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Un jour, dix-neuf d'entre eux présentèrent au roi contre Mgr Pigneau un libelle diffamatoire, plein des plus atroces calomnies. Depuis, tous ces officiers, à l'exception de deux ou trois, ayant été successivement condamnés à mort, pour fautes dans le service, indiscipline ou trahison, le prélat se vengea noblement, il demanda et obtint leur grâce. Le plus acharné de ses adversaires, celui qui était à la tête de la cabale, lui dut ainsi deux fois la vie, et devint le meilleur de ses
amis.
A ceux qui s'étonnaient de voir Mgr Pigneau de Behaine continuer d’avoir des relations à la cour, après de tels actes d’ingratitude, Lelabousse répondait ces sages paroles 1 :
« Vous serez peut-être étonnés que Mgr l'évêque d'Adran se donne encore tant de peine pour un prince si peu favorable aux chrétiens. Il est certain que, si ce qu'il a fait, et ce qu'il fait encore tous les jours pour lui, n'avait pour but que de donner à la Cochinchine un Clovis ou un Constantin, ses démarches seraient bien inutiles; mais il n’a jamais cherché qu'à procurer aux
| ouvriers évangéliques la liberté d'exercer leur minis-
tère; et aujourd’hui il ne demeure auprès du roi que
pour le retenir par son crédit, et empêcher des maux
que sa retraite rendrait inévitables. D'ailleurs, le roi | vaut encore mieux que les rebelles, et certainement il | n'en viendra jamais jusqu'à nous persécuter, tant que notre bon prélat sera ici, »
‘Non contents d'attaquer, le Vicaire apostolique, les mandarins s'en prenaient aussi aux missionnaires et aux chrétiens. Leur hostilité se manifestait de la facon |! enfantine, cruelle et niaise des hommes incomplètement civilisés. M. Boisserand, qui était habile physicien,