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et abaïissa son sabre, et la tête roula sur le sol, à
l'heure où le dernier des missionnaires européens du
Su-tchuen récitait au fond d'une caverne cette prière
de la fête du jour : « Voici la croix du Seigneur, fuyez,
troupes ennemies, le lion de la tribu de Judas, le rejeton de David a remporté la victoire. £cce Crucem Domini, fugite partes adversæ, vicit leo de tribu Juda, radir David, »
Au moment de la mort, racontèrent tous les assistants, un vol d’hirondelles, venues tournoyer au-dessus du lieu de l'exécution. s'éloigna à tire-d'ailes, et une nuée obscure qui avait couvert le ciel pendant le supplice disparut aussitôt, Ces deux faits parurent extraordinaires aux Chinois, qui en parlèrent longtemps après l'événement ?:
Mgr Dufresse avait 64 ans d'âge, 39 ans de sacerdoce et d'apostolat, 15 ans d'épiscopat.
Les chrétiens attendaient leur tour; mais on ne les avait Pas amenés pour les exécuter, seulement pour obtenir leur apostasie; leur fermeté ayant résisté à toutes les sollicitations, plusieurs furent condamnés à l'exil; deux femmes, CoMpagnes de leur captivité, furent mises en liberté, elles pleurèrent leur grâce comme une défaite; après avoir approché si près du triomphe, touché la couronne immortelle, elles trouvèrent bien dur de recommencer la lutte.
La tête de Mgr Dufresse fut placée sur une colonne hors de la porte orientale du Tchen-tou avec cette inscription : « Su (nom chinois du martyr), Européen, prédicateur et chef de la religion chrétienne, » On fit Porter une petite cage que l'on disait renfermer ja tête de l'évêque, dans toutes les chrétientés de son
1. Sommaire, etc., p. 630, $ 25; p. 632, $ H; p. 633, $ 49: p. 635, $ 71. Lettres de MM. Marchini et Escodeca, 2. Sommaire, ete., p. 631, $ 36: P. 632, $ 43; p. 631,$ 74.
le sol, à ropéens du cette prière neur, fuyez, s, le rejeton em Domini, uda, radir
assistants, -dessus du une nuée le supplice ordinaires ès l’événe-
sacerdoce
on ne les nent pour résisté à damnés à ité, furent ‘6 comme triomphe, rent bien
: colonne cette insuropéen,
» On fit ermer la s de son
district et dans les principales villes du Su-tchuen afin de terrifier les fidèles.
L'amour et le respect eurent la même inspiration que la haine et la Yengeance; les néophytes de Tchen-tou recueillirent le sang du Martyr dans des étoft cieuses, qu'ils envoyèrent ensuite par toute ils montèrent la garde près du c pendant trois jours, et qu ils en lieu de l'exécution.
es préla province :
Orps, quidemeura exposé terrèrent ensuite près du
Le vice-roi Chang-ming rendit compte à l'empereur des condamnations portées contre Mgr Dufresse et contre les chrétiens : il ne ‘acha rien de ce qu'il avait fait, ni de ce qu'il savait de la vie apostolique de l'évêque : sa Première entrée au Su-tchuen en 1776, son emprisonnement en 1785, et son retour dans l'empire. Cette conduite était contraire à celle que les mandarins avaient tenue jusqu'alors, mais elle était conforme aux ordres de Khia-king, Ce prince, en ettet, au lieu de condamner, ainsi que le faisait son prédécesseur Khien-long. les mandarins qui avaient laissé les missionnaires S'introduire en Chine, louait et récompensait ceux qui vraient et les arrétaient.
était beaucoup plus fatale qu'elle excitait les magistr nel, en dehors de tout autr cateurs de l'Évangile, fidèles sans guide e conduite du vice-
les décou- Cette nouvelle tactique aux progrés de la foi, puisus, même par intérêt persone mobile, à arrêter les prédidont la disparition laissait les t Sans soutien. Dès qu'il connut la roi du Su-tchuen, l'empereur s'empressa de l'approuver le 23 octobre 1815. Quarante Jours après la mort de Mgr Dufresse, il publia cet édit.
qui fut inséré dans la Gazette de Pékin le 2 bre 1815 1 :
5 octo-