‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 195 sur 218 · Du diocèse de Tours pîirti en · texte numérisé non relu

Du diocèse de Tours pîirti en

Cette dernière mission jouissait d'une paix profonde sous le règne de Vo-vuong. Ami des arts et des sciences de l'Europe, ce prince traitait les prédicateurs derÉvangile avec bienveillance, il recevait avec distinction le> Français qui abordaient dans ses Etats et principalement les envoyés de la Compagnie des Indes Orientales qut» Dupleix poussait à établir un comptoir sur les côtes de TAnnam. Un de ces agents, Dumont, ,>dsita plusieur> provinces et proposa de fonderune maison de commerce dans une petite lie près du port de Faï-fo; en 1749. Poivre débarqua à Tourane, et bientôt, oubliant son désir d'être missionnaire, il ne s'occupa plus que de prendre des renseignements sur la situation du royaume et sur le commerce que Ton pouvait faire. Vo-vuoiiir Taccueillit assez bien, et, après de longues négociations, autorisa l'établissement de factoreries. 11 lui remit même une lettre pour Louis XV, protestant de son amitié et déclarant que les royaumes de France et de Cocbinchine ne devaient plus faire qu'un seul Etat. Vo-^nionir ne se doutait guère que son amplification orientale deviendrait une réalité. Comment un prince si bien disposé se révéla-t-il tout à coup persécuteur et proscripteur des Européens? Uniquement parce qu'il fut le jouet de ses ministres. Ceux-ci, ne partageant pas ses sentiments pour les étrangers, lui représentèrent le péril qu'il y aurait à les laisser se fixer dans le pays ; ils firent apparaître le fantôme des vaisseaux européens secourant le Tonkin avec lequel il était en guerre ; il> ajoutèrent que les plus dangereux des Européens étaient les missionnaires et qu'à cause de leurs agissements, rempcreur du Japon les avait chassés. Le i*oi les crut, et résolut de se débarrasser d'un seul coup de tous les

prôtres européens et de proscrire en même temps le christianisme, pour en finir avec eux, et leur ôter tout prétexte de revenir en Annam. Au mois de juillet 1730, tous les prédicateurs de TEvangile, qui se trouvaient en Cochinchine, furent arrêtés.

Le Vicaire apostolique, Armand Lcfèvre^, son coadjuteur Edmond Bennetat* et leurs prêtres furent emprisonnés et chargés de lourdes cangues en attendant qu'un vaisseau les transportât hors du royaume ; car, par un reste de modération, le roi, malgré les instances de ses ministres, se refusait à verser leur sang.

Dans la nuit du 26 au 27 août, les missionnaires qui avaient été réunis à Fai-fo, furent embarqués pour Macao, au milieu des pleurs et des gémissements de leurs clirétiens, accourus pour dire adieu à leurs pères spirituels et recevoir leur bénédiction.

Le procureur des Missions-Étrangères, Jean-Baptiste Maigrot ^ , donna Fhospitalité aux exilés qui attendirent chez lui l'occasion de rentrer en Cochinchine.

Une fois débarrassés des pasteurs, les mandarins espérèrent avoir facilement raison du troupeau; la persécution commença avec ses AÎolences accoutumées. Plus de deux cents églises furent détruites, les chrétiens rançonnés par d'impitoyaloles et a^'ides satelliteSj qui leur enlevèrent jusqu'à la dernière sapèque H au dernier vêtement. Un grand nombre furent battus à outrance, mis à la cangue et retenus plus ou moins longtemps dans les cachots. Néanmoins on ne cite pas une seule peine de mort portée sous le règne de Vo-vuong, mais plusieurs centaines de fidèles qui tinrent bon contre les avanies, et persévérèrent dans la confession

1. De Calais, d*abord missionnaire à Siam^ en 1737, éTê([ue de Noclène, vicaire apostolique de Cochinchine en 1742.

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