Instructiones, etc., ch. 10, p
secrétaires, sacristains, maîtres d'école, juges instructeurs, avocats, pharmaciens, philosophes, baptiseurs, eu un mot véritables factotums, ils sont les aides nécessaires du missionnaire et un des principaux instruments de l'apostolat; sans eux, le zèle le plus efficace reste eu partie stérile; avec eux, beaucoup de choses deviennent faciles; le prêtre est la tête, le catéchiste est le bras, mais un bras intelligent qui sait agir selon les circonstances ; ordinairement c'est près de lui que le missionnaire trouve des renseignements qui le mettent à même de bien savoir les choses qu'il doit faire et de bien juger les hommes qu'il doit conduire ; et, ses avis basés sur une profonde connaissance des mœurs, des coutumes, des idées, des faiblesses de ses compatriotes offrent de précieuses indications. Par conséquent, il importe de les choisir avec soin. Voici les grandes qualités qu'on désire en eux :
« Les catéchistes, en tant que coopérateurs, étant des ouvriers évangéliques, doivent surpasser les autres eu probité et en régularité ; il faut donc élire ceux-là seuls qui se sont montrés pieux et vertueux depuis leur baptême, ou qui, après quelques égarements, se sont entièrement convertis à Dieu et donnent l'espoir fondé d'une vie toujours sainte.
« On écartera de cette charge les orgueiUeux, les irascibles, les avares, les ivrognes, les joueurs, et dans certains pays, cette passion du jeu est portée à un tel degré, que celui qui en est possédé joue non seulement tout son argent, mais sa liberté; ils doivent être chastes, sobres, justes, d'une bonne renommée, ils doivent briller surtout par la patience, la douceur et l'humilité qui est la première vertu des chrétiens.
« Ayant une guerre continuelle à soutenir contre les démons, dont plusieurs ne se chassent que parla prière .et le jeâne, ils s'appliqueront à allumer en eux la ferveur
de la piété par des méditations assidues, ils aimeront Toraison, la mortification et surtout la communion.
« Qu'ils enflamment et excitent leur zèle en considérant que Jésus-Christ ayant eu pitié de nous, nous devons avoir aussi compassion des autres et les amener à la véritable lumière.
« Leur devoir étant d'enseigner les autres, il est indispensable qu'ils soient versés dans la doctrine de rÉvangile, afin de la transmettre pure et intacte aux catéchumènes. Dès le début, ils combattront les erreurs des infidèles, et pour cela il est à désirer qu'ils connaissent les caractères de leurs livres, afin d'étudier les fables, les contes, les superstitions. Il leur serait aussi utile de savoir les points principaux de la religion païenne qui concordent avec la nôtre. Ainsi armés, ils pourront facilement réfuter les infidèles par leurs propres raisons ou par des arguments tirés de leurs ouvrages et prouver la vérité du christianisme.
« Qu'ils aient une méthode claire et précise pour exposer simplement mais solidement les mystères, et rendre raison de la foi prêchée à quiconque veut demander des explications.
« Qu'ils gardent le célibat, de peur que les soucis des choses de ce monde ne les distraient du ministère sacré ; toutefois, les hommes mariés, dignes de cette charge, ne doivent pas être complètement écartés.
w On ne doit pas considérer comme aptes à cet office ceux qui, à cause de quelque difformité corporelle, exciteraient le rire, provoqueraient le mépris ou ne s'exprimeraient pas facilement.
« Lors même que quelques-uns seraient doués de toutes ces qualités, ils ne devraient pas cependant s'engager dans ce ministère, avant d'avoir reçu, avec une approbation spéciale, un district particulier, où ils travailleront sous la direction d'un missionnaire ou d'un ancien catéchiste.
DES HISSIONS-ÉTRANGÈMS 107
« Quant aux élèves des séminaires, il sera aisé de reconnaître s'ils possèdent les qualités convenables pour remplir Toffice de catéchiste; on pourra facilement, en effet, observer leurs talents, leur science, éprouver leur caractère et leur vertu.
« Comme ceux qui prennent la charge d'instruire sont redevables aux savants et aux ignorants, les catéchistes devront être instruits de la manière dont il leur faut se comporter envers les uns et envers les autres.
« Dès qu'ils seront jugés suffisamment formés par le Supérieur du séminaire, ils commenceront à instruire des catéchumènes plus simples, jusqu'à ce qu'ils aient assez d'expérience pour s'occuper des savants, résoudre les objections et être chargés de l'administration d'un district. »
Le dernier article du dixième chapitre couronne la série des hauts enseignements qu'offrent les Monita; il traite du sacerdoce et des prêtres indigènes, qui seront choisis parmi les catéchistes.
« Lorsque des catéchistes, doués de toutes les vertus que nous venons d'énumérer, auront pendant de longues années travaillé sous la direction des missionnaires, on leur enseignera les premiers éléments du latin et on les élèvera successivement aux ordres; quand ils seront diacres, on leur enseignera tout ce qui concerne le Saint-Sacrifice de la Messe, la matière, la forme et Tadministration des Sacrements ; on exigera qu'ils soient habiles à décider un cas de conscience, à élucider les empêchements de mariage, et surtout on n'oubliera pas que la piété est la base essentielle de toute vie sacerdotale.
« Chaque jour, ils feront une méditation d'une heure au moins, pour puiser dans l'oraison ce qu'on n'apprend pas dans les livres, afin que. Dieu aidant, ils puissent accomplir sans péril les redoutables fonctions de leur ministère.
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O ♦»/; qtj^'stion subsidiaire fiit rvsolue à runaniniité, et //fi #J/'/ ida #|f; la jilar-er dans le royaume de Siam. Les fiû*/,u^ (\i* vf'Wf fJ«V:ision étaient péremptoires.
Pour /'friî bi^'u établi, facile à diriger, à recruter, iu ét;i( d#' produire tous les résultats attendus, le sémi-
naire exigeait la stabilité et la liberté, c'est-à-dire la paix religieuse.
Or, Siamétaiten ce moment le seul royaume d'Extrême- Orient qui accordât au catholicisme une entière tolérance, permit l'entrée et le séjour des étrangers de toute nationalité, entretint avec la Cochinchine, le Tonkin et la Chine de fréquentes relations commerciales indispensables pour l'envoi et le retour des séminaristes.
11 fut également décidé que, dans cet établissement, on achèverait la formation des missionnaires européens « qui devaient y recevoir le dernier trait et comme le sceau aux dispositions qui leur sont nécessaires. »
L'assemblée concevait le séminaire « comme une école de vie parfaite qui représente la communauté des Apôtres sous la discipline de Jésus-Christ, lorsqu'il les préparait à l'apostolat. »
Sans entrer dans le détail du règlement appUcable à cette maison, elle indiqua à grands traits le genre de vie et les principaux exercices qu'on y observerait. Cet établissement, admettant des élèves de toutes les Missions confiées à la Société, fut communément appelé séminaire ou collège général ; transféré en diiférents pays par suite de guerres ou de révolutions politiques, il sera toujours entretenu avec soin et restera une des œuvres principales des Missions-Etrangères.
Une mesure nécessaire à l'administration temporelle termina cette première période des séances de l'assemblée : la nomination d'un procureur général obligé de résider au séminaire de Siam et chargé de la gestion des ressources que le Séminaire de Paris recueillerait et enverrait aux Missions. Cette institution d'un procureur général se perfectionnera avec le temps et deviendra, comme nous le verrons, un des éléments les plus importants de l'administration de la Société.
Par les Monita, par la création du séminaire, l'assem-
blée n'avait eu en vue que rorganisatîoa des Missions et la vie des missionnaires en tant qu'ou>Tiers êi^agéliques, Mgr de la Motte Lambert souleva une autre question sur la constitution de la Société, ou, comme on le ^foait alors, du petit corps des Missions-Étrangères.
Les Vicaires apostoliques, une fois nommés et sacrés évoques, s'étaient contentés d'appeler à eux des prêtres séculiers, d'emmener les uns en mission pour prêcher et convertir, et de laisser les autres en France pour gérer leurs intérêts et former des missionnaires.
Nous qui voyons les choses deux siècles plus tard, qui constatons leur similitude avec celles d'autrefois, nous avons pu écrire qu'après la création du Séminaire de Paris, la Société des Missions-Etrangères était définitivement établie, mais les Vicaires apostoliques qui n'étaient pas des fondateurs au sens strict et absolu du mot, et n'en avaient pas par conséquent les grâces de vision ou d'intuition, qui ne pouvaient, comme nous, vérifier les résultats et être assurés de la stabilité de leur œuvre, s'inquiétaient de l'avenir.
Ni eux, ni leurs collaborateurs n'étaient engagés par vœu ou par promesse; ils n'étaient soumis à aucun supérieur général ; leur volonté appuyée sur la grâce de Dieu était le seul lien qui les unit ensemble et les attachât à leur vocation. Ce lien était-il suffisant? Ne pouvait-on, avec raison, redouter la fragilité des intentions, l'inconstance des sentiments, le dégoût et la lassitude d'une \ie de luttes et de périls? Fonder une institution durable sur de telles bases, n'était-ce pas simplement une utopie? Il faut avouer que, si l'expérience n'était venue démontrer
la possibilité et même la prospérité d'une institution semblable, bien des hommes sages y croiraient fort peu. Mgr de la Motte Lambert fut de ceux-là. En face des forces immenses du paganisme, des obstacles dressés par les Portugais, de la dispersion forcée des missionnaires, il crut nécessaire de resserrer l'union dans la nouvelle armée qui se formait, tout en agrandissant ses cadres. Oubliant un peu que la Société des Missions- Étrangères avait pour but de fonder des églises sur le modèle des églises établies, qu'elle devait par conséquent se rapprocher, dans son organisation et dans son action, du clergé séculier chargé de ces églises, il conçut le plan d'une vaste congrégation, soumise à un règlement sévère, à des pratiques nombreuses de piété et de pénitence, composée de prêtres, de religieuses et de laïques ^.
Un supérieur général, revêtu d'une autorité absolue, était placé à la tête de cette congrégation, dont tous les membres contractaient l'obligation de s'appliquer, dans leur sphère particulière, à la conversion des païens, à l'enseignement des enfants et au soin des malades.
Tous devaient faire des vœux dont la formule reflète la piété profondément humble, la mysticité savante et un peu subtile de son auteur.
« Nous très vils pécheurs, les derniers de tous, envoyés cependant aux nations par un choix admirable de Dieu pour leur prêcher l'Évangile du Christ, nous n'ignorons pas que ce même Dieu nous appelle à une perfection en rapport avec un état si sublime. C'est pourquoi, pleins de confiance dans le secours de Notre-Seigneur et appuyés sur Lui, nous promettons et nous vouons à ce Dieu très bon et très grand, la pauvreté religieuse, la chasteté et l'obéissance, et surtout ce qui est signifié par ces trois