HISTOIRE GÉNÉRALF DE LA SOCIÉTÉ
C'était la seconde fois que des prêtres de la Société essayaient de fonder une mission entièrement nouvelle et la seconde fois qu'ils versaient leur sang sans que personne connût bien exactement leurs souffrances et leur mort. La première entreprise de ce genre avait eu lieu au Pégou où Genoud et Joret avaient été tués; la seconde venait de se terminer de la même facon dans une ile africaine. Personne en Europe ne s'était occupé des premiers, les seconds n'obtinrent pas plus d’attention et ne recueillirent pas plus de gloire.
Mais les apôtres du Christ ne travaillent ni pour le monde, ni pour la renommée; le salut des âmes est l'unique but de leurs efforts, et s'ils meurent avant de lavoir atteint, la certitude qu” leur sacrifice sera récompensé immédiatement s’'unit à l'espoir que de leur sang germera une moisson abondante; c'est plus qu'il ne faut pour mourir heureux.
Cependant, la Société ne renouvela point la tentative de MM. Dupuy et Querville, elle manquait de ressources pour cette entreprise qui semblait devoir être longue, et la Propagande, éclairée par les mémoires des deux missionnaires, l'engageait à attendre un moment plus favorable.
Disons immédiatement, pour ne pas interrompre le récit des événements graves qui vont suivre, qu'en 1766, sur l'ordre du Pape Clément XII, le Séminaire s'occupa d'envoyer trois missionnaires en Guinée : MM. Belgarde, de Clais et Sibire, qui partirent sans être agrégés à la Société au même titre que ceux qui allaient en Extrème-Orient.
La Guinée, vaste région de l'Afrique occidentale, entre Sierra-Leone au nord, et le cap Lopez au sud, était habitée par des populations de race nègre et par quelques négociants portugais et espagnols. Les prédicateurs de l'Évangile avaient plusieurs fois abordé sur
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Sibire resta à Loango, la capitale de la Guinée méridionale, à 5 kilomètres de la mer, les deux autres s’établirent à Kibota, plus avant dans le pays.
Dès les premières semaines de leur séjour, tous les trois furent atteints de la fièvre et en butte aux vexations des nègres qui les trompèrent et les volérent,
Ils ne répondirent à ces traitements indignes que par une inaltérable patience, et un dévouement qui laissérent les nègres insensibles et n'amenèrent aucune con version,
En 1776, un autre missionnaire, Descouzvières, passa quelques mois en Guinée, il n'obtint pas plus de résultat.
L'heure de la conversion n'avait pas sonné pour ces pauvres peuples, leur mortel sommeil devait se ptrolon- £er longtemps encore.
Siam
hervé.
Cochi seur'; rateur CHAPITRE I Lebre er avant 1700-1173 ‘ Comm 1. La Société des Miss: “crangères s'attache exclusivement à l'Ex- aposto trème-Orient, — Invasion birmane à Siam. — Courageuse conduite de les lar Mgr Brigot et des chrétiens. — Les directeurs du Séminaire de Paris : désirent le rétablissement du séminaire de Siam. — If, Seconde de la { invasion des Birmans. — MM. Alary et Andrieux prisonniers. — III. et de " : : Fee 5 Vi ae Siège de Juthia. -- Baptèmes d'enfants de païens. — Négociations des Birmans avee Mgr Brigot. — Incendie de Juthia. — Ruine de la œuvre
mission, — Mgr Brigot, emmené en Birmanie, sacre Mgr Percotto. — IV. Le collège général à Hon-dat soutenu par Mgr Piguel, dirigé par : | Pigneau de Behaine, Artaud, Morvan, — Vertus de Mgr Piguel, Vicaire Dieu, | apostolique de Cochinchine et de ses missionnaires Levavasseur, jour | Boiret, Halbout, — V. État du collège général, — Ses professeurs pe
, , emprisonnés. Leur courage. — Le collège général transporté à Pondi- l'œuvr chéry. Bref du Pape, Pie VE à la Société des Missions-Etrangères. — V1. Le clergé indigène au Tonkin. — Eloge par Mgr Hilaire de Jésus. — Etat général de la mission du Tonkin. Tentatives pour évangéliser leurs : le Laos. Détails sur ce pays. — VIL. La Société s'établit définitivement et ils en Chine. — Mgr Pottier, son emprisonnement et ses souffrances, sa : délivrance, — VII, MM. Falconet, Alary, Gleyo, sacre de Mgr Pottier. le pat Arrestation de M. Gleyo, sa captivité, sa délivrance, ses visions,
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; appréciation de M. Moÿe. MISS10
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La Société des Missions-Etrangères n'a plus à s'occu- texte 1
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tances soient favorables pour reprendre la route de R Les ha
Socotora, elle concentre donc toute son attention et 4 la fuite
toute son activité sur l'Extrème-Orient, C'est là, d'ail- Andric
leurs, son vrai champ de bataille, c'est là qu'elle a en- : cès et
voyé ses forces vives et déployé toutes ses énergies. La vanqu
génération des Vicaires apostoliques, de Lolière, Le- fs de Sia fèvre, Néez, de Martiliat, est passée ou s'éteint dans la Bi
vieillesse et la maladie; Brigot a remplacé de Lelière à t. Du
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DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES Al
Siam avec de nouveaux missionnaires : Andrieux, Kerhervé, Corre, Artaud; Piguel va succéder à Lefèvre en Cochinchine, il sera aidé par Halbout, Boiret, Levavasseur; Reydellet, à la tête du Tonkin, a pour collaboateurs : Savary, Bricard, Thiébaut, Sérard, Viard, Lebreton; enfin en Chine Pottier va confesser la foi avant de fonder définitivement la mission du Su-tchuen. Comme leurs prédécesseurs et plus encore les ouvriers apostoliques travailleront dans les tribulations et dans les larmes, ils seront les victimes de la guerre civile et de la guerre étrangère, de la haine des gouvernements et de l'hostilité des particuliers, ils verront leurs œuvres ruinées, leurs chrétiens dispersés, eux-mêmes seront frappés, emprisonnés, exilés. Par la grâce de Dieu, ils survivront à l'orage, se courbant et s'éloignant pour le laisser passer, puis ils viendront reprendre l'œuvre interrompue: s'ils n'ont pas le temps de la restaurer entièrement, du moins ils prépareront pour leurs successeurs les matériaux de cette restau ‘ation, et ils ne laisseront pas diminuer entre leurs mains le patrimoine de la Société ou plus exactement les missions qui lui sont confiées.
En 1754, les Birmans, fiers de s'être affranchis du Joug oppresseur des Pégouans, résolurent d'étendre leur domination sur Je royaume de Siam. Sous un prétexte futile, le roi équipa trente navires, vint s’emparer de la ville de Mergui, la pilla et l'incendia. Les habitants eurent heureusement le temps de prendre la fuite, ainsi que les deux missionnaires de la paroisse, Andrieux ! et Lefèvre. Encouragés par ce premier succès et par la terreur qu'inspiraient leurs armes, les vainqueurs marchèrent sur Juthia (1758). L'ancien roi
de Siam, Chao-dok-ma-dua, s'était fait talapoin, lais-