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reurs généraux, qui devaient être les agents des quatre missions de la Chine, du Tonkin, de la Gochinchine, de Siam, et composer le conseil du Vicaire apostolique de Siam, administrateur des missions de Flndo- Chine et du Japon.
Ce conseil avait les mêmes pouvoirs que Tancien et unique procureur général, il administrait les biens des Missions et en faisait la répartition, il assignait aux nouveaux missionnaires leur vicariat apostolique, il était comme le centre de l'administration et servait à établir Funité dans le gouvernement de la Société. 11 ne fonctionna sous cette forme que très peu de temps et incomplètement, il fut transféré avec les mêmes attributions au Séminaire de Paris, auquel Mgr Laneau fit également une donation générale du séminaire de Siam pour les raisons et dans les conditions suivantes, par un acte du 14 janvier 1684 ^ :
« Considérant Timportance qu'ont toutes les missions d'être & jamais unies aux directeurs du Séminaire des Missions-Étrangères établis à Paris, et leur capacité pour un tel emploi qu'ils exercent si dignement en France, espérant de leur zèle qu'ils voudront bien concourir à une si grande œuvre, et étendre jusqu'à Siam le soin qu'ils prennent à Paris, pour la direction de nos ecclésiastiques et la procure de notre temporel : à cet effet, par ces Présentes, pour affermir ladite union, et en vertu du pouvoir à nous donné par le Saint-Siège, nous leur donnons la direction du séminaire général de Siam, et les prions de vouloir bien l'accepter, avec la procure générale du temporel de nos Missions par deçà, pour la gloire de Dieu et le service des Missions, et d'envoyer ici des personnes de leur Corps, pour prendre le susdit emploi, ou en cas qu'ils ne puissent en envoyer un
J. Arch.M.-Ê., Tol. 165, p. 28.
nombre suffisant et convenable, leur permettons de s'en associer à cette fin qui aient les qualités requises, parmi les ecclésiastiques qui viennent ici d'Europe, avant qu'ils soient distribués dans les Missions, ou parmi ceux qui s'en retournent par infirmités ou autres causes; et pour exciter davantage les susdits directeurs de Paris à prendre cet emploi, nous leur donnons et à leurs successeurs, par ces Présentes, à perpétuité, sans que nos successeurs puissent y rien prétendre, la maison du séminaire de Saint-Joseph, bâtie dans le champ appelé Baan-Plaaet, par la libéralité du roi de Siam,avec ledit champ et ses dépendances. »
Le séminaire général passa ainsi en droit sous la direction du Séminaire de Paris ; en fait, il resta soumis aux Vicaires apostoliques de Siam jusqu'au commencement du XIX* siècle.
Mais, dès lors, Tadministration des biens de la Société et la répartition des missionnaires se firent par le Séminaire de Paris qui réunit dans sa main les pouvoirs que Mgr de la Motte Lambert et Mgr Pallu avaient donnés à leurs premiers procureurs et à ceux que plus tard ils avaient avec Mgr Laneau remis aux procureurs fixés à Siam.
Il est facile de voir, par ces décisions qui se succèdent et se complètent, que l'organisation et par conséquent le règlement de la Société se faisait, comme nous l'avons dit au début de cette histoire, peu à peu, insensiblement, d'après l'expérience de chaque jour. On formait un projet, et on l'exécutait; si l'essai réussissait, le projet était adopté dans son ensemble ; s'il échouait, ou s'il exigeait des modifications, un nouvel essai était tenté, et ainsi de suite jusqu'à entière réussite.
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Immédiateinent après rétablissement du conseil composé de quatre procureurs, et avant la donation du séminaire général, Mgr Fallu avait fait voile pour la Chine, il était parti le 10 juin 1683, accompagné de M. Maigrot.
Son petit vaisseau fut pris en mer par la flotte du fameux Ko-chinga, le dernier défenseiif de la dynastie des Ming, qui, vaincu dans plusieurs batailles par les généraux de Kang-hi, s'était réfugié ^ à Formose d'où il ravageait le littoral chinois.
L'évêque fut conduit devant le chef de bandes, et, selon Vachet, lui parla en ces termes : « Ceux qui sont ici sont nés en France, le plus florissant royaume de l'Europe, et moi qui ai l'honneur de vous parler, je suis un évèque envoyé en Chine par le Souverain Pontife, pour y être le pasteur des chrétiens et le supérieur de tous les missionnaires. » L'interprète ayant traduit ces paroles, Ko-chinga considéra longtemps en silence les étrangers, puis après les avoir questionnés sur leurs projets, il fit apporter les objets qu'on leur avait enlevés et les leur rendit. Mgr. Fallu lui offrit une longue-vue et une montre sonnante que le Chinois avait examinées avec beaucoup d'attention.
Il n'obtint cependant pas la liberté de partir immédiatement et resta à Formose près de cinq mois, « pendant lesquels, raconte Maigrot, il n'eut point d'autres affaires que d'assister quelques chrétiens qu'il trouva dans cette lie, et de souffrir avec patience les persécutions que le démon lui suscitait; il employa presque tout son temps à l'oraison ou à la lecture des saintes Ecritures, et il me dit souvent qu'il croyait que Dieu, dans cette espèce de solitude, lui avait voulu donner le temps de se préparer à la mort, y ayant vingt-cinq ou trente ans qu'il était
perpétuellement occupé dans des affaires difficiles .qui Tempêchaient de donner tout le temps qu'il eût souhaile à penser à Tétemité. Il fit une retraite, une confession générale et une revue sur les principales actions de sa vie pour être prêt à rendre ses comptes quand Dieu les lui demanderait. »
Ko-chinga lui ayant enfin permis de quitter Formose, il se rendit à File d'Amoy ^ , où le P. Magino, dominicain, vint rinviter à aller & Chang-cheu, ville du Fo-kien. L'administrateur général accepta, et le 27 janvier 1684, il toucha enfin le rivage de cette terre de Chine depuis si longtemps désirée.
L'empire du Milieu était alors gouverné par Kang-hi, dont le nom se présente à la postérité entouré d'une auréole de gloire littéraire, scientifique, administrative et militaire, presque égale à celle de Louis XIV, auquel beaucoup l'ont comparé, il se montrait généralement bienveillant envers les missionnaires, surtout envers les Jésuites dont la science, espérait-il, rehausserait Téclat de son règne; cependant la paix religieuse était loin d'être complète ; en certainesprovinces, elle était troublée par les mandarins ennemis des chrétiens et presque partout par les discussions sur les Rites. Mgr Fallu n^était pas sans avoir étudié cette grave question, dont la solution était une de ses graves préoccupations en entrant en Chine, mais il ne pouvait évidemment se prononcer, sans avoir entendu les raisons apportées de part et d'autre, il suspendit donc son jugement, se contentant d'adresser une lettre à tous les missionnaires séculiers et réguliers, pour leur notifier son arrivée, les pouvoirs d'administrateur général qu'il avait reçus par le bref Onerosâs pastoralis du 15 avril 1680, les prier de prêter le serment d'obéissance ordonné par Innocent XI, et pro-
1 . Que les missionnaires de l'époque nomment aussi Amoi, Emouy.
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mulguer les décrets qui concernaient Fadministration des sacrements. A peine avait-il accompli ce premier acte de juridiction, qu'il ressentit les atteintes de la maladie dont il devait mourir, et se retira à Mo-yang ^ avec M. Maigrot.
Sentant sa fin prochaine, il adressa au Souverain Pontife ces lignes qui prouvent combien il était pénétré de la pensée du Saint-Siège, des véritables besoins de Tapostolat et du but de la Société des Missions-Etrangères. « Les Chinois que j'ai vus et auxquels j'ai administré la confirmation, ont été remplis de joie d'apprendre que le Saint-Siège envoie des évoques en Chine pour les diriger dans les voies du Seigneur et pour élever à la dignité sacerdotale quelques-uns de leurs compatriotes. * »
Il écrivit à Louis XIY pour lui recommander les Missions, aux Directeurs de la Compagnie des Indes Orientales et à Golbert pour leur indiquer les points qu'il serait bon d'occuper par des comptoirs sur la côte de Chine : « On tient pour certain, disait-il dans sa lettre au ministre, que l'empereur accordera aux étrangers la liberté du négoce dans l'Ile d'Emouy, qui joint la terre ferme à l'aspect de Formose. On m'a assuré que le général, qui est venu prendre possession de la forteresse deTaijoun', s'est déclaré plusieurs fois ouvertement là-dessus, et même il a invité les Espagnols qui sont à Manille, comme aussi les Hollandais et les Anglais, d'y venir contracter.
«Vous savez. Monsieur , les grands avantagesdu négoce de la Chine, pour lequel les Hollandais ont fait de si grandes avances par leurs ambassades et par le secours de quinze vaisseaux qu'ils donnèrent pour cet effet, il y a