Rousseau, xxni
Mémoires de la Société archéologique de Touraine, dans lesquels se trouve te Dictionnaire géographique historique et biographique d'indre-et-Loirs par M. Carré de Busserolle, Tome v, au nom de Pallu.
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manteau sur les épaules du pauvre, vous serez beaucoup mieux ainsi. »
L'exemple de saint Martin avait porté fruit, et le chanoine donnait le manteau tout entier. Dans le pays de Touraine, on l'avait surnommé l'avocat des mendiants *.
Après tes échecs successifs qu'avait éprouvés son dessein et l'éloignement de M. de Laval, Fallu revint, à Tours, gardant son désir, mais ne sachant plus comment il par\'iendrait à. le réaliser, déjà inquiet, afflige et sur la pente du découragement. Les ténèbres succédaient à la lumière; certains nuages voilent parfois le soleil, un souffle passe, les nuages disparaissent et le soleil brille plus radieux, ainsi devait-il en être. Mais en attendant, l'état de malaise , qui accablait Fallu , était encore aggravé par l'opinion de sa famille et de plusieurs de ses amis. On lui répétait que son projet était un rêve de jeunesse, une illusion ambitieuse, et, ce qui n'est pas rare, les [Hïrsonnes pieuses étaient les plus ardentes à le blâmer. « Monsieur, lui dit un jour un homme dont Tours vénérait la vertu ' . vos entreprises sont des tromperies ; elles ne s'accompliront jamais, elles sont une invention du diable pour vous distraire de faire le bien dans votre ville et dans tout le pays. »
11 faut bien que les jugements humains aient leur cours, et pour erronés qu'ils soient, ils ne doivent pas surprendre; les hommes peuvent-ils juger comme Dieu'?
Ces bldmes répétés finirent par décourager le jeune prêtre : « Je ne songeais plus à la nomination des Vicaires I ] n >stoli<jues, écrit-il, je ne m'occupais plus que de I iruplir exactement mes devoirs de chanoine.
" Dieu le voulait ainsi pour faire éclater sa gloire et I m pocher que nul homme ne s'attrîbuAt la réussite de
I , lie maniiscrilf rffi Franvoit Pallii. Arrh, des M.-È., vol. 106,
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l'entreprise; il nous enlevait tout espoir, il rendait inutiles les démarches de nombreux et très pieux personnages, il ne permettait pas même que Futilité incontestable de cette œuvre suffit à en procurer le succès^ . »
Pallu passa deux années dans ces dispositions. En 1657, il apprit que ses meilleurs amis, MM. de Meur, Miliand et quelques autres prêtres se rendaient à Rome ; il voulut les accompagner, dans le seul but, assure-t-il, de visiter la Ville Etemelle et de prier sur le tombeau des Saints Apôtres*.
En traversant Paris, il se garda bien d'aller rendre visite à Madame d'Aiguillon, n'osant lui dire ses sentiments actuels qui contrastaient si fort avec ceux du passé ; mais à peine arrivé à Rome , il reçut une lettre de la duchesse qui le pressait de reprendre l'exécution de ses desseins et l'engageait à se présenter chez le cardinal Bagni, l'ancien nonce à Paris, auquel elle l'avait recommandé.
Pallu a écrit avec un accent d'humilité profonde l'impression que lui causa cette lettre : « Je fus touché jusqu'aufondducœur,je fus saisi de honte et de confusion, voyant qu'une femme avait plus de zèle que n'en avait un prêtre pour le bien de l'Eglise et pour la conversion des Infidèles. » « Cette lettre, dit-il ailleurs, m'émut d'une manière incroyable, elle ranima vraiment mes anciens désirs des Missions; je crus que l'occasion favorable
\. Arch. des M.-É. Exposilio eor'umquœ Romœ gesta sunt^ par Mgr Pnllu.Tol. i08, p. 10 et 11.