‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 189 sur 218 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Hnrche gt-nérale de la Société des Hlsslons-Ëtrangéms. — 1. D« Martil." »u Su-tchuen. — Ses projets. — Ses travaux. — Son AirestatioD. —Il Il essaie de pénHrer au Yun-nan. — Il organise les chrétteolr' -; .propose un règlement pour les Vierges chrétiennes. — Traraui .K prêtres indigènes encouragés par le Séminaire de Paris. — UI. Edii '1. Kblen-long exilant tous les missionnaires européens. — Tribalations i- H. de VertbamoD au Su-tchuen. — Mgr de MartUist et M, de YertlL^ mon se réfugient à Macao. — Arrestation de M. Urbain LelèTre. — l\. Situation des missionnaires en Cochlnchine. Services qu'ils rend'^1 aux Français. — Leur exil. — Bref de Benoit XIV k Mgr Bennetat. - Services rendus par Dupleii aux missionnaires. — Lettre de Louis \V recommandant Mgr de LoliËre au roi de SUm. — V. Mgr Bennetat ri H. Rivoal de retour en Cochlnchine. — Nouvel ezU. — Les mlssioDnalres se réfugient RU Cambodge. —VL Situation do Tonkin. — Bonnes relations de Mgr Néei avec les princes et les mandarins. — Travaux de Mgr Kéez pour augmenter le clergé indigène aa Todkin, — VU. Lellre de Mgr Néez au roi et k la reioede France. — Vm, Les missionnaires du Tonkin. — Eloge de M. Le Boui. — Servif.^. du clergé indigène.

La Société des Missions-Étrangères poursuit partout le môme but. partout elle l'atteint à. travers les mêmes tribulations par des moyens adaptés aux ci^coDstance^ mais très peu dissemblables; elle institue au ivni' siècle dans d'autres contrées les œuvres qu'elle a commencées en Cochinchine et au Tonkin au 5vii' sit'cle. Ses premiers Vicaires apostoliques ont composiles Monita qui traitent de l'organisation des clurtientés. Deydier et de Bourges au Tonkin, Hainque». Brindcau, Mahot en Cochinchine en ont nppbquê les prescriptions; de Martiliat va les étudier et chercber comment ils peuvent s'exécuter en Chine, où il commencera

DES XISSIOMS-ÉTIU?«GÈRES ool

un séminaire et constituera des paroisses avec le secours de cl'Artigues,dede Verthamon et des prêtres indigènes. De la Motte Lambert a établi les Amantes de la Croix, de Martiliat instituera les Vierges chinoises. Fallu a été soutenu par Louis XIV, Laneau, de Lionne, Vache t out aidé à nouer des relations entre Siam, l'Annam et la France, ils ont fait part de leurs travaux et de leurs succès au gouvernement, au clergé et au peuple de France ; Néez, Bennetat, Lefèvre, de Lolière les imiteront dans la mesure permise par leur situation.

Cette analogie, si visible dans les travaux, se retrouve dans les souffrances, De Martiliat et de Verthamon sont obligés de sortir du Su-tchuen et de se réfugier à Macao comme autrefois de la Balluère et Basse ; Lefèvre, après avoir été chassé de la Cochinchine, cherchera également un asile à Macao. Pendant la durée de ces exils, les Missions seront soutenues par le clergé indigène. Les années passent, les hommes disparaissent et sont remplacés, et la Société se retrouve toujours et partout animée du même esprit, attachée aux mêmes traditions, que ses prêtres puisent d'abord à son centre, le Séminaire de Paris, et ensuite dans leurs Vicariats apostoliques au contact des anciens qui les ont précédés dans la carrière. Le règlement fait son unité intérieure, la similitude des événements engendre son unité extérieure; belle et sainte unité de travaux, de misères, d*exils et de sacrifices, qui lui donne le caractère touchant et glorieux de soldat blessé mais toujours combattant.

De Martiliat, dont nous venons de parler, était entré au Sa-tchuen en 1730, peu de temps avant que Tempereur

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Yoiig-tchîng ordoiinAt do chasser de Chine tous le^ Européens. Le Su-tchucn n'avait que deux ou trois nii>sionnaires à peu près inconnus du gouvernement, faisant lentement et sans bruit l'œuvre de Dieu, ils échappèrent à la loi d'exil exécutée en 1732. De Martiliat s'était couiiné dans la partie méridicmale de la province que hii aï vait confiée Mpr Mullener. Pendant plusieurs année>. il passe en secret de chrétienté en chrétienté n'obtenant guère de succès, car il ne baptise par au quf ({uinze à vingt païens : c'est peu pour qui a rêvé la fondation d'une Église et la conversion d'un peuple, c'e>l beaucoup pour qui songe que chacune de ces ànies a été rachetée parle sang de Jésus-Christ. Il se consol* ]).ir la ferveur des fidèles qui, bien que peu instruits et rarement visités, conservent de vifs sentiments de foi facilement réveillés par la présence et par la parole du prêtre.

c< J'ai vu avec bien de la joie, écrivait-il^, des \"ieillaitl> et des jeunes gens recevoir avec de grands sentiments de componction la pénitence publique que j'étais oblifré de leur imposer. Vous les auriez vus, Monsieur, foiidiv en larmes, s'accuser devant tout le monde du scandale qu'ils avaient donné et en demander pénitence. C'est en vérité beaucoup pour cette nation-ci où il n'y a pa»^ distinction de condition et où les petits sont pres- ([uc aussi superbes que les grands. Si j'en ai trouvé un ou deux d'impénitents, ils paraissaient au moins honteux d'eux-mêmes, et quoiqu'ils eussentpu me nuire, je ne crois pas qu'ils y aient même pensé. »

La principale source des consolations de Tapôti^e est le baptême des enfants abandonnés par leurs parents; ilsiie réjouit de ces grâces qui donnent des élus au Ciel, et il les relate avec une cert<iine complaisance : «.l'ai le bonheur

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