séminaire, il fit part de sa nomination à M. de Combes^ :

« Il n'est pas juste, Monsieur, que vous appreniez par des plumes étrangères ma destination à la visite apostolique des missions de la Cochinchine, notre ancienne amitié m'engage à vous faire part moi-même d'un événement aussi singulier que celui-ci et à vous demander en même temps le secours de vos lumières et de vos sages avis...

(( Vous savez qu'il était nécessaire d'y envoyer un homme revêtu de l'autorité du Saint-Siège et en état d'établir une solide paLx ; le choix d'un tel homme devait sans doute tomber sur tout autre que sur moi : la médiocrité de mes talents, mon âge déjà assez avancé, mon peu d'expérience dans ces sortes d'affaires m'auraient dû mettre à couvert d'une commission de cette importance, mais le grand père de la famille envoie à sa vigne les ouvriers qu'il lui plaît et à l'heure qu'il lui plait, il n'y a donc pas à raisonner sur les choix qu'il fait, il n'y a qu'à obéir lorsqu'il ordonne. Voilà, Monsieur, la disposition où je tâchai de me mettre lorsqu'on me proposa, il y a six mois environ, ce périlleux ministère de la part de Sa Sainteté et de la Sacrée Congrégation. Ce qui ne contribue pas peu à me rassurer, toutes les fois que je réfléchis sur la grandeur de l'entreprise, c'est la confiance

i. Arch. M.-É., Tol. 21, p. 3i. Lettre du 13 juin 1:36.

<jue j'ai en vous. On m'a assuré qu'il y avait à la Cf>cli chine des missionnaires fran(,'ais et qui étaient im^i membres du célèbre Séminaire dont vous êtes lil!" tre supérieur, j'en suis infiniment console, parce «ji | je compte sur voti*e recommandation auprès d'rv laquelle je me flatte que vous ne me refuserez pas.

Mgr de la Baume n'arriva en Cocliinchiiie qup . l'^mai 1739, il s'arrêta à Ke-tha, chrétienté voisine . Fai-fo, d'où il adressa aux missionnaires et aux fiil^i- «ne lettre pastorale véritablement paternelle* :

<c Préparez donc, mes très chers fils, vos coeurs jt-n,' profitcrdu temps de la visite, disail-il, vous étiez aulnf" dans les ténèbres, maintenant vous êtes éclairés [wr! divine lumière ; il faut que vous vous conduisiez cuiiiin' des enfants de la lumière, venez à moi dans la simplicité de votre cœur, et ne craignez pas de me déclarer !■ • inquiétudes dont vos esprits peuvent être a^té's; maiayez une entière confiance à les exposer à nos yewi : par là il vous sera plus facile de dissi^wr les trom)>cni'< du démon qui auraient pu vous séduire, et de vous faîp devenir en même temps des chrétiens éclairés dans ivéritable science de Dieu...

<' Soyez i>ersuadès que je suis à votre égard autant qu'il m'est possible, un père qui vous chérit avec sincérité pjir un pur amour de votre salut ; et pour vous en donne des marques, je ne négligerai rien de tout ce qui pourn y contribuer, afin que nous remettions toutes chos.^dans son état primitif et que nous rendions à chacun I» justice convenable...

Il Donné dans l'église de Ke-thn, le 26 de la l' lunic'est-à-dire le 2 juin 1739, »

Mgr de la Baume partit ensuite pour Une, capiliilr du royaume et se fixa près de cette ville dans la clirV-

1. Lettres èdifîunles et ciiriemet etc., p. 39. Yi-iiiso, lîSfi.

t tenté de Phu-cam. Les missionnaires vinrent le trouver, et tous signèrent cet acte de soumission à son autorité : « Nous missionnaires, ayant reconnu M. le Visiteur comme un ange de paix envoyé par le Souverain Pontife, afin que par sa charité, sa prudence et son savoir, il dissipe les schismes et les dissensions, et désirant concourir au bien, nous déclarons que comme de vrais enfants de la Sacrée Congrégation de la Propagande, nous sommes tous disposés à montrer toutes sortes d'obéissance à tous les décrets de M. le Visiteur*...

Par un scrupule honorable, le supérieur des prêtres des Missions-Etrangères, Rivoal*, refusa d'abord de sifrner cet acte ; il lui semblait, disait-il, qu'on en pourrait conclure qu'il n avait pas toujours été soumis aux ordres de Mgr de la Baume; mais, sur les instances pressantes des religieux, il y apposa son nom.

Cette promesse d'obéissance solennellement reçue, le Visiteur apostolique écouta les deux partis et pesa les droits qu'avaient les uns et les autres sur les diverses paroisses de Cochinchine. Après avoir étudie la question sous toutes ses faces, il publia sa décision le 2 juillet 1740 : il assigna à la Société des Missions-Kltrangères la moitié des provinces de Hué et de Cham (aujourd'hui Quang-nam), les provinces de Qui-nhon (aujourd'hui Binh-Dinh), de Phu-yen, de Nha-ru et Nhatrang (maintenant Khanh-hoa) et le Ciampa qui depuis a formé le Binh-thuan. Les Jésuites eurent juridiction sur la partie septentrionale de la Cochinchine, et les Franciscains sur la partie méridionale et sur le Cambodge. Quoiqu'elle laissât certaines causes de difficultés et entre autres la double juridiction du Vicaire apostolique et du supérieur particulier des mission-

i, Lelt. edifi. et cari, sur Mgr de ta Baume y p. 67. 2. De Bretagne, parU on 1733.

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naires de chaque Congrégation, cette répartition n'éta:' pas sans donner satisfaction à de justes désirs, au<<! les directeurs du Séminaire approuvaient-ils hautement le jugement du Visiteur :

<( Nous devons cette justice à MgrTévêque d'Halioarnasse que le compte qu'il a rendu à la Sacrée Congrt^gation de sa visite apostolique était si modéré et si rempli de droiture, qu'on y a déféré en tout, les actes d«' sa visite ont été confirmés ; quoiqu'il fût déjà connu et estimé à Rome, la manière dont il s'est acquitté d'une* commission si épineuse et si difficile lui a acquis une grande réputation. »

Cependant les fatigues du voyage et les travaux incessants de sa mission avaient ruiné la santé de Mjrr d«^ la Baume. Il mourut le jour de Pâques, 2 a\Til 1741, et fut enterré dans Téglise de Tho-duc, chrétienté importante, située à quelques kilomètres au sud-ouest de la capitale, entre la rivière de Hué et la route royale. Un prêtre indigène prononça son oraison funèbre « qui fut fort goûtée, elle contenait le procès de la vie du défuui et quelques réflexions pour relever ses vertus. »

Sauf de légères modifications, les décisions de Mgr do la Baume furent approuvées par le Souverain Pontife \v 19 septembre 1741, et les actes en furent publiés par lo cardinal Petra, préfet de la Propagande, le 23 novembre de la môme année.

Enfin l'affaire fut complètement terminée en 1744 par un décret de Benoit XIV et par les soins de Mgr Costa, (Hilaire de Jésus) évèque de Corée ou Coricée, ficaire du apostolique Tonkin oriental*

Une autre question plus grave venait également de prendre fin. Le 9 août 1742, le Pape publia la cons-

titutîoii Ex qiio singularij datée du 11 juillet précédent et qui jugea souverainement la question des Rites cYiiïvoîs.

Dans cette bulle célèbre, Benoit XIV, après avoir fait r historique de la controverse, à partir des décrets de 1643, rapporte en entier celui de 1710, qui confirme le mandement du cardinal de Tournon ; il donne la constitution Ex illd die de Clément XI, de 1713, le mandement du légat Mezzabarba. avec les huit permissions, et le bref de Clément XII de 1733, qui annule les lettres pastorales de l'évêque de Pékin. Il déclare que le Saint- Siège n'a jamais approuvé les concessions de Mezzabarba, qu'elles sont contraires aux décrets pontificaux, qu'on doit les regarder comme nulles et non avenues, et n'en faire désormais aucun usage. 11 confirme le décret de Clément XI, et défend de l'interpréter autrement (ju'il ne le fait lui-môme, c est-à-dire que les cérémonies chinoises, qui faisaient le sujet de la querelle et qu'il indique, doivent être regardées, sans exception, comme idolàtriques, par conséquent illicites dans tous les cas possibles. Il porte les censures les plus sévères contre tout missionnaire qui osera y contrevenir; il ordonne de renvoyer en Europe ceux qui ne se soumettront pas, afin qu'ils soient punis de leur désobéissance par le Pape lui-même; il enjoint aux chefs des Instituts religieux de veiller à la stricte exécution de cette ordonnance par leurs subordxmnés, se réservant de procéder contre eux s'ils refusent d'obéir, et les déclarant privés par ce seul fait du droit d'envoyer jamais aucun de leurs prêtres dans ces missions ; il prescrit enfin la formule du serment à prêter par chaque missionnaire. Deux lettres de l'évoque de Pékin, écrites les 10 janvier 1743 et 5 janvier 1744, ayant transmis à Benoit XIV des observations au sujet des cérémonies, ce Pontife écarta, dans un bref du 19 décembre 1744, tous les prétextes

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dont on pouvait colorer l'opposition aux constituti.*:^ apostoliques; il montra que les raisons de convenan*.alléguées contre l'opportunité de ces décisions, n'étaitii pas suffisantes, quand il s'agissait de pratiques éviihiument idolàtriques; et il fit voir que les décrets dont ; établissait à la fois la nécessité et la convenance, u. pouvaient nuire autant qu'on le prétendait a la propa^ - | tion de la foi en Chine.

La Société des Missions-Étrangères avait, depuis !^débuts de son apostolat dans leinpire du Milieu, soutem Topinion que Benoit XIV proclamait solennellement U seule vraie, c'était l'opinion que Maigrot avait ordoML. de suivre dans son mandement de 1693, celle que le Séminaire, dans la personne de de Brisacier et de Tiber;:.». avait défendue, que Charmot avait essayé de fain triompher. La Société accueillit donc cette bulle ave^ une \'ive joie, a Nous avons connaissance de la décisiuii que le Souverain Pontife vient enfin de rendre sur li question des Rites, écrivaient les directeurs du Séminaire \ rien ne manque pour que cette fois tout le mondo obéisse, nous nous en réjouissons devant Dieu, et noii^ le remercions de ce que la vérité a le dessus; nous esprons que les maux causés parées discussions vont disparaître et que les chrétiens chinois aui'ont la pureté dv la foi, comme il convient à de véritables adorateurs de Jésus-Christ. »

Les missionnaires étaient dans les mêmes sentiments. « Nous avons pu, disait Néez « le 10 février 1745, dans une lettre au Souverain Pontife, toucher de nos mains un monument insigne de la grande vigilance de Votre Sainteté pour conserver la pureté de notre foi et détruire jusqu'à la racine les rites de la superstition et do

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