Arch. M... vol. 302, p
« Chang-ming, vice-roi de la province du Su-tchuen, nous à envoyé le procès-verbal dressé contre l'Européen, prédicateur de la religion chrétienne, nommé Su-Kien-Mo et précédemment Li-To-Lin-Van. (Ce sont les noms qu'a portés successivement Mgr Dufresse.)
« Depuis nombre d'années, il s'était introduit clandestinement dans cette province pour y prècher la religion. Il fut pris et condamné, mais ensuite mis en liberté et renvoyé dans sa patrie. Il à eu l'audace de rentrer secrètement dans notre empire et de pénétrer de nouveau dans la même province du Su-tchuen, où, en changeant son nom, il à recommencé à propager la religion dont il était le chef principal, mais caché. Il à séduit beaucoup de personnes du peuple, ignorantes et imprudentes, de sorte que le Su-tchuen renferme un très grand nombre de gens agrégés à la fausse secte des Européens. Le vice-roi a commandé à ses subordonnés de remédier à ce désordre, conformément aux sages lois de l'empire. De plus, il a obtenu l'amendement de beaucoup de chrétiens. En tout cela, le vice-roi s’est très bien comporté et nous ordonnons que les tribunaux aient égard à ses mérites.
« Nous déclarons que le mandarin de Sin-tsin, nommé Vang-heng, qui à faittoutes les diligences possibles pour découvrir et arrêter le principal criminel, propagateur de la religion européenne, est un sujet qui a du mérite, et nous commandons aux tribunaux de le récompenser. »
Get acte officiel achevait de donner au martyre de Mgr Dufresse son caractère juridique; il proclamait l'évêque, de par la volonté nettement exprimée du chef du gouvernement chinois, un témoin de Jésus-Christ jusqu’à l'effusion du sang. Car, par cette éternelle loi providentielle, qui veut que dans le monde tout concoure à la gloire de Dieu, ce sont les bourreaux eux-mêmes qui sacrent leurs victimes et dressent, par leurs actes, par
lim G. |
u Su-tchuen, ‘ontre l'Euronne, nommé Van. (Ce sont Dufresse.) troduit clanècher la relimis en liberté ce de rentrer trer de nouuen, où, en propager la is caché, Il à , ignorantes renferme un sse secte des subordonnés ux sages lois ndement de -roi s’est très s tribunaux
tsin, nommé ssibles pour propagateur a du mérite, ompenser. »
martyre de clamait l’é- > du chef du hrist jusqu’à 1 providenncoure à la mêmes qui actes, par
leurs paroles et par leu
rs écrits, les bases des autels que l'Eglise catholique leur élèvera.
Le triomphe de l'apôtre retentit Jusqu'aux extrémités du monde. Le ’ape Pie VIE, parlant de cette pe dans le consistoire secret du 23 septembre mait en ces termes :
rsécution 1816, S'expri-
€ Parmi ces généreux confesseurs, tout célébrer et louer nommément notre vénérable frère, Gabriel Taurin Dufresse, Français de nation, évêque de Tabraca et Vicaire apostolique de du Su-tchuen, qui, pendant 39 ans. à remplien Chine, avec la plus grande sainteté, les fonctions du ministère évangélique... C'était le 14 Septembre de l'année dernière qu'arriva la mort de l'évêque de Tab aca; mort véritablement précieuse devant le Seigneur: mort dont le récit nous à touché Jusqu'au fond du cœur : en le lisant, nous pensions lire Un passage des annales de Ja primitive Église. »
Quelques objets, appartenant au martyr, furent conservés par les mandarins.
nous devons sur-
la province
CI y a déjà plusieurs années, aconte M. Huc lorsque nous fümes reconduits du Thibet dans le Céleste-Empire par une escorte chinoise, on nous sarda quelque temps à Tchen-tou. Pour nous y faire subir un jugement par ordre de l'empereur, Nous cûmes l'honneur d'être logé dans le même tribunal et dans le même appartement où avait été détenu l'évêque de Tabraca, Un Jour, le préfet de la ville entra dans notre chambre avec un livre européen, qu'il nous présenta, en nous demandant si nous CONNaÏssIons cela : c'était un vieux bréviaire, En le feuilletant, nous lîmes sur la première page les mots sui vants : Er libris, G. Dufresse, Miss. Ap. Nous fûmes saisi d'une profonde
l. Le Christianisme en Chine, vol, 4, p. 245,
émotion, car nous avions entre les mains une précieuse relique de l'évèque de Tabraca, ce bréviaire qu'ilavait lu, sans doute, plus d’une fois dans cette même chambre :
Ce livre, dimes-nous au mandarin, a appartenu à
“cl de la religion chrétienne, à un Francais que vous avez mis à mort ici, dans cette ville, il y a trente ans, Cet homme était un saint, et vous l'avez tué comme un malfaiteur. »
Le préfet parut étonné de nous entendre parler de cet événement déjà ancien. Après un moment de silence, il s'emporta et protesta qu'on n'avait jamais mis à mort d'Européen dans la capitale du Sse-tchouan ; puis il nous débita de nouveaux mensonges, pour nous expliquer comment ce livre était arrivé entre ses mains. Nous le priâmes de nous en faire cadeau, mais nos instances el nos supplications furent sans succès, »
Par cette mort, plus rien ne manquait à la province du Su-tchuen, confiée à la Société des Missions-Étrangères dès le temps de Mgr Pallu, évangélisée par Basset, de la Baluère, de Martiliat, de Verthamon, vivifite par Moÿe, soutenue par Hamel, organisée par Pottier et de Saint-Martin, elle avait eu des évêques habiles et sages, de saints et actifs missionnaires, elle avait eu un synode dont les prescriptions sont admirables: enfin, Dieu lui demanda le sang d'un de ses meilleurs ouvriers, pour en faire en quelque sorte comme un ciment précieux et fort, qui devait donner à l'édifice sa solidité et l'assurer contre les tempêtes de l'avenir.
Dans la Société des Missions-Étrangères, Mgr Dufresse à l'honneur d'occuper la première place, parmi ceux qui ont subi le martyre juridique; sa mort glorieuse jette un reflet de triomphe sur toute la seconde partie de notre histoire qu'elle termine, elle fait présager les combats sanglants et féconds de la troisième période dans laquelle nous allons entrer.
ÉTÉ
ns une précieuse ire qu'il avait lu, nême chambre :
, à appartenu à un Français que Ile, il y a trente avez tué comme
lre parler de cet nt de silence, il mais mis à mort chouan; puis il nous expliquer mains. Nous le nos instances el
t à la province Missions-Étranévangélisée par thamon, vivifice isée par Pottier iques habiles et elle avait eu un nirables: enfin, illeurs ouvriers, un ciment préifice sa solidité ir.
ères, Mgr Due place, parmi : sa mort gloripute la seconde elle fait présale la troisième ’,