‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 131 sur 248 · D'Angers, parti en 1799, mort en · texte numérisé non relu

D'Angers, parti en 1799, mort en

prendre ceux que le Bon Dieu y

appelle, où qu'ils soient, et leur évêque n°

‘Pas sur eux un droit qui exelut celui du Pape. » Pareille lettre ne S écrirait plus aujourd'hui. el ce sera l'éternel honneur de l'é

piscopat français du dix-neuvième siècle d'avoir reconnu, en droit et en fait,

dans les grandes choses et dans les petites, la souveraine puissance du Chef de l'Église,

Sans doute, la Propagande avait déclaré qu'il était hors de doute « que! la permission des évêques n'était nullement nécessaire, et pour lever tout scrupule à ce sujet, elle avait fait expédier des lettres de missionnaires pour ceux qui étaient prêts à partir. » Mais, outre que la Société n'avait Pas coutume d'accepter des sujets sans l'autorisation des évêques, cette facon de procéder soulevait la question des Passeports. Aucun prêtre français ne pouvait quitter l'Angleterre sans avoir “passeport; or, pour l'obtenir, il fallait l de Mgr de La Marche « collègues, la refusait

autorisation jui, ne voulant Pas contrarier ses aux missionnaires.

Et ces missionnaires dont on avait tant de, peine à procurer la traversée, ou à ar acher l'autorisation de départ, combien étaient-ils? Très peu nombreux, hélas! De 1793 à 1798, il en partit sept. Sur ce nombre, quatre pris par les vaisseaux français, comme nous l'avons dit, ne poursuivirent pas leur dessein. Cette pénurie de vocations était un sujet d'étonnement pour les hommes apostoliques déjà en mission. Is se demandaient sans pouvoir trouver d'explication, pourquoi les prêtres francais si nombreux, qui menaient une vie souvent inoccupée sur tous les chemins de l'Europe, ne prenaient pas la route d'Extrème-Orient, On les disait fidèles, Pieux, édifiants. Mais pour

quoi leur piété n'allait-elle pas s'exercer sur un ch

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Pourquoi, les regards sans cesse attachés sur la F 'ance, attendaient-ils dans l'inaction la fin de la tourmente?

… © Ah! cher confrère, écrivait M. Guérard' à M. Blandin, si quelqu'un de ces pauvres exilés de France avait le courage de vénir à notre secours : que sa joie serait grande de voir ce que j'ai vu chez ce pauvre peuple! Que sa couronne serait brillante dans le ciel, S'il avait le bonheur de leur ouvrir la voie du salut, »

Un missionnaire de Pondichéry, Abel Barreau?, dont un frère et un oncle avaient été massacrés aux Carmes, adressait aux prêtres réfugiés en Angleterre un chaleureux appel à :

« Messieurs ct respectables confrères en Jésus-Christ notre Père commur, le souverain Prêtre et le Sauveur des âmes.

«Cest le dernier des missionnaires et un prêtre échappé comme vous de la persécution de France qui veut vous faire entendre sa faiblesse, peur vous engager à venir partager nos travaux et nous seconder dans la glorieuse et consolante entreprise de gagner des âmes à Jésus-Christ, dans ces pays éloignés, où la moisson autrefois si abondante est devenue petite faute d'ouvriers, et depuis la perte que nous avons faite de tant de dignes et respectables confrères qui nous servent d'intercesseurs au Ciel, mais que nous aurions bien désiré posséder plus longtemps pour coopérateurs ici-bas. La même couronne nous attend, mais nous prions le Seigneur de nous la différer encore quelque temps, à ‘ause des âmes confiées à nos soins qui se trouveraient aussitôt abandonnées et destituées de tout SCCOUrS, puis-

que depuis de longues années, nous ne voyons presque personne qui se présente pour nous aider et pour nous

1. Nouv. Lett. édif., vol. 1, p. 365, Daté du 17 juillet 1797. 2. Du diocèse du Mans, parti en 1791, mort le 25 décembre 1817. 3. Arch. M.-É., vol. 996, p. 225.

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remplacer. Saint François Xavier, du pays où nous sommes, écrivait aux jeunes gens de l'université de Paris pour les engager à venir au secours des Indiens, les «ssurant des plus grandes consolations spirituelles, et les invitant, en conséquence d'un si heureux dédommagement, à préférer le salut de tant d'âmes à leur repos et à leur tranquillité particulière, »

À ceux qui répondaient que des motifs pressants les engageaient à rester en France, M. Barreau disait :

“.. Bien loin de m'opposer à un si beau zèle, je prie Dieu de le seconder, Je baise en esprit tous vos pas, je vous loue, je vous admire et vous conjure de ne rien épargner pour retirer nos concitoyens de l’abime dans lequel ils sont plongés, pour leur faire connaître les douceurs de la paix, pour leur annoncer le royaume de Dieu dont ils sont si éloignés.

€ Mais'n'oubliez pas les contrées où le besoin est encore plus pressant et où votre zèle trouvera encore

plus de matière à l'exercer, où Dieu Opérerait par votre ministère des prodiges de grâce et de conversion. »

Et il terminait par cette touchante péroraison :

« Courage, courage, généreux confrères, une gloricuse récompense nous attend, venez la partager avec nous; formés dans les mêmes écoles de piété que nous, avec Vous nous apprendrons à mieux connaitre ce que nous devons être, et tous ensemble, animés du plus beau zèle, ne faisant qu'un cœur et qu'une âme, nous n'aurons d'ambition, de mouvement et de vie qu'à procurer par tous les moyens possibles non seulement la gloire, mais la plus grande gloire de notre adorable Sauveur, et celle de son auguste Mère, la glorieuse Marie. Ad majorem Dei gloriam Beatæque Virginis Marie. »

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