‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 175 sur 248 · L. Arch. M.-E., vol. 40, p · texte numérisé non relu

L. Arch. M.-E., vol. 40, p

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préjudice pour les écoliers. Nos chrétiens, animés d'une sainte curiosité, verraient célébrer les saints mystères avec solennité, ils y entendraient quelquefois une prédication extraordinaire qui leur serait fort utile. Le séminaire pourrait aussi être comme le terme d'un pieux pèlerinage où ils se confesseraient, quand ils auraient quelque différend avec leur prêtre. Tout cela, Sans préjudicier aux écoliers, serait d’une grande utilité pour cette chrétienté, » À ces motifs tout apostoliques, Il joignait cet autre : « Les Anglais commencent à envoyer leurs enfants à leur collège général du Bengale, d'autres les envoient en Europe. Si nous avions un Maitre qui püt instruire ces enfants, leur enseigner les mathématiques, il en résulterait un grand bien pour eux et pour nous, »

Toutes ces raisons longuement exposées firent pencher la balance en faveur de Pinang, et les directeurs du Séminaire de Paris écrivirent « qu'on en pouvait faire l'essai ». M. Lolivier, à la tête de la chrétienté de Hing-hoa depuis seize ans, fut nommé supérieur, et se rendit à Pinang avec quelques élèves chinois. Le Souverneur Jui donna deux maisons dans la ville de Georgetown, «pauvres maisons abandonnées par leurs propriétaires qui avaient tout emporté, sauf les colonnes de bambou et le toit en atapes ». Pour le moment, on S'en contenta, trop heureux de commencer enfin l'œuvre si ardemment désirée. M. Letondal, trouvant l'occasion favorable pour laisser se calmer les démélés. qui venaient d'éclater à Macao entre les Chinois et les Portugais, alla rejoindre M. Lolivier: il trouva le gouverneur anglais disposé à lui rendre tous les services possibles, recut de lui une autre maison et l’autorisation d'établir le collège où bon lui semblerait, « de manière, ajoute-t-il en terminant le récit de son voyage, que j'eus lieu de me consoler des impertinentes pédan-

teries du gouverneur de Macao, qui m'avait traité de manière à me faire pleurer, ce qu'on ne fait pas pour rien à mon âge. »

Les missions de Chine et d'ndo-Chine envoyèrent des

x élèves au nou: cilège dont on espérait tant de bien. C'est en coi: sant à Pinang plusieurs séminaristes siamois, que M. Rabeau trouva la mort dans les circonstances tragiques que nous allons rapporter, après avoir esquissé sa pieuse physionomie.

Né en 1765, au village de Denazé, paroisse du diocèse du Mans, actuellement du diocèse de Laval, Jean-Baptiste Rabeau exerca le saint ministère à la Chapelle- Craonnaise jusqu'en 1792. Enfermé à cette époque dans les prisons de Laval, pour avoir refusé de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé, il eut bientôt la permission de partir pour Jersey avec la plupart de ses

| compagnons de captivité, et supporta courageusement 4} les épreuves inséparables de l'exil. Le Cardinal Meignan, archevêque de Tours, qui à écrit sa vie, aconte de lui un trait peignant bien la douceur de son caractère et la joyeuse fermeté de son esprit 1 :

« Un jour que ses amis se plaignaient à lui de l'insuffisance de la nourriture à laquelle ils étaient réduits, à “ause de la faible rétribution qui leur était allouée. il leur dit : « Je ne puis m'associer à vos plaintes : sur les 30 sols que je recois pour la semaine, j'en prends 6 pour acheter de la morue, j'en fais un bon plat le dimanche, mais comme mon estomac ne peut supporter cet aliment, je suis malade le reste de la semaine, je ne mange point où peu, et je me trouve le samedi

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