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Cœur pleinement apostolique de Vincent de Meur

Fallu et les directeurs du Séminaire, s'agitait la grave question de rétablissement de la Congrégation apostolique avec les vœux formulés par Mgr de la Motte Lambert, et que pour l'étude et la solution de cette affaire, les lumières du vénéré défunt eussent été bien précieuses.

Malgré le respect qu'ils portaient aux Vicaires apostoliques, et la confiance qu'ils avaient en leurs lumières, les directeurs ne partageaient pas leur opinion.

a Le vœu d'obéissance, disaient-ils, n'est pas convenable à la dignité épiscopale, puisque Tévêque, qui Ta professé dans Tétat religieux, en est dispensé aussitôt qu'il est élevé à Tépiscopat. »

Le vœu de pauvreté ne leur paraissait pas moins inconciliable « avec l'état d'évôque, puisque, en cette qualité, étant père des pauvres, il doit toujours pourvoir à leure besoins. Or, comment le ferait celui qui ne peut disposer de quoi que ce soit? »

Et de plus, une Société qui avait pour but la fondation et l'organisation des églises sur le modèle de celles qui existaient, ne devait-elle pas autant que possible se rapprocher de la constitution du clergé qui gouvernait et dirigeait ces églises?

Etudiant ensuite les obligations annexées aux vœux, et que nous avons énumérées, ils les trouvaient plus incompatibles encore avec les fonctions laborieuses des Missions, opposées à la pratique des Apôtres qui avaient vécu de la vie commune, capables d'effrayer môme les prêtres les plus robustes et les plus fer\cnts.

Ils partageaient l'avis de M. de Bourges qui, après avoir appris le dessein de Mgr de la Motte Lambert, l'avait caractérisé par ces mots très justes : « Si on avait rencontré un grand nombre de saints Paul et de saints François Xa\ier, on aurait pu composer une congrégation vraiment apostolique et lui donner cesidécs pour règles. »

Il leur semblait que la Société des Missions-Étrangères, telle qu'elle se dessinait dans ses grandes lignes, avait une constitution très conforme à sa fin et n'en devait pas changer.

Aucune objection n'ébranla Mgr Fallu, qui repartit pour Rome au mois de septembre 1668.

Par leur rôle de procureurs des Vicaires apostoliques, les Directeurs du Séminaire ne paraissaient pas destinés à prendre part au débat ; mais par leur titre de membres de la Société, et plus encore, par leur situation particulière qui les appelait à former les missionnaires, à traiter beaucoup d'affaires importantes, à transmettre la plus grande partie des ressources, ils avaient de graves motifs de ne pas laisser les négociations s'achever sans eux. Ils écrivirent à M. de Lesley, leur chargé d'affaires à Rome ^, de s'opposer à ce que la congrégation apostolique et les vœux fussent approuvés par la Propagande et par le Souverain Pontife. Mais craignant que celui-ci, étranger à la Société, n'en connût pas suffisamment l'esprit pour la défendre avec succès, ils envoyèrent à Rome M. Gazil, nommé supérieur du Séminaire après la mort de M. de Meur.

Gazil était le compatriote et Tamî particulier do Mgr Pallu; sous un air de bonhomie parfaite, il cachait un sens fin et aiguisé, une étonnante souplesse d'esprit, il jugeait les hommes très bien et très vite, les caractérisait de même et les nianiait avec une rare dextérité.

Cependant cette différence de vues et d'appréciations n'avait en rien altéré la bonne harmonie entre les Vicaires apostoliques et les directeurs du Séminaire. Séparésdans la recherche des moyens de parvenir au bien, ils se retrouvaient dans le désir de l'atteindre. Gazil alla

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