Mœurs, Institutions, elc., préface, p. xxvIr
MISSIONS-ÉTRANGÈRES., — ÎI,
Dans l’Indo-Chine orientale, l'état était à peu près le même, quoique dû à des causes différentes. Nguvénanh ne montrait pas envers le catholicisme les dispositions bienveillantes qu’on était en droit d'espérer après les services que l’évèque d'Adran lui avait rendus, et qui cependant avaient porté des fruits : grâce aux Français, en effet, il avait vaincu les Tay-son, il s'était emparé de Hué, de Ha-noi et commandait en maitre des frontières de la Chine au golfe de Siam. Il s'était fait couronner roi et avait pris le nom de Gia-long (souveraine extension) sous lequel nous Je désignerons désormais. Sa race remplaçait celle des Lè. Ses victoires avaient été attristées par la mort de son fils', le prince Canh, l'ancien élève de Mgr de Behaine; les missionnaires avaient mêlé leurs larmes aux siennes, car ils voyaient s'évanouir toutes les espérances qu'ils avaient fondées sur le jeune homme. On ne peut savoir, d'une manière certaine, ce qu'il eût été sur le trône; mais il parait difficile de supposer qu'il fût jamais devenu persécuteur. Au fond, malgré les entrainements d'une jeunesse abandonnée à elle-même, ce prince était resté chrétien dans le cœur. La foi se réveillant en lui, aux approches de la mort, il profita d'un moment de solitude avec un de ses domestiques chrétiens, pour demander et recevoir le baptême. Du haut du ciel, le pieux évêque d’Adran veillait sans doute sur l'en fant qu'il avait élevé avec tant d'amour, et il dut l'accueillir avec joie, le jour qu'il échangea une couronne terrestre contre celle de l'éternité bienheureuse. Gia-long témoignait néanmoins quelque bonté aux