‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 86 sur 218 · Arch. des M.-Ê., t. 248, p · texte numérisé non relu

Arch. des M.-Ê., t. 248, p

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aussi souvent que cela arrivera, aux peines imposées aussi bien par les Constitutions susdites que par le décret de la Sacrée Congrégation approuvé par le Pape Innocent XI. par qui est prescrite ta présente formule de serment. Ainsi les mains sur les saints Évangiles, je le promets, voue et jure, »

Ce décret souleva les réclamations des religieux qui jugèrent contraire à leurs règles de prêter serment d'obéissance entre les mains d'un cvêque étranger à leur Ordre, il ser\'it de base d'accusation à ceux qui prétendaient que les Vicaires apostoliques voulaient traiter les religieux d'une façon trop autoritaire, sans égard pour leurs mérites, leurs travaux, et les congrégations illustres auxquelles ils appartenaient. Aussi fut-il adouci dès 1680, à la demande même de Mgr Fallu qui supplia le Souverain Pontife d'en enlever les dispositions les plus rigoureuses.

L'administrateur général des missions en Chine avait l'esprit trop large et le cœur trop haut pour imposer sa volonté par des moyens extrêmes ; il professait d'ailleurs pour les religieux beaucoup d'estime, comme le prouve cette lettre écrite à M. Deydier avec un accent où la charité s'allie si bien & la franchise :

« Je suis persuadé que le Général des Jésuites ne sera pas longtemps sans être convaincu que non seulement les évêques français qui sont dans les Indes, mais aussi tous nos missionnaires sont très affectionnés à sa Compagnie. Je puis assurer devant Dieu que j'ai toujours eu cette application dans le choix que j'ai fait de n'en admettre aucun qui fût entaché de cet esprit d'antirégidier, qui infecte plusieurs de nos ecclésiastiques en France, et que je n'en sache précisément aucun qui n'ait toujours eu des affections tendres pour elle, et qu'assurément les Jésuites de ces quariiers éprouveront toujours, pour peu qu'ils veuillent faire des avances de

leur côté, ou plutôt souffrir celles que nous serons toujours disposés de faire de notre part * . »

Louis XIV lui-môme s'opposa à la prestation du serment sous préteict« qu'il attaquait son autorité eu donnant aux évoques un pouvoir absolu sur quelques-uns de ses sujets. Il refusa pendant trois mois de recevoir Mgr Fallu à son retour à Paris, et lui permit seulement de traiter les affaires des Missions avec les ministres.

Peu à peu, cependant, il se calma et permit aux mis* sioimaires de prêter le serment, à condition toutefois dt» déclarer qu'ils le prêtaient avec la permission du roi.

La formule de cette déclaration fut composée par Mffr Fallu 2 :

a Nous soussignés missionnaires apostoliques, déclarons à tous ceux à qui il appartiendra, que M. Tévêque d'Héliopolis, avant notre départ pour les missions de la Chine, nous a communiqué le décret des Cardinaux: de la Congrégation de la Propagation de la Foi, en date du 29 janvier 1680, approuvé du Pape, par lequel ils ordonnent : que tous les missionnaires delà Chine prêteront le serment contenu au dit décret avant que de pouvoir faire aucun exercice de leur ministère ; et comme il nous a en même temps informés des intentions de Sa Majesté sur ce sujet, désirant faire paraître en toute rencontre le respect et l'obéissance que nous devons et voulons toujours rendre au Roi, nous reconnaissons par ce présent acte, que Sa .Majesté, nous donnant la permission et le congé d'aller aux Missions, a aussi trouvé bon et consenti que nous prêtions ledit serment, ainsi que nous sommes résolus et disposés de le faire entre les mains de Tévêque d'Héliopolis. »

L'imposition du serment ne dura que quelques années

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