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Arch. M.-fi., voL 20, p

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tîoii ecclésiastique du Yun-nau était la proximité du Toiikin. En 1703, Leblanc rêvait d'établir un séminaire dans cette province pour y recueillir les élèves annamites chassés de leur pays par la persécution. Sans avoir des projets aussi détaillés et un plan aussi précis, les directeurs trouvaient de nombreux avantages à la proximité de ces deux missions. « Ce serait un grand acrréracnt si nos missionnaires du Tonkin et de la (!lhine pouvaient avoir communication les uns avec les autres ^. »

Cent cinquante ans se sont écoulés depuis lors, et le» espérances conçues par les directeurs commencent à se réaliser. La France vient d'ouvrir la route longtemps très difficile et à peu près impraticable du Tonkin au Yun-nan, des canonnières et des chaloupes de guerre françaises la protègent, les missiomiaires du Yun-nan remontent le fleuve Rouge et traversent paisiblement, emportés par la vapeur, des régions explorées avec beaucoup de peines et de dangers par M. Le Pavec en 1792, parcourues en 1809 et en 1820 par M. Fonlana et par Mgr Pérocheau ^ ; c'est dire qu'avant les demie i»s événements qui ont amené la France a!i Tonkin, les voies de communications entre le Yunnan et ITndo-Chine orientale n'étaient pas inconnues aux Missions-Etrangères.

En 1739, la Propagande accorda les deux demandes faites par le Séminaire et agréa ses deux candidats. Néez fut nommé Vicaire apostolique du Tonkin occidental, et de Martiliat du Yun-nan. Une lettre signée du cardinal Petra annonçait cette dernière élection et en donnait cette raison : « le Souverain Pontife, ayant égard aux mérites acquis en Chine par la Société des

1. Arch. »r.-É.,Tol. 21, p. 162. Lettre du 2i (K^combre 1132.

2. Et par plusieurs autres niissionnaircî* cjui se remlnienl nu Su-trliucn par le Tonkin et le Yun-nan.

msSlONS-ÉTRANGfeHBS. — I. »^''

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Missions-Etrangères, a voulu la récompenser enconfi;îi ' le Yun-nan à un de ses sujets les plus honorables. ■> l'ur autre lettre du même cardinal prescrivait à Mgr Mullener de laisser pendant quelque temps à M^t «I Martiliat la juridiction sur la partie méridionale du Sutchuen, afin qu'il pût en toute liberté y prendre 1* mesures propres à ouvrir la mission du Yun-nan, et } trouver un refuge, si la persécution l'obligeait à qoilk: son nouveau vicariat.

Sur ces entrefaites, Mgr Mullener mourut ainsi qi.' son coadjuteur Mgr Maggi, religieux dominicain, qui nomma Mgr de Martiliat administrateur des deux pnvinces du Su-tchuen et du Hou-quang. Une seconde négociation s'ouvrit alors et fut habilement conduite. L»** directeurs du Séminaire adressèrent à la Propasrandt d'abord et ensuite à M. d'Argenson, ministre des affain> étrangères en France, un long mémoire établissant l'utilité, pour la nouvelle mission du Yun-nan, de pobf(> lixes dans un pays déjà évaiigélisé, la convenance et la facilité de confier à de Martiliat au courant de toutes U> affaires, la mission du Su-tchuen en même temps qii»^ celle du Yun-nan. La raison parlait seule dans ces rvflexions, le cœur se joignit à elle dans une note suJ)s«quente. Les directeurs ne pouvaient s'empêcher de considérer le Su-tchuen un peu comme un héritage d« famille, ce sont, disaient -ils, « des Français qui ont lr> premiers travaillé dans le Su-tchuen, puisqu'en 1701, la Propagande a donné cette province à M. Basset de h Société des Missions- Etrangères. » Leur concjlusion offrait le moyen de sauvegarder la question de principe. « La nomination de M. de Martiliat préviendrait toutes les difficultés, et si le Seigneur daignait bénir le zèle et les travaux de nos missionnaires, la SacnV Congrégation scroit la maîtresse de nommer un nouveau Vicaire apostolique pour le Su-tchuen ou pour le Yuii-

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lan, ainsi qu'elle le jugeroit à propos ; elle pourroit examiner à loisir l'affaire du démembrement proposé et Llécîder ensuite ce qu'elle croiroit plus convenable pour le progrès de TEvangile. En un mot, sans faire à présent aucun changement dans les districts des Vicariats, elle l'cmettroit les choses au même état où elles étoient avant Mgr de MuUener, elle accorderoit à un évoque qu'elle daigne honorer de son estime une grâce qu'il sollicite depuis trois ans, sans laquelle il est exposé à demeurer peut-être plusieurs années sans fonctions épiscopales, <»t qui lui est d'ailleurs presque indispcnsablement nécessaire pourplanter solidement la foy dans la province <lu Yun-nan. »

Cette requête fut agréée, de Martiliat, Vicaire apostolique du Yun-nan, fut nommé administrateur du Sutchuen. Grâce aux négociations du Séminaire, la Société irardait provisoirement le Su-tchuen ; ce provisoire devint définitif en 1752, et depuis lors, la Société a été chargée de cette belle mission, qui, à la fin du xviii* siècle et au commencement du xix®, donnera un si grand Jiombre de nouveaux fidèles à l'Eglise et d'élus au ciel. Le Tonkin, le Su-tchuen et le Yun-nan avaient des ôvêques, Siam et la Cochinchine en manquaient encore, le Séminaire s'efforça d'en faire élire. Le rapport qu'il écrivit à Rome pour obtenir la nomination d'un évêquc à Siam présente un caraorlère particulier. C'est moins le passé qu'il invoque que le présent, moins les notions géographiques que le bien de la mission et l'intérêt supérieur du clergé indigène.

La demande est appuyée sur ces trois raisons : 1® Le Vicaire apostoUque de Siam remplit près du souverain les fonctions de consul de France, ce qui lui <loune une autorité morale plus grande ; 2^ il reçoit du roi de France une pension de trois mille livres très utile aux <jeuvres de la mission ; 3® la Société possède à Siam son

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sî>nunairc (ri-néral poui- la formation d-u clergé ûn^ gène. Or, si le Vicaire apostolique n'est pas Franv»'^- ■ ne peut ôtre choisi comme consul de France et ne !■cevra pas de pension ; s'il n'appartient pas à ki Sot-ii''celle-ci ne peut lui confier la direction du scininairp.

A la suite de cette requête, M. de Lolière-Pu yconta: ' lut nommé, en 1740, év(>(jue de Juliopolis et Viciii ai>ostoli(juc de Siaui.

La nouvelle de cette réorganisation des missions d. ■ Société réjouit le cœurde SCS prêtres, qui en téinoigin'ivi vivement leur reconnaissance aux directeurs du S^'J!]naire, et, en particulier, au supérieur, Alexis de C. lies * ;

<( Le rétablissement de nos missions demandait i: ■ Vicaire apostolique au Tonkin, un à la Cochincliine .t la Chine, Vossoins, Monsieur, votre charité et les pn>t''. lions que vous vous êtes acquises depuis lougtemi>s [n^ votre mérite, ont surmonté les difiicultés les plus r"jr: lieuses. Le Tonkîii a obtenu ce dont il désespéraif pre^ijin La Cochînchine se voit au\ portes de son repos et \ ■•-■ peut-être même au moment que je parle; vous avez obliii : (mur nous le vicariat du Yun-nan et la révocation du: ordre donné sur un fau\ exposé, qui nous rétablit da;:notre mission de Su-tcliuen, Tout cela nous fait honiioii.. Monsieur, et rendra votre mémoire chère et distininiidans notre mission. »

Le choix d'un Vicaire apostoliijueen CochiuohiiiCM'lil attendre jusqu'en 1742. Mais enfin les rapports de M::: de la Baume, ayant été très favorables aux pn>trcs di^ Missions-Etrangères, firent pencher la balance en Uut faveur. M. Lefèvre fut élu évoque de Noélèiic et plair à lu tète de la mission. Sa nomination terminait heu-

1 . Du (1iori''sc de Pt'iitciiPiix. procureur de la SoclOli' à PondlcbiVi jMili |>i>iir l'Eïfn-i.iP-Orinnl l'n nid.

2. Arcb. H.-Ë., TOI. 27G. Ult» deH.de Murllliat du If août ITII.

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rcusemcnt la série des négociations du Séminaire. Nous «'liions raconter maintenant les travaux, les succès et les disgrâces qui suivirent cette réorganisation; c'est une période de travail et d'activité, preuve certaine que la Société, malgré son affaiblissement passager, n'a pas perdu toute sa vitalité.

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