‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 62 sur 218 · I.De · texte numérisé non relu

I.De

DES MISSIONS-ÉTRÂNGÈRES 175

demeurer avec Mgr Pallu. Rîen ne fut changé dans leurs relations ; ils priaient et se promenaient ensemble ; ils se communiquaient toutes leurs démarches, se racontaient les refus ou les adhésions des cardinaux qu'ils visitaient, et ce fut un spectacle nouveau, mais non sans édification, que l'union de ces deux solliciteurs dont l'un voulait l'approbation et l'autre le rejet d'un môme projet.

Ce projet avait été soumis à plusieurs théologiens éminents, entre autres au R. P. Bona, abbé du monastère de Saint-Bemard-aux-Thermes, consultcur du Saint- Office, et depuis Cardinal, qui avait donné par écrit cet avis motivé ^ :

« Je reconnais, d'accord avec le très docte abbé Ricci, que vos vœux ne contiennent rien de blâmable, ni rien cpiî puisse être frappé de censure théologique. En effet, le dépouillement complet de l'âme, le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu, môme aux douceurs que procurent les dons célestes, la parfaite soumission à la diixîction et à l'inspiration du Saint-Esprit, ne sont, si on comprend bien la chose, qu'une disposition et une préparation de l'âme à la plus grande perfection de la vie chrétienne. Tout cela, en effet, éloigne les empêchements selon la doctrine de saint Thomas, 2-2. — Qitœst, 184 y art. S; où il enseigne que la perfection ici-bas consiste non seulement à éloigner tout ce qui est contraire à la charité, mais encore tout ce qui pourrait empocher l'âme de se diriger totalement vers Dieu. Or ^ rien n'empêche que toutes nos affections ne se tournent vers Dieu, comme d'avoir une chose entre Dieu et nous, que ce soit l'amour de quelque créature, ou même une adhésion quelconque, si petite qu'elle soit, aux vertus et aux dons surnaturels. La raison en est que cette affection est comme une chaîne qui retient l'âme et

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