Vrch. M.-É.. vol. 27C. Lettre du 11 septembre
DES MISSIONS-ÉTÏUNGÈRES 533
d'avoir régénéré un petit enfant le jour de la fête de
saint Pierre, il avait tout au plus Irait jours, et, à peine
l'avais je baptisé qu il est mort. » Et ailleurs : « On
m'apporte chaque semaine plusieurs petits enfants que
je baptise et que le bon Dieu ne tarde pas à appeler
près de lui. » Dans une troisième relation, il dit encore ' :
« On vient de nous porter un petit enfant de 13 jours
ou d'un mois, que ses parents ont abandonné et jeté,
n'espérant plus rien de sa vie. Nous l'avons baptisé et
nommé Nicolas : j'ai chargé une femme de voir si elle
pourrait le nourrir. C'est par cette bonne fortune, ou,
pour parler justement, par ce coup de prédestination
sur cet enfant, que je finis le journal de cette année. »
Dès qu'il possède une connaissance plus approfondie du caractère et de la situation des chrétiens, il conçoit plusieurs projets d'organisation propres à améliorer leur état. Le premier est la nomination des chefs de station c[ui veilleront au bon ordre et présideront aux assemblées des fidèles.
Cette institution, si bien expliquée. et si fortement recommandée par les Monita, avait porté les plus heureux fruits en Cochinchine et au Tonkin, mais elle était encore inconnue au Su-tchuen : voici comment M. de Martiliat Timagine :
« Je voudrais dans chaque chrétienté, pour peu nombreuse qu'elle soit, placer un homme d'âge, de vertu, et qui eût quelques connaissances des lettres, qui serviroit de maître d'école aux enfants des chrétiens, les assembleroit chaque dimanche pour réciter les prières, vferoit et liroit quelques exhortations solides, veilleroit sur les fidèles. Ce serait une espèce d'aide-missionnaire, je luy ferois avoir une petite maison à part qui servâroit d'église et de retraite au prêtre pendant sa