CHAPITRE VII
I. Arrestation de M. Souviron. — Les Chinois cherchent à s'emparer de M. Letondal. — Bonne contenance des Portugais. — Mort de M. Souviron. — II. Les Portugais attaquent Mgr Champenois ei se naires; conduite des Anglais. — Persée Courage du Commandant Michael e Tippou. — Travaux de M. Dubois dans le Maïissour. des apostats. — Mgr Champenois nommé visiteur de Thibet. — IL. La mission du Tonkin. — Du Tonkin Laos, — Les Tay-son persécuteurs, — Proje arrêter la persécution. — Martyre de Emmanuel Trieu et Jean Dât. — Proscri Arrestation et délivrance de Mgr Lamothe. — M. de la Bissachère est poursuivi, — IV, Mgr Pigneau de Behaine. — Son influence en Cochinchine. — Conduite de Nguyén-anh et des mandarins envers les missionnaires et envers les Français. — Mort de Mgr Pigneau.
Ses funérailles, — V. Ses vertus. — Son rôle politique et religieux.
$ missionution de Tippou-Sahib. — t de son bataillon. — Mort de
— Conversion la mission du au Yun-nan, — Au ts des missionnaires pour deux prêtres indigènes
ption des missionnaires, —
Les appels des missionnaires tombaient
au milieu d'une effervescence g
énérale, qui se portait d'un tout autre côté que vers l'apostolat,
Robespierre avait payé de sa tête l'effravante série de ses crimes monstrueux ; la Convention avait disparu; le Directoire inaugurait une politique plus humaine; les émigrés faisaient déjà des projets de retour,
Quelques personnes pieuses seules S'intéressaient tx Missions, soupiraient en pensant temps, et conjuraient le Seigneur d'étendre sa miséricorde sur les pays infidèles ; mais aucun dévouement personnel et actif ne s'élancait pour aller soutenir les
aux malheurs des
f ns,
ouvriers apostoliques, décimés par les labeurs et éprou- Îh vés par la persécution, car la persécution sévissait tou- Jours en Extrême-Orient.
En Chine, un missionnaire, parti en 1795, mourait dans les prisons de Canton. Aux Indes. Tippou-Sahih,. digne émule de ses amis, les sans-culottes de France. obligeait les chrétiens à l’apostasie. Au Tonkin, les Tay-son, encore au pouvoir, poursuivaient les Européens qu'ils détesiaient davantage, depuis que ceux-ci étaient les soutiens de leur ennemi Neuyên-anh.
En Cochinchine, Mgr de Behaine était parfois impuissant à couvrir de sa protection les fidèles haïs des mandarins. La mission de Siam a ançait péniblement, soutenue par deux prêtres âgés et infirmes. Il importe
| d'entrer dans le détail des faits.
Le prêtre de la Société des Missions-Étrangères, mort à Canton, est Paul Souviron.
Destiné d’abord au Tonkin, il fut ensuite dirigé sur le Su-tchuen, pour éviter de tomber entre les mains des troupes que le vice-roi de Canton envoyait contre les piates qui infestaient alors le Kouang:-si et les provinces orientales du Tonkin. Il partit de Macao le 2 mars 1797, accompagné de cinq chrétiens chargés de le conduire à Tchen-tou et habitués à cette contrebande apostolique.
Neuf jours après son départ, par la trahison des bateliers sur lesquels les courriers avaient cru pouvoir compter, 1l fut pris à Chao-tcheou, et presque aussitôt conduit à la capitale de la province.
Cette arrestation émut vivement le vice-roi, qui donnà des ordres pour se saisir des catholiques. À Chun-te, à Fou-chan, dans plusieurs autres paroisses, les fidèles furent mis en prison; ceux des paroisses de l’est se réfugièrent à Macao, dont l'évèque Marcellin de Sylva leur offrit l'hospitalité, Cet évêque portugais était un homme d'élite, au cœur large, à l'intelligence grande
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et hardie, un saint Prêtre qui montra toute sa vie des exemples de haute vertu. C'est en ces termes qu'en parle M. Letondal qui eut bien souvent l'occ l'apprécier à sa Juste valeur,
Toutes les lettres et les papiers saisis sur Souviron et adressés aux missionnaires du Su-te
asion de
huen étaient, pour la plupart, signés du Procureur des Missions-Étrangères, ce qui suffisait pour le désigner à la haine des Chinois. Le vice-roi voulut donc le frapper et eSsaya de s'emparer de lui Par la force ou par la ruse: il eNVOYa trois négociants, qui faisaient le commerce avec les Européens, prier M. Letondal de se rendre à Canlon, où, affirmait-il, l'affaire du captif serait ment arrangée à l'amiable, La polite chait une fourberie, dont les chrétiens avertirent le procureur. Celui-ci reçut cependant les députés, Mais il refusa de les suivre, et chercha à leur expliquer que l'arrestation du missionnaire n'avait aucune raison d'être.
‘apidesse chinoise ca-
CM. Souviron n'était pas envoyé d dit-il, mais au Tonkin, d de Fu-chuan, qu'il ne fa
ans l'empire, leur an$ UN pays qui porte le nom ut pas confondre avec la province de Su-chuan : par conséquent, pable d'avoir violé vos lois et vous n° en liberté, » — Je
il n'est pas couavez qu’à le laisser chais de leur persuader, ajoute-t- Il dans le récit qu'il à laissé de cette Conversation!, combien il est facile de confondre Fu-chuan avec Suchuan, soit pour le nom, soit pour l'écriture, — Venez
donc dire cela au vice-roi, dit le Pankékoua ou chef
des négociants, et vous reviendrez bientot
à Macao avec le missionnaire
arrêté, — Vous Pouvez vous-même faire part de ma réponse, riposta le Procureur, le
“ouverneur vous croira tout autant que moi, Car, s’il