Arch. nationales, A-F. 4, 104$, pièce 34, dossier
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« En m'adressant la note de Rome rel
ative aux Missions étrangères, vous me de
mandez ce que l'on peut faire pour ces Missions. J'aurai d'abord l'honneur de vous observer que, dans la note de Rome, on apercoit évidemment le projet d'attirer à la Cor grégation de la Propagande des objets que cette Cong l'ambition de diriger et de £g
Ensuite confondant la ( de Paul avec 1
régation anrait ouverner exclusivement. »
‘ongrégation de Saint-Vincent es missions qui lui étaient confiées, le pouvoir spirituel avec le pouvoir temporel, les secours que la France donnait aux missionnaires avec | diction qu'ils recevaient de Rome, ilessayait d'établir que dans le Levant et en Chine, les prêtres, « étant protégés par le gouvernement français, devaient être envoyés par lui»; enfin il exposait son projet d'une seule Société :
€ On pourrait aujourd'hui charger l'a Paris du soin des Missions, il en se comme l'était autrefois le général de de Saint-Vincent de Paul.
« L'arelicvèque établirait pour cette partie un grand vicaire qui serait doté co
mme les autres grands vicaires du diocèse,
à juri-
‘chevèque de ait le supérieur, la Congrégation
On n'aurait recours à la Propagande que pour la nomination d'un ou de deux préfe Pape donnerait le pouvoir d' de Confirmation.
is apostoliques, à qui le administrer le sacrement
« Mais l'essentiel serait d'avoir
, COMme autrefois, un établissement à Paris. où l'on
format, et l'on préparat les jeunes ecclésiastiques qui se destinent aux Missions. L'ancienne maison des Mission
s-Étrangères est aliénée.
Celle de la Congrégation de Saint-Vincent de Paul à reçu une destination nouvelle et d'utilité
«On pourrait remplacer ces deux 6
publique.
tablissements par
la maison dite de Saint-Louis des Jésuites, il y existe une chapelle qui a été érigée en succursale.
« En érigeant cette succursale en paroisse, les hono raires provenant du service suffiraient pour la subsistance et l'entretien des principaux membres de cet établissement.
« À mesure qu'il s'offrirait des ecclésiastiques, que le #ouvernement jugerait capables d'être employés aux missions, on pourrait, d'après la demande motivée du supérieur, et en prenant tous les renseignements requis, donner quelques secours passagers pour perfectionner l'éducation de ces ecclésiastiques, afin de les mettre en état d'apprendre quelqu'un des arts qui font prospérer les missions de Pékin.
« Le même établissement pourrait servir à former des ecclésiastiques pour nos colonies: il pourrait servir encore d'une maison de retraite pour les prêtres, parcille à celle que saint Vincent de Paul avait établie. »
Ce plan pouvait être l'œuvre d'hommes animés de bon nes intentions, mais à Coup sûr, ignorants des choses religieuses et aveuglég pui les préjugés politiques ; l'État \ était tout, l'Église tien ou à peu près, le gouvernement nommerait le Supérieur, il accepterait ou refuserait les prêtres qu'il jugerait où non capables d'aller en mission : on avait recours au Pape uniquement pour le prier d'ac corder aux préfets apostoliques le pouvoir d'administrer la Confirmation. Un décret. porté en ce sens Le 7 prairial an AIT, causa un vif mécontentement à la majorité des directeurs, qui y virent la ruine de la Société des Mis sions-Étrangères. M. Bilhère exprimait des sentiments moins hostiles: il me niait pas que le décret ne fut
1, Le texte de ce décret a été publié. dans ln brochure : £Le Se naire des Missions-Etrangères pendant tu Révotution
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défectueux, mais cherchant avant fout ce qui pouvait l'aider, il considérait principalement que les Missions étaient rétablies : si le moyen employé par le gouvernement était mauvais, il ne désespérait pas de le faire changer, en se servant de cette première concession comme d'un point d'appui.
Les directeurs faisaient encore contre ce décret une autre objection, qui, pour sembler personnelle, n'en avait pas moins une valeur réelle : le gouvernement donnait à une nouvelle Société ce pom de Missions- Étrangères, qui était le nom propre, particulier, patronymique de la Société des missionnaires de la rue du Bac, dès l’origine choisi, approuvé par le roi Louis XIV et par le Souverain Pontife Alexandre VIE. porté depuis un siècle et demi, et connu du monde enlier.
Pour les Sociétés religieuses, comme pour les familles humaines en effet, le nom est une propriété: les fondateurs le transmettent à leurs disciples, comme des pères à leurs enfants: chaque génération lui apporte son accroissement de gloire et d'honneur, qui devient le patrimoine de la génération future, Üsurper le nom d'une Société religieuse, c'est usurper la renommée que lui ont acquise les travaux, les vertus, les souffrances de ses fils, pour rendre illustres des étrangers et des nouveaux venus. « Cette Société. qui va être composée de gens du Éouvernement, prend notre mom. écrivait M. Boivet, c’est là une chose qui ne s'est jamais vue ef que”nersonne ne voudrait tolérer, » Rome elle-même Pet part au débat. Il était en dehors de toutes les règles Un £ouvernement voulut, sans avoir consulté le pe et recu de lui l'autorisation. fonder une congrétation, ou tout au moins bouleverser de fond en comble son organisation.
Le préfet de la Propagande CoMposa plusieurs mé-
moires, pour exposer et défendre les droits de l'Eg et les envoya au cardinal Caprara,
lise.
Après les avoir étudiés, le légat adressa à Portalis la lettre suivante, qui résumait toutes les observations el expliquait en un langage mesuré, mais ferme. la diseipline catholique. C'est une lecon de droit canon et de bon sens, qu'il faudra hélas! donner plus d'une fois aux jurisconsultes de cette époque. Nous citons cette pi tout entière, quoiqu'elle soit très longue, à cause son extrême importance !
« Excellence!,
€ On a répandu dans le publie et même adressé par ticulièrement à Rome, un décret impérial concernant le rétablissement des Missions étrangères en France. Ce décret est daté du 7 prairial an XIE parait authentique, tout annonce qu'il existe réellement et qu'on se dispose à l'exécuter,
«Ilest impossible que je m’abstienne de vous adresser et par vous à Sa Majesté Impériale de justes représentations sur la teneur et sur les dispositions de ce décret, je le dois à mes instructions et au caractère don Je suis revêtu, Ce décret à vivement alarmé le ISaint- Siège, non par le but qu'on s'y propose, mais par la manière dont on veut l'atteindre. Rien n’est plus désiable que le rétablissement des Missions ét ‘angères en France, pour le bien de la religion : mais il ne peut être indifférent pour le Saint-Siège que le rétablissement ait heu de telle ou telle manière,
« Le Saint-Siège peut seul donner les pouvoirs nécessaires pour exercer les fonctions de missionnaires apostoliques, partout où iln°y a pas d'évèque titulaire canoniquement institué, La juridietion spirituelle ne peut
J. Arch. M.-E., vol, 223, p. 89.
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DES MISSIONS-ÉTHANGÈRES 309
emaner directe: que du chef de l'Eglise, en vertu de Ja plénitude de son autorité, (
‘est ainsi que saint Boniface fut en
yé en Allemagne, saint \ugustin dans l'Angleterre et saint François Xavier dans les Indes. « La Congrégation de 1n Propagand dépositaire des intentions et des pouvoirs du Saint-Siège, e aujourd'hui, de la même manière.
lueux qu'un zèle vraiment ar version des nations hérétiq est connu en France et à
nvoie encore tous les prêtres ver- Stolique dévoue à la cones où idolâtres, Cet usage été constamment respect igion avait cessé de l'être.
« Uependant le décret impérial du 7 prairial ne parle ni de là nécessité de cette mission $] droits du Saint-S ge sur les
Jusqu'au moment où la re]
tuelle, ni des missions, ni du concours de l'autorité apostolique pour le ré
tablissement. Tout parail se faire au
nom de l'autorité temporelle, On garde un silence absolu sur tout ce qui tient à l'autorité spirituelle, Sa Sainteté ne peut pas croit eu le projet d'exclure son intervention :
indispensable qu'elle conn
‘e qu'on ait mais il est alsse, sur cet objet, les vraies intentions du Souvernement, La validité de voirs qu'exercent les missionnaires, et leurs travaux dépendent essentielle cation,
*s poules succès de ment de cette expli-
« Le premier article du décret n'établit qu'une seule Association de prêtres séculiers pour les Missions: cependant il en existait trois en France, savoir : les Missions-Étrangères proprement dites, celle de Saint- Lazare et celle du Saint-Esprit, Aucune de ces Congré- £ations n'a démérité. Toutes ont un territoire où peuvent exercer leur zèle.
de le conserver, Vouloir 1 et même association, ce
elles Toutes désirent et méritent es confondre dans une seule serait violer leurs premiers ensasements, et leur prescrire une
chose moralement impossible, I
esprit de chacune de ces Congrégations,
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