‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 192 sur 248 · Sieur de la Boissière, Le château qu'il posséd · texte numérisé non relu

Sieur de la Boissière, Le château qu'il posséd

ait existe encore, i] est Situé sur la commune de Ja Boissière, près de

Lisieux.

termes : « S’il y avait encore quelque chose dont on fut obligé de lui tenir compfe, ce seraient les manières obligeantesavec lesquelles elle agit, les charitables vigilances qu’elle a, les embarras dont elle veut si honnèêtement se charger: » après la mort de Madame de Surville, Madame Kerallan se hâta d'offrir sa demeure aux partants, ar il y a des gens aussi pressés de recueillir un hériage de dévouement que d'autres un héritage de fortune.

Si, par hasard, ce qui était fort rare, la charité ne leur

venait pas en aide, les voyageurs quittaient autant que possible « les hôtelleries où l'on est en plus grand dan- £er qu’en aucun autre lieu » et cherchaient une com- Mmunauté; s'ils n’en pouvaient trouver. ils habitaient de maisons bourgeoises, où «ils ont mille fois plus de commodités et moins de frais. ;

Pendant leur séjour au port d'embarquement, ils prèchaïent, confessaient, étudiaient le portugais ou l’espagnol, les deux langues le plus en usage à cette époque en Extrême-Orient ;1ls apprenaient à manier un aviron, à conduire une barque et même à diriger un navire, science qui leur servit plus d'une fois: ils faisaient emplette des nombreux objets rendus nécessaires par la durée de la route et la rareté des relaches.

Le séjour dans les ports d'embarquement était parfois très long,

Les vaisseaux à voile de la marine royale et de la marine marchande ne partaient point à jour et à heure lixes,

MM. Vacher et La nglois restèrent six semaines à Port- Louis; MM. Lebon, Dubois1 et Le Chartier, plus de deux mois.

D’autres. embarqués à Bordeaux ou à Nantes, demeu-

1, Du diocèse de Poitiers, parti en 1745.

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ÉTÉ

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rérent douze et quinze jours à l'embouchure del ou de la Loire, « Is sont à espionner le y bon vent qui va s'aviser de souffler est sûr d'être pris. » Ils profitent de ce retard pour faire à leurs amis la description de leurs navires qui ne sont pas toujours « les plus beaux navires , selon le cliché actuel, mais qui ont une glorieuse histoire, comme celle d'un régiment, après avoir combattu sur de nombreux champs de bataille et participé à plus d'une victoire, C’est le Sainr- Paul, autrefois l'Aigle noir, « frégate percée pour trentesix pièces de ANONS, quoiqu'on n'en voie que vingtquatre », « qui s'est rendue lecommandable par ses grandes prises sur la mer Rouge où de qu'elle rencontra elle en coula de et amena le quatrième: » «

a Gironde ent, le premier

quatre vaisseaux UX, pilla le troisième l'Oiseau qui à ramené les ambassadeurs de Sa Majesté le roi de Slam » ; l'Epervier dont le nom seul fait trembler les Hollandais.

Dans leurs lettres, écrites sous la vive impression du départ, devant les horizons nouveaux de l'Océan, de commencer cetle vie que missionnaires ne laisse

et près Certains nomment exil, les nt pas échapper un seul accent de tristesse ou de regret, un seul mot de crainte ou d'inquiétude, le sentiment humain ne se trahit nulle part.

Dieu et les âmes! ce sont les dernicres paroles, qu'autrefois et aujourd'hui, ils Prononcent en quittant Ja France, la note suprême qui résonne dans leur cœur d'apôtre.

Pendant les Premières années de l'exi

stence de la Société, la marine f

‘ançaise commence la notable amélioration qui porta si haut sa gloire et sa puissance, Les navires sont plus solidement construits, armés, plus proprement tenus. «1 s'ornent de fines sc ulptures, les cabines sont peintes, l’intérieur bien distribué, les escaliers faciles. » Les matelots sont vêtus de ‘amisoles de drap rot

mieux à proue et la poupe

ige avec boutons de

cuivre, de pantalons bleus, de bas rouges, d'écharpes

blanches, les officiers portent des justaucorps bleus

galonnés d'argent, chausses et bas rouges, écharpes de taffetas blanc frangées d'or, chapeaux bordés d’or et ornés de plumes blanches.

Voyageurs, mais prêtres avant tout, les missionnaires ne perdent pas de vue leur sanctifi ation, et dès les premiers jours de leur traversée, ils observent le règlement tracé par Mgr Pallu et qui peut se résnmer en ces quelques lignes :

Le matin, l’oraison, la messe, le bréviaire et les études facultatives; le soir, des conférences sur la Sainte Écriture trois fois par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi; et une conférence sur les vertus les plus propres à l’état apostolique, le samedi, La sagesse de l’éveque avait apporté à l'exécution de ce règlement les adoucissements nécessaires, « voulant toujours, dit Rénigne Vachet, que nous agissions dans ces exercices avec une grande liberté, »

Ce règlement ne subit guère de modifications, comme on le voit par une lettre de M. de Reymond de 1754. C'est toujours le lever à heure fixe, l'étude obligée de la théologie et de l'Écriture Sainte, les prières, les oraisons et le bréviaire en commun.

’armi les études facultatives, celles auxquelles les missionnaires se livrent le plus habituellement sont les Mathématiques et l'astronomie, Langlois écrit : « qu'il est ravi par l'étude des constellations nouvelles qu'il voit dans un autre hémisphère »: de Martiliat approfondit Les mathématiques, « particulièrement la trigonométrie sphérique, qui sert à plusieurs questions astronomiques fort utiles et fort agréables ».

On comprend facilement le charme que devaient avoir ces études, pendant les belles nuits équatoriales, et l'admiration qu’excitaient les brillantes constella-

ÉTÉ

ges, d'écharpes faucorps bleus es, écharpes de bordés d’or et

s missionnaires et dès les prent le règlement ‘smer en ces

re et les études la Sainte Écrimercredi et le Is les plus progesse de l’évérèglement les ujours, dit Réexercices avec

ations, comme mond de 1754.

e obligée de la es, les oraisons

auxquelles les ment sont les écrit : « qu'il iouvelles qu'il irtiliat approent la trigonostions astrono-

que devaient équatoriales, tes constella-

lions du ciel étincelant d’or et d'azur de l'Afrique et de l'Asie.

Si les missionnaires ne s'étaient occupés que de prière et d'étude, ils n’eussent Pas cru leur vie suffisamment remplie; leur âme apostolique voulait e la sanctification des autres, Le tion muette mais éloquente, était un moyen, il était aussi une Préparation à des enscignements plus directs. qu'ils adressaient aux matelots avec l'autorisation du ‘apitaine, prêchant, atéchisant, faisant réciter les prières.

în 1670, leur influence sur l'équipage de M. de Mondevergue est telle que le commandant pi navire est devenu un couvent.

Plus tard M. Roux recoit l’abjuration de calvinistes ! «J'envoie à M. de Combes l'abjuration de quatre calvinistes, écrit-i!, C’est le petit hérit la main. J'ai né

n même temps bon exemple, prédica-

‘étend que son

age que J'ai acquis l’are à en les attirant à l’Église commun des ce

anmoins Compris et en les instruisant, que le alvinistes à moins de mauvaise foi que le commun ‘les jansénistes. Après les premiers dogmes de la foi, j'ai beaucoup insisté sur l'obéissance due nommément au Pape, pour lequel je leur ai fait Concevoir un grand respect, leur apprenant fout ce qu’il y a de plus avantageux au Saint- Siège, et les prévenant contre les tiques et des mauvais €

M. Savary conve

calomnies des héréatholiques. ) rtit cinq protestants | 17:54).

M. Andrieux prêche sur le gaillard d'avant plusieurs fois par semaine jusqu’à minuit M. Tinsorer, en 1766, confesse et communie tout l'état-major et 145 hommes de l'équipage sur 160. M. Kerhervé, un Breton bretonnent, instruit les matelots dont il est seul à savoir la langue.

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