Arch. des M.-É., vol
vage au delà d'une certaine limite d'âge, et ordonner à tous les propriétaires de marier leurs esclaves afin de former des villages, qui resteront inviolablement attachés à la religion et au bien de la Compagnie, obliger tous les Français habitant les lieux où la Compagnie aura des factoreries à se soumettre à celle-ci, pour le civil et pour le criminel.
Les deux articles 6 et 7 sont particulièrement remarquables. On y retrouve les mêmes idées émises si souvent dans les lettres et les mémoires de Blot, de Baron, de La BouUaye le Gouz, qui conseillaient de « n'épargner ni poudre ni boulets pour abattre l'orgueil des Hollandais. »
(c Les Hollandais, les Anglais et les Danois, disait Pallu, ont jugé si nécessaire d'avoir sur la côte de Coromandel quelque fort dont ils fussent les maîtres, qu'ils y en ont fait construire chacun un, pour la sûreté de leur négoce ; les premiers celui de Palicate, les autres celui de Madraspatan, et les derniers celui du Tranquebar. Ceux-ci, voyant les affaires de leur Compagnie ^n déroute, l'ont abandonné, il y a plus de vingt-cinq ans, et depuis, ils n'y ont envoyé aucun vaisseau. Il n'y a plus dedans que deux familles de Danois ; Tune desquelles commande dans la forteresse, y entretient une garnison à ses dépens, fait contribuer ceux qui passent le fort à envoyer tous les ans un ou deux vaisseaux au Macassar.
« Il semble qu'il ne serait pas difficile de traiter de cette forteresse ou de s'en rendre maître. Elle est sur le 10** ou le 11** degré, dans un lieu fort avantageux pour le commerce des toiles, elle a quatre bastions et a été <»ntourée de fossés, elle commande à un grand village qui la touche, qui est enfermé de murailles, où il y a une église de Portugais qui s'y sont réfugiés de Ceylan, de Négapatam et d'autres lieux. Il faut seulement
prendre garde qu'elle ne soît hypothéquée à quelques créanciers danois ^ .
« La Compagnie de Hollande est engagée à de si grands frais dans les Indes, qu'elle ne peut pas subsister sans les grands gains qu'elle a faits jusqu'à présent, et comme ils sont beaucoup diminués par rétablissement de la Compagnie royale, elle ne peut éviter de se voir déchoir et affaiblir, à proportion que celle-ci croîtra et se fortifiera. Les plus entendus croient qu'il y va de sa perte et de sa ruine totale. Il n'est pas difficile de se persuader que les Hollandais n'y consentiront pas aisément, et que sentant déjà le mal dont ils sont menacés, ils ne fassent tous leurs efforts pour en ôter la cause. Pour moi, je ne fais aucun doute qu'on ait bientôt à démêler avec eux, surtout si on veut aller goûter la cannelle de Ceylan, ou le clou de girofle d'Ambouin, ou la noix muscade de la petite lie de Banda.
« C'est à quoi il faut se préparer, tenant toujours quelques bons vaisseaux de guerre dans les Indes, et même y en faisant construire. 11 ne sera pas besoin de s'écarter pour cela de Tlle Dauphine *, pourvu qu'il y ait de bons ouvriers. Si les Hollandais sont longtemps occupés en Europe, comme ils l'ont été ces dernières années, ils ne feront pas grand bruit dans les Indes ; c'est là où il les faut tenir en bride pour les empêcher de regimber. *
Un autre article demande la nomination dans toutes les factoreries de chapelains, qui « doivent être tels que la Compagnie puisse prendre créance sur eux, personnes de tête et de conseil pour certaines affaires dans lesquelles les simples négociants se trouvent embarrassés. »
La nomination de ces chapelains doit être approuvée
1. Les Danois aTaient acheté Tranquebar au rajah de Tanjore en 1616» ils Tbnt revendu aux Anglais en 1845.