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missionnaires, mais il se gardait bien de les entourer d'une protection toujours efficace.
Il laissa au provicaire de Cochinchine M. Liot!, la jouissance de la maison qu'il avait donnée à Mgr Pigneau près de Saïgon, avec la garde épiscopale de 100 miliciens.
Dès son arrivée à Hué, il alla le premier rendre visite au Supérieur de la mission, Mgr Labartette, évêque de Véren qu'il ne connaissait pas encore, et le traita avec beaucoup de distinction. Celui-ci, depuis le commencement de sa carrière apostolique en 1773, n'avait guère connu que la persécution, etse tenait encore soigneusement caché, aussi fut-il surpris de ces égards extraordinaires, auxquels on ne l'avait pas habitué et crut, un peu trop vite, peut-être, à la sincérité du roi. Voici ce qu'il écrivait, au mois de juillet 1802 :
«Quant aux dispositions actuelles du roi en faveur de notre sainte religion, elles ne peuvent être plus désirables. Il est si pénétré de reconnaissance des services rendus à sa personne et à toute sa famille par Mer l'évêque d'Adran, que, toutes les fois qu'il en parle, aussitôt les larmes lui viennent aux yeux. C'est par un effet de cette reconnaissance qu'il à voulu, l'an passé, aussitôt après son arrivée triomphante à la capitale de Cochinchine, me visiter en personne, dans les endroits où je me tenais caché depuis plus de trois ans; faveur signalée, qu'il n’accorde jamais, même au premier mandarin du royaume. Aussi cela à bien étonné tout le monde. Quelques jours auparavant, sous la domination des rebelles, nous étions comme l'opprobre des hommes, tout le monde nous recherchait pour: nous mettre à mort, et voilà que, dans un moment, la scène à changé, à la grande admiration de tous. »
1. De Preuilly, diocèse de fours, parti en 1776, mort le 28 avril 1811,
Pendant le séjour de Gia-long à Ha-noi, le Vicaire apostolique du Tonkin, Mgr Longer, etun missionnaire, M. Eyott, lui demandeèrent une audience, il les recut avec affabilité, leur offrit le thé, causa longuement et avec exactitude des événements politiques d'Europe et d'Asie; il interrogea ensuite les visiteurs sur leur vie pendant la persécution, s’étonnant qu'ils eussent pu échapper aux recherches dirigées contre eux : « Nous avons cherché asile dans les forêts, répondit l'évoque, mais notre garde la plus sûre était encore la fidélité de nos chrétiens qui nous aiment et qui ont eu soin de nous. — Désormais, répliqua le prince, vous pouvez être tranquilles, personne ne vous inquiétera. » Les missionnaires profitèrent de l’occasion pour lui exposer que la défense d'embrasser la Religion catholique ayant été publique, il serait à désirer que les bonnes intentions du roi le fussent également. Gialong promit de porter bientôt un édit favorable.
Quelques jours après, Mgr Longer lui ayant adressé une supplique pour lui rappeler sa promesse, il la lut
à trois reprises très attentivement, mais garda un énigmatique silence. Cependant au mois de septembre 1802, il rendit une ordonnance, par laquelle il défendait aux villages de molester les chrétiens au sujet des contributions idolâtriques : « Les chrétiens ne forment-ils pas une partie de notre peuple? disait-il, ne paient-ils pas les tributs comme les autres? Si certaines gens croient
aux Esprits et les honorent, à la bonne heure, on ne
le leur défend pas. Que les Esprits secourent leurs adorateurs; mais il ne parait pas Juste de forcer à contribuer
à ce culte ceux qui n'y croient pas. »
Cette déclaration était quelque chose, mais elle ne suffisait pas. Outre qu'elle renfermait un simple con-