‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 191 sur 248 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Raison de ce chapitre, — 1, Les voyages des missionnaires de France en Extrême-Orient de 1665 à 1815, = Le premier départ par la voie de l'Océan. — Au port d'embarquement, — Règlement à bord, — Tra vaux apostoliques. — Fêtes religieuses, — {L, Batailles navales, — Les maladies. — Le scorbut. — Charité des missionnaires, — IIf, Les esca. les. — Le cap de Bonne-Espérance, — Vertu de M, de Chamesson. — M. Moÿe et les esclaves. — À l'ile de France, à l'île Bourbon, à Java. — Dupleix, sa bienveillance pour les missionnaires, — Pergévérance des missionnaires dans leur vocation. — Lettre de M. de Lionne au P. Bourdaloue, — [V, À Macao, Difficultés d'y habiter et d'en sortir. — V, De Macao en Cochinchine, — Superstitions à bord, — À travers. la Cochinchine, — Au Tonkin, = VI. De Macao en Chine, — À Canton. — Alertes de M, Gleyo et de M. Moÿe. - En barque, — Route de terre

— M. Pottier. — Durée du voyage. — Conclusion.

Avant de continuer le récit des événements, il ne nous parait ni sans utilité, ni sans intérêt, de nous arrêter un instant pour tracer un tableau succinet des voyages faits par les missionnaires de France en Extrème-Orient.

Les voyages servent à la formation des ouvriers apos toliques, ils sont une partie parfois assez importante de leur vie ; à ce double titre, ils doivent donc être étudiés. Nous grouperons ici les faits principaux qui les ont signalés à la fin du xvt et pendant Le xvmi siècle, c'est-àdire à une époque où les guerresmaritimes étaient nombreuses, les traversées longues et pénibles, les naufrages fréquents.

ujourd'hui, grâce à la vapeur, au confortable des navires, à l'absence des guerres maritimes, à la liberté d'entrer en Extrême-Orient, la physionomie des voyages apostoliques a notablement changé : c’est une sorte de monde nouveau que nous allons essa yer de faire revivre

aux yeux de nos lecteurs, en racontant les principaux incidents de la vie à bord, décrivant les étapes et, analysant les sentiments des ouvriers apostoliques,

Dans le chapitre IH de cette Histoire, nous avons jeté

un rapide coup d'œil sur le voyage des premiers Vicaires apostoliques et des premiers missionnaires de la Société.

La route qu'ils prirent à travers la Perse et l'Inde fut suivie par une quinzaine d'autres prédicateurs de l'Évangile, mais elle était top fatigante et trop dispendieuse pour devenir la voie ordinaire.

Alin d'éviter ces inconvénients, Mgr Pallu avait, comme nous l'avons dit, essayé de

créer une compagnie comierciale. La perte de son navire, le Saint-L les côtes de Hollande, fit échouer survécut, et le gouvernement, de

ouis, sur

ce dessein: l'idée

concertavec des armateurs et des négociants, hâta l'exécution du projet, déjà plusieurs fois commencée, de fonder une Compagnie des Indes Orientales,

Ce fut sur les vaisseaux de cette ceux de la marine royale, que dirent en Extrème-Orient.

Voici les grandes lignes de leur voyage :

Is s'emberquaient généralement à Lorient, plus rareà la ment à la Rochelle ou à Bordeaux, d'où ils gagnaient d’a- D bord le Cap-Vert. [ls relâchaient ensuite au Cap de Bonne- Espérance où le navire prenait de l'e

Compagnie ou sur les missionnaires se reh-

au, du bois, des vivres ; à Madagascar, où ilsquittaient parfois les vaisseaux du roi pour prendre des bateaux Marchands. De Mada- Sascar à l'ile Bourbon ou à l'ile de France, la traversée était courte, mais souvent dangereuse à cause des tempêtes fréquentes dans ces parages, On mettait en-

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lin à la voile pour Pondichéry ou pour Bantam dans lle de Java : de l'une qu de l'autre de ces deux villes, les missionnaires, excepté ceux de Siam qui allaient directement dans leur mission, se rend et plus tard à Macno.

Le premier départ par la voie de l'Océan eut lieu de aris le 8 novembre 1665, et de la Rochelle, le 14 mars 1666, 11 comptait cinq prêtres : Nicolas Lambert!, frève de Mgr Lambert, Guyard, Bouchard, Mahot et Savary.

Le second ne s'effectua

aient à Canton

que rois ans après en 1669.

On était loin de la régularité et de 1

a fréquence des départs actuels, loin également du gr ,

and nombre des prédicateurs de l'Évangile. Maintenant, en effet, cinquante à soixante missionnaires partent chaque année du Séminaire des Missions-Étrangères : au xvit siècle, on s'estimait heureux, lorsque de 1665 à 1675, dix-sept prêtres se dévouaient aux Missions, Plus rude est le combat aujourd'hui, mais plus nombreux sont les soldats, et avant de croire que la foi est perdue, peut-être convient-il d'attendre l'issue de la bataille,

A peu près dans tous les ports de France, les missionnaires trouvaient des chrétiens et des chrétiennes, heureux de les héberger et de les servir,

À Marseille, en 1662, Mer Pallu avait rencontré M. Lefebvre « qui lui rend toutes sortes d'excellents c'est un homme qui, par sa grande probité, son esprit et sa créance dans la ville, à été choisi second consul, encore qu'il soit très jeune, »

À Bordeaux, les missionnaires recevaient la plus gra: cieuse hospitalité au séminaire tenu par les Lazaristes,

AN Port-Louis, près de Lorient, ils fur cus chez Madame de Surville, dont ils

offices ;

‘ent longtemps refont l'éloge en ces

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