Arch. des M.-É., yo\. 136, p
mais n'est pas si peuplée ; elle n'a rien de beau, si on la compare aux villes de France, sauf quelques mosquées et bazars revêtus de carreaux de terre vernis en plusieurs couleurs. Les rues sont voûtées, garnis de boutiques des deux côtes ; un pont de bateaux traverse le fleuve au pied du château. »
Dans cette ville, leur attention est surtout attirée par les travaux des religieux Capucins qui ont « bâti leur église et leur maison avec des briques enlevées à la tour de Babel », parla piété des chrétiens auxquels Mgr de la Motte Lambert donne la confirmation.
A Ispahan, ils logent également chez les Capucins, dont le Supérieur était le P. Raphaël du Mans.
Un jour, celui-ci, tout en examinant la bibliothèque du couvent, de\îsait avec Tévêque et ses deux missionnaires, sur les multiples difficultés de Tœuvre qu'ils tentaient : « Si jamais vous entrez dans le Tonkin, leur dit-il, je m'oblige à vous envoyer toute cette bibliothèque, je ne m'en réser>'erai qu'un seul bréviaire et une bible. » Prompt à la riposte, comme un vrai Méridional, M. Deydier répliqua : « C'en est trop, mon Père, et vous seriez fâché d'une telle perte. Je vous assure que si Monseigneur que voici me fait l'honneur de m'y envoyer, j'y entrerai et m'y établirai, malgré toutes les oppositions des hommes ^ . »
Dans cette ville, ils trouvèrent six Français, trois catholiques et trois protestants professant divers métiers ; il y avait deux horlogers, deux armuriers, un graveur et un négociant, M. de l'Estoile « qui a fait sa fortune dans ce pays; il est fort honnête homme et très secourable. »
Sur les bords de TEuphrate, Mgr Cotolendi fit la rencontre de M. Tavemier, un des voyageurs les plus célèbres du xvii* siècle, et dont le nom est resté attaché