Synodus Vivariutus Su-tchuensis. Rome
fait depuis les Monita rédigés en 1664: à Mgr Dufresse
tion spéciale de la Providence, il eut le temps d'appli. quer les règles qu'il avait composées, d'en surveiller Je fonctionnement, de les faire pénétrer par conséquent non seulement dans l'esprit et dans le cœur de teurs, mais encore dans leurs habitudes.
Aucune persécution, aucun trouble politique n'a pu prévaloir contre la vigueur que l'observation conti. nuelle de règlements si sages inculqua à la mission qu Su-tchuen, qui dès lors est demeurée semblable à ces monuments que la tempête entame, sans pouvoir renverser leurs solides assises.
On demande parfois, non sans un sentiment d'ironique dédain, fruit d'une déplorable ignorance, que savent faire ces missionnaires revêtus par Rome de la dignité épiscopale et qu'on appelle des Vicaires apostoliques. On leur accorde volontiers de Savoir catéchiser et mourir, mais après? Quelle est la valeur de leur intelligence, la puissance de leur jugement. la portée de leurs travaux? Eh bien! voilà ce qu'ils savent faire! œuvre d'apôtre pour convertir; œuvre de théologien pour enseigner leurs prêtres européens et indigènes ; œuvre de législateur et d'organisateur pour donner aux missions qu'ils fondent l'unité de principes, source de force et de stabilité: œuvre d'administrateur pour faire observer les statuts qu'ils ont fixés.
Ces travaux d'administration et de réglementation avaient pour base les nombreuses constitutions des Souverains Pontifes et les décrets de la Propagande, que l’on conservait dans les archives des Missions, quand la persécution permettait d'avoir des archives: on Îles trouvait aussi dans les Bullaires, dans les ouvrages de Droit Canon; parfois on les cherchait sans les rencontrer. C'était un inconvénient d'autant plus
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riches bibliothèques, de conseillers autovisés avaient besoin de grandes lumicres.
Ain de les aider, les directeurs du Séminaire dès 1677, fait imprimer un petit volume « Constitutiones apostolicv, Brevia, sonibus Sinarum, Tunquini, ete.
avaient, sous ce titre :
Decreta pro Mis- » Îl renfermait les réponses données par les Congrégations de la Propasande et du Saint-Office à plusieurs doutes des missionnaires du Japon et de la Chine. les facultés accordées aux Vicaires apostoliques, et quelques constitutions pontificales,
Pendant son séjour à Rome. M. Boiret reprit ce travail sur un plan plus large: il CoMposa un véritable Recueil des constitutions et des décrets traitant des questions relatives aux Missions, et connu sous le nom de des Décrets.
Cahier
L'auteur en expose l'utilité en ces termes :
« La conduite des âmes dans les voies du salut est l'art des arts, comme dit saint Grégoire, c'est surtout dans ces PAYS encore ensevelis dans les ténèbres des superslitions et de l'idolâtrie que cette maxime se fait connaitre davantage.
« La solution des difficultés que les hommes apostoliques rencontrent dans la conduite selon saint Paul aux Corinthiens, ne peuvent encore soutenir une nourriture solide. demande une grande prudence; placés au milieu de la gentilité, où les usages, les mœurs et plusieurs lois de ces royaumes sont souveut contraires à l'Éva
des néophytes, qui,
ngile, ils doivent user d'un Juste
discernement pour concilier ce qui n'est pas contraire à la loi de Dieu et de l'Église, et se faire tout à tous pour les “agner tous à Jésus-Christ, ce qui souvent n’est pas facile à des missionnaires dépourvus de tout, et très éloignés les uns les autres. Is sont obligés dans leurs difficultés
de recourir au Saint-Siège, à qui Dieu a dit de paitre les brebis et les agneaux dans l'univers entier.
« Mais la distance des pays, tels que la Chine et les royaumes voisins de cet empire, du Siège apostolique occasionne nécessairement un retard considérable aux questions que font les ouvriers é\angéliques qui travaillent dans cette partie de la vigne du Seigneur, puisqu'il faut trois ans en usant de toute diligence, pour qu'ils en reçoivent la réponse. Il arrive ordinairement que les mêmes cas, proposés par une mission et à qui la Sainte Congrégation de la Propagande a envoyé la réponse, sont ignorés d’une autre mission qui propose les mêmes difficultés; c’est pour obvier à cet inconvénient et à la perte fréquente des lettres, qu'on à cru rendre service aux missions de la Chine, Tonkin, Cochinchine, Siam, en faisant un recueil abrégé des Instructions, Constitutions, Décrets et Décisions concernant ces contrées éloignées. On y à inséré quelques décisions qui, quoique pour d’autres missions, ont cependant un rapport avec elles et peuvent servir, par les principes sur lesquels elles sont posées, à décider des cas qui arrivent, »
Le plan de ce travail est simple et Ingique. Le recueil est divisé en trois parties : la première traite de l'au torité de la Propagande sur toutes les missions: : fin que s’est proposée le Souverain Pontife en ere des évêques Vicaires apostoliques de la Chine, du Ton kin et de la Cochinchine: de la conduite que doivent tenir ces évêques; de leur juridiction et enfin des droits des missionnaires séculiers et réguliers.
La seconde partie renferme les pouvoirs ordinaires et extraordinaires accordés aux évêques, les décrets et les instructions sur les sacrements.
La troisième contient les décrets qui ont trait aux préceptes de Dieu et de l'Église.
Pour éviter d'augmenter le recueil, M. Boiret abrège
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souvent les décrets mettant nniquement la décision sans rapporter le cas de conscience, lorsque, par la réponse, on voit la question posée; parfois, pour plus de clarté, 1l met le cas et la réponse. Cet ouvrage fut suivi dans l'enseignement du Séminaire des Missions-Étrangères jusqu'en 1879. À cette époque, on publia une nouvelle et plus considérable collection des décrets préparée par M. Rousseille, directeur du Séminaire et procureur de la Société à Rome. Cet ouvrage porte le titre de Collectanea Constitutionum, Decretorum, Indultorum ac Instructionum Sanctæ Sedis, ad usum operariorum apostolicorum Societatis Missionum ad Exteros.
Le titre dit très exactement le contenu de cet ouvrage qui renferme 1,361 pièces diverses. À l'encontre de M. Boiret, l’auteur a rejeté la forme de Compendium. Il a reproduit intégralement le texte des demandes et des réponses, spécialement pour les décrets émanés de la Propagande et du Saint-Office, Il a indiqué très exactement à quelle contrée ou à quelle personne les pièces sont adressées. 11 à cité un grand nombre d'Indults, même périmés, dans la pensée qu'ils peuvent fournir des indications utiles, en montrant pourquoi se sont étendues les concessions faites par le Saint-Siège aux supérieurs des missions, les motifs des dérogations au droit commun, et les conditions imposées à ceux qui en profitent.
Aux décrets de la Propagande et du Saint-Office, il a joint quelques décrets des autres Congrégations romaines, spécialement des Congrégations des Rites et des Indulgences. Get ouvrage est donc une source de précieux renseignements pour les missionnaires, un guide véritablement utile, et la Société des Missions-Étranseres, en le publiant, ne sortait pas du cadre de ses tra-
Vaux,
sémi pis Pont
Pape CHAPITRE IX qui € ,. .. «e | 1805-1815 et de LE Le Séminaire général, Démarches de M. Letondal pour le rétablir. pour —- Ses mémoires, — Ses voyages à Manille et au Mexique, — If. Dit ui cultés d'établir le séminaire à Manille, — Etablissement du Collège œun où séminaire général à Pinang, — HI. Mort de M. Rabeau, jeté à 1 ŒœUVI mer par les Birmans, — Incendie du Séminaire général. — Mort de 5e - M. Letondal, — IV, Napoléon et le Séminaire de Paris, — Projet d'une ce seule Congrégation, — Décret sur cet objet, — Le cardinal lFesch, élève ses Conseils. — M, Alary nommé supérieur du Séminaire. — V. La RTE E ST sf eo . 1. = jnainrdine à r de ]:
Société des Missions-Étrangères dissoute, — M, D sjardins en prison, ses lettres. — M. Langlois en surveillance à Rennes, — VI. Sentiments bodg des missionnaires sur les malheurs de l'Église, — M. Chaumont fait un —. appel üla charité, — Défaite de Napoléon. — Rétablissement du Némi sion: naire par Louis XVII, — VII. Persécution en Chine, ses causes. vous Mort de M. Hamel, — VIT Arrestation de Mgr Dufresse, — Son mar Go tyre. — Approbation de l'empereur Khia-king, — Souvenir de Mgr Du. DICS ( | fresse, zèle.
En porta men La Société des Missions-Étrangères avait deux sémi- les V naires principaux : en F ‘ance, le Séminaire de Paris: de F en Extrême-Orient, le séminaire sénéral, Le Séminaire proc de Paris était rétabli, que dvenait le séminaire géné- M E al? Nous avons vu sa destruction par les Birmans en être 1769, son transfert à Chantaboun, à Ha-tien, puis à au-dé Pondichéry. Mgr Pigneau avait ramené la plupart des porel 1 élèves en Cochinchine, quelques-uns étaient restés dans nuire les Indes. C'était, en apparence, deux séminaires au mina lieu d'un; en réalité, c'était deux établissements très ses 11 incomplets qui ne pouvaient compter, ni l’un ni l'autre, ces. comme séminaire général. Le Ur, pour atteindre son but, la Société, surtout à cette tondi
époque de troubles dans les missions, avait besoin d'un VÉrAI
il pour le rétablir,
xique, — If, Pitt ement du Collège Rabeau, jeté à la néral. — Mort du is, — Projet d'une * Cardinal Fesch, minaire, — V, lu jardins en prison, — VI. Sentiments Chaumont fait un sement du Séni 6, Ses Causes.
PSSe, — Son mar venir de Mgr Du.
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Le Séminaire inaire géné- Birmans en -tien, puis à plupart des t restés dans minaires au sements très n ni l’autre,
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DES MISSIONS-É'RANGÈRES 1407
séminaire général; elle ne l'oubliait pas, elle n'oubliait
pas non plus les recommandations que les Souveruins Pontifes lui avaient adressées à ce sujet, En 1775, le Pape Pie VE ne lui avait-il pas écrit cette exhortation qui était en même temps un éloge :
« Ne perdez donc pas courage au milieu des peines et des contrariétés de toutes sortes, que vous endurez
pour soutenir votre collège, armez-vous au contraire
d'une nouvelle persévérance pour soutenir votre belle
œuvre. Vous parviendrez à ce résultat, si vous faites tous
les efforts possibles pour augmenter le nombre des
élèves de votre maison, Qu'ils viennent donc nombreux de la Chine, du Tonkin, de la Cochinchine, du Cambodge, de Siam, en un mot de chacune de vos mis-
sions. Et, dans l'exercice de ce ministère, croyez que vous ne pouvez rien faire de plus agréable au Saint- Siège et à la Propagande qu'en vous y dévouant avec
aèle. »
En 1805, le séminaire général n'existait plus. IL importait de le rétablir, Le Séminaire de Paris, récemment sorti de la tourmente, ne pouvait s'en occuper; les Vicaires apostoliques, chefs de missions, sans secours
de France, étaient réduits à la plus extrôme misère. Le
procureur :énéral des Missions-Étrangères à Macao, M. Letondal, s'en chargea : cette œuvre sortait peutètre de ses attributions directes et ordinaires: mais,
au-dessus de son emploi d'agent pour les choses tem-
porelles, planait sa vocation de prêtre et de missionnaire, qui l'appelait à prendre en main la cause du séminaire indigène. Seul d’ailleurs, il avait la liberté de
ses mouvements et la possibilité de trouver des ressour--
ces.
Le but fut difficilement atteint. Heureusement, Letondal ne reculait ni dans l'initiative ni dans la persévérance : il fut de ces hommes rares, dont on a dit