‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 183 sur 248 · Directeur de 1805 à · texte numérisé non relu

Directeur de 1805 à

pauvre talent qui m'était confié, ce serait déjà beaucoup, et une grande justice qu'on le remit en d'autres mains,

<<... D'un autre côté, je bénis la divine Providence de m'avoir délivré d'un poids trop fort pour mes épaules. Je regrette vivement ma paroisse, je l'avoue, et j'éprouve combien je l'aimais. Cependant je la résigne bien volontairement et conjure le prince des pasteurs de la bénir par celui qui me succède, et dont le premier soin doit être de réparer mes fautes, C'en est une grande, peut-

être, d'avoir trop aimé mon troupeau, je dis, trop sensiblement, et d'avoir partagé mon cœur. Maintenant : Ecce ego, mitte me. Mais il faut être tiré de la fosse aux lions.

«Le Seigneur, dans sa miséricorde, m'avant réduit à Ja pauvreté, je n'ai plus pour subsister d'autre ressource que celle qui nous est commune. Loin de rougir d’être à charge à mes frères. Je m'en fais gloire : peut-être ne sera-ce pas pour longtemps: mais Jusqu'au retour du ‘alme, je n'ai que vous, et les personnes qui s'intéressent à nous. Mon entretien et ma nourriture ne montent pas très haut, bien qu'il faille que je m'habille, car Je suis venu ici en gilet de nuit et en robe de chambre. J'entre- ‘ai dans quelques détails avec M. Paris. Pour vous. tendre Père, je ne veux vous parler que de mon inviolable attachement, de mon désir de persévérer dans ma vocation jusqu'à mon dernier souffle, et enfin de ma fidélité à prier pour vous. »

Pendant que M. Desjardins Supportait courageusement son emprisonnement, M. Alary, âgé de 78 ans, et M. Paris, prêtre de l’ancienne Congrégation du Mont- Valérien et directeur depuis 1805, restaient seuls au Séminaire de Paris, M. Chaumont était en Angleterre, M. Boiret, qui allait bientot mourir, et M. Langlois, député par la mission du Tonkin en 1805, habitaient Rome. En 1812, ce dernier fut expulsé de la ville éter-

jà beaucoup, utres mains.

rovidence de nes épaules, et J'éprouve bien volonde la bénir er soin doit ande, peut- ,; trop sensi- Taintenant :

la fosse aux

tréduit à la e ressource igir d'être à eut-ôtre ne 1 retour du intéressent iontent pas car je suis re. J'entre- Pour vous, non invio- +r dans ma 1 de ma fi-

urag'euse— 78 ans, et du Montt seuls au ngleterre, Langlois, habitaient ville éter-

nelle par ordre de Napoléon, forcé de se retirer à Rennes et placé sous la surveillance de la police.

Les agressions de l'empereur contre l'Église, son odieuse conduite envers le Souverain Pontife, ses violences envers la Société des Missions-Étrangères, retentissaient douloureusement dans le cœur des missionnaires; mais en même temps, la fermeté du Saint Père excitait leur admiration. Des Indes. qu'il évangélisait depuis 1792, M. Dubois eXprimait ces sentiments à M. Langlois 1 :

«..... La conduite admirable du chef de l'Église, dans la situation désespérée où il se trouve réduit, nous montre évidemment que l'esprit de Dieu dirige ses démarches. Les papiers anglais nous ont donné quelques détails de ce qui s'était passé à Rome, depuis l'invasion des Francais Jusqu'à l'époque du décret impéral, qui arrache du domaine du Pape quatre de ses meilleures provinces, pour les annexer au royaume d'Itaie. Nous avons vu la Correspondance officielle entre Sa Sainteté et Bonaparte. Quelle patience, quelle résianation de la part du chef de l'Église : et en même temps quelle fermeté, quelle dignité dans ses protestations et ses réponses! qu'il est beau, qu'il est consolant de voir le pilote du vaisseau de l'Eglise, dans un temps où ce dernier, agité par une des plus furieuses tempêtes, est menacé du naufrage, diriger ses mouvements avec tant de sagesse et de présence d'esprit, et montrer à l'heure du danger une fermeté que la vue d'aucun péril ne peut abattre, »

Page 1