Arch. M.-É,, vol. 41: p
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: 17 mai 1809.
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moines rentrant dans leurs familles; les cardinaux et les chefs d'Ordres furent exilés, et plusieurs d’entre eux emprisonnés. En France, des évèques et des congrégations subirent les rigueurs du pouvoir. Cette persécution dont les causes se rattachent à la politique générale de l'empereur ne donne pas le motif particulier de la destruction des Missions-Etrangères. Nous avons trouvé une ‘aison dans une lettre de M. Alary, mais elle n'eût sans doute pas été suffisante, sans les sentiments d'aigreur et d'irritation que Napoléon nourrissait contre le chef de l'Église catholique : «Le général Gardanne, envoyé comme ministre plénipotentiaire en Perse, éprouva plusieurs échecs diplomatiques; il rejeta la cause de ses insuccès sur les missionnaires. Ces missionnaires n'appartenaient pas à la Société des Missions-Étrangères et n'avaient avec elle aucun rapport : l’empereur l'atteignit quand même. »
En droit, ce décret avait des effets très graves : il enlevait la personnalité civile à la Société, fermait les portes du Séminaire, et pouvait amener la confiscation. En fait, le Séminaire, n'ayant pas d'élèves, n'avait pas à les renvoyer, il ne possédait pas davantage de biens, puisque la maison rachetée était encore au nom de Mie d'Escars. Mais cet acte qui ne changeait rien au présent pouvait, pensait-on, susciter beaucoup d'inconvénients dans: lavenir, Pour parer aux premières éventualités, les directeurs, sur le conseil du cardinal Fesch, se présentèrent au ministre des Cultes, et déclarèrent qu'ils étaient attachés à la paroisse des Missions-Étrangères. Leur déclaration fut acceptée sans observation. Cependant frappés sans cause, ils furent soupçonnés d'être mécontents; ce soupçon pouvait être juste et il ne fallait pas beaucoup de génie aux dénonciateurs pour le concevoir. Des perquisitions ayant été opérées au Séminaire, sans
amener la découverté d'aucun complot, pas même la
plus légère preuve de mécontentement, on accusa les directeurs d'être défavorables à l'empereur dans sa lutte contre l'Église, M. Desjardins, ancien vicaire général d'Orléans, ancien professeur de théologie au Séminaire de Québec, curé de la paroisse des Missions- Étrangères et directeur du Séminaire depuis 1805, fut arrêté et conduit à Fenestrelle.
La Société s'était signalée, depuis son origine, par un attachement inviolable au Saint-Siège et par une scrupuleuse et immédiate obéissance à ses ordres. La Providence lui donna l'honneur de confesser devant les hommes cet attachement et cette obéissance: c'est une persécution, dont elle à le droit d'être aussi fière, que des luttes soutenues pas ses prêtres à Siam, en Annam et en Chine,
Le prisonnier eut pour Compagnon de captivité l'intrépide cardinal Pacca et son neveu, et trois autres prêtres, tous condamnés pour leur fidélité au Souverain Pontife. De son cachot, il écrivit à M. Alary plusieurs lettres d'une douceur charmante, d'une piété vive, où le respect se mêle avec grâce à une tendre affection pour le saint vicillard, Nous ne résistons pas au plaisir d'en citer une, elle fera connaitre le caractère aimable, la foi profonde de M. Desjardins, et donnera
une idée de la cordialité des rapports entre les directeurs :
«Je vous salue, mon cher et tendre Père, mon vénérable et nécessaire ami, Voilà le dernier Jour d'une année de vicissitudes, Demain s’en ouvrira une dont les événements sont d'avance écrits dans le ciel. Je prie le Seigneur qu’il en fasse pour nous une année de consolations, de bénédictionstoujours croissantes et de mérites nouveaux. Donnez-moi votre bénédiction, mon cher