‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 144 sur 248 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

1. Les directeurs réfugiés en Angleterre ét en Italie, Leurs démarches pour établir un séminaire, M. Ducrey et le collège de Mélan, = If, Rachat du Séminaire des Missions-Étrangères par M, Bilhère, — Démarches de M, Bilhère pour obtenir la reconnaissance légale du Séminaire, — IE, Rapport de Portalis sur les Missions, — Sentiments des directeurs en Angleterre et en Italie, — IV, Bonaparte veut réunir en une seule Congrégation les Missions-Étrangères et les Lazaristes. Observations du Légat Cardinal Caprara sur ce projet, — V, Mort du cardinal Borgia,sa générosité envers les Missions-Étrangères, = Le Pape à Paris, — Rétablissement du Séminaire, — Résumé de la conduite des directeurs, — VI. Les Missions-Étrangères dans les Indes, — Le traité d'Amiens, — Retour de la France à Pondichéry, — Nouvel abandon. — Travaux de M, Dubois, — VIL. Conduite de Gia-long envers les missionnaires de Cochinchine et du Tonkin, — Édit injurieux contre le christianisme, — VII Le Su-tchuen, — Succès, = Administration de Mgr de Saint-Martin et de Mgr Dufresse, — Synode du Su-tchuen, 1803, — Recueils des constitutionset des décrets sur les Missions.

Une Société religieuse ou ecclésiastique peut vivre, travailler et prospérer lorsqu'elle n'est atteinte que dans quelques-uns de ses membres, souvent même le retentissement de ses malheurs particuliers aide à ses progrès ; mais quand elle est frappée au cœur, son état est bien plus grave. Le cœur de la Société des Missions-Ét ‘angères est le Séminaire, c'est du Séminaire que partent tous les prètres pour aller vivifier l’œuvre de la Société, les missions, comme le sar & part du cœur pour porter la

vie dans l’organisme entier, Or, le Séminaire était détruit depuis sept ans, ses directeurs dispersés en Angle-

d’aspirants à l’apostolat, ni fonder d'établissement pour les recevoir et les former. En vain Chaumont, Alary, Blandin publiaient-ils des nouvelles des missions : faits édifiants, travaux, conversions, persécutions; ces nouvelles ne trouvaient d'écho nulle part. La tristesse de leur vie s'augmentait de ces insuccès, et cependant elle était déjà grande! Ils vivaient presque dans la misère, dépensant trente sous par jour, prenant une place d’aumônier ou de chapelain, afin d'avoir quelques ressources à envoyer aux apôtres d'Extrême-Orient, fréquentant quelques familles anglaises ou des émigrés malheureux. M. Blandin mourut sans voir des Jours meilleurs, Alary et Chaumont restèrent seuls.

En Italie, Boiret et Descourvières avaient rencontré beaucoup de sympathie chez les cardinaux, chez les ré. fugiés et en particulier chez Mesdames Adélaïde et Vic. toire. [ls avaient obtenu pour les missions des ressources du secrétaire dela Propagande, Mgr Borgia. Les victoires des Français en Italie les ayant obligés à quitter Rome où ils n'étaient plus en sûreté, ils s'étaient rendus à Venise, avec la plupart des cardinaux, pendant que Pie VI était conduit à Valence.

Après l'élection de Pie VIL, ils revinrent à Rome, et y vécurent dans une extrème pauvreté, car ils n'avaient d’autres ressources que leurs honoraires de messes, qui étaient des plus minimes.

« Pour cent messes, disait Descourvières, on donne dix écus en cédules qui ne produisent que cinq ou six piastres. »

La maison de procure n'avait pas été déclarée propriété nationale, grâce à la précaution qu'avait eue M. Boiret de ia faire mettre en son nom, mais les locataires payaient fort mal; une rente que M. Boiret posstdait sur la chambre de l’Annona n'était pas payée. Is

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exposèrent leur situation au cardinal Borgia qui leur donna un logement au collège de la Propagande.

Comprenant que le plus important de leurs devoirs était de rétablir le Séminaire, absolument nécessaire au recrutement et à la formation des missionnaires, et par conséquent à la conservation de la Société, ils recommencèrent à cet effet les nombreuses démarches qu'ils avaient faites autrefois.

Nous avons dit précédemment que, dès les premiers Jours de la révolution, M. Boiret avait parlé au cardinal Antonelli de fonder une maison soit en Savoie, soit en Flandre ou en ftalie, mais l'espoir que l’on gardait encore de voir bientôt la tranquillité renaitre en France paralysa les négociationst, Le premier, le cardinal Antonelli avait demandé au Souvernement espagnol s'il permettrait aux directeurs des Missions-Étrangères d’avoir un établissement sur son territoire, le cabinet de Madrid ayant répondu par un refus formel et absolu, le cardinal n’avait fait aucune autre démarche. Lorsque le cardinal Gerdil devint préfet de la Propagande, M. Boiret lui soumit son projet d'installer le Séminaire en Savoie ou en Italie: cette proposition fut bien accueillie.

Dans le mémoire écrit à cette occasion, Boiret et Descourvières exposaient ainsi les moyens d'exécution 1:

«€ Comme il n’y a aucune espérance de le rétablir en France, il faudrait le placer en Italie, dans quelque campagne où les vivres ne fussent pas trop chers: il ne conviendrait pas qu'il fût à Rome et dans le voisinage, soit parce que les vivres y sont plus chers, et qu’on \ est plus exposé à la dissipation, soit pour d’autres raisons.

« [ne serait pas difficile de trouver à la campagne,

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