‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 174 sur 248 · Arch. M.-É., vol. 300, p. 407. Lettre du 30 octob · texte numérisé non relu

Arch. M.-É., vol. 300, p. 407. Lettre du 30 octob

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Dès 1780, ient étudié,

et avaient prié notre Ministre des Affaires étrangères de demander à l'Espagne l'autorisation de fonder un collège dans la capitale des Philippines. Cette

demande avait été agréée, et Charles HIT avait écrit au

gouverneur pour avoir son avis sur cette affaire. La réponse avait été favorable, ainsi que celle de l’archevéque, don Basilio do Santa Justa y Rufina, à une condition toutefois, c’est que les élèves du collège général assisteraient aux lecons de l'Université. En rendant un service, les Espagnols n'oubliaient pas leurs intérêts, Il serait étrange de s'en étonner, et peut-être injuste de les en blâmer, car beaucoup d'hommes sages pensent que les peuples ne sont pas tenus d'être chevaleresques. Les Espagnols voulaient évidemment inculquer leurs idées aux élèves, et se payer de leur hospitalité, en recrutant parmi eux des amis et des partisans, qui feraient connaître leur nom et leur puissance à travers les royaumes d'Extrème-Orient, et pourraient en certaines circonstances leur servir d'appui. S'iln'y avait eu que ce côté de la question, le procureur des Missions- Étrangères, M. Descourvières, n'eût probablement fait aucune objection, mais il jugea que ces classes en dehors du séminaire dissiperaient les élèves, les exposeraient à contracter des relationscapablesde les détourner de leur vocation, etil refusa. Lachoseenresta à, jusqu'au jour où une solution s'imposa plus nécessaire et plus urgente.

Malgré les obstacles précédemment soulevés, les propositions de M. Letondal furent acceptées sans restriction par le gouverneur, par l'archevèque et par le chapitre, elles ne rencontrèrent d'opposition que dans les conseillers de la colonie, Ceux-ci étaient, parait-il, des amateurs de la tradition, ils voulurent imposer aux élèves l'obligation d'assister aux classes dans les colle: ges espagnols. Letondal fit la même réponse que son

prédécesseur, et les pourparlers continuérent avec une lenteur, qui désespérait le procureur, désireux de doter les Missions d’un nouveau séminaire général. En 1804. il n'avait encore recu aucune décision définitive. Les Anglais, qui connaissaient ses vœux, lui offrirent dans l'ile de Pinang, une propriété et toutes les autorisations qu'il voudrait. L'offre était tentante : Letondal connaissait par les prêtres de l'Inde la tolérance des Anglais, personnellement il avait d'excellents rapports avec les officiers de leur marine : autant de ‘tISONS qui Militaient en faveur de l'acceptation. D'autre part, l'ile de Pi ang, que les Anglais avaient achetée en 1786 au sultan de Quedah, n'était pas inconnue à nos missionnaires, elle possédait une chrétienté de 400 fidèles qui relevait du Vicaire apostolique de Siam, elle avait beaucoup de relations avee Macao, n'était pas fort éloignée des missions d'Annam, et assez proche des missions de Siam et de Pondichéry. À voir le développement qu'elle avait pris en dix-huit ans, on pouvait prédire qu'elle deviendrait rapidement un des premiers entrepôts du commerce européen en Extrème-Orient, on V comptait déjà plus de 20,000 Chinois. Quant au pays même, il était agréable, L'ile de Pinang est un peu plus £rande que Pile de Jersey, mais elle offre, comme elle, un petit monde avec ses anses, ses vallées, ses rivières. ses Montagnes, ses villes et ses villages, Sa fécondité est très grande: les fruits des tropiques y croissent en abondance ; la chaleur y est tempérée par la brise de la mer. Elle semblait done avoir toutes les conditions nécessaires à la maison que l’on voulait fonder. M. Letondal ajoutait encore d'autres raisons! : « Le séminaire, disait-il. exercerait le saint ministère à l'égard des étrangers, au grand profit des âmes sans

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