Aveh. M.-i., soi. 437, p. 684. Lettre du 15 août
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de prendre là-haut et de la fumée qui m'étouffait dans ma chambre,
«Ajoutez à cela que Comme on n'avait point préparé de place dans la salle, commeon faitordinairement, l'endroit où nousétions dans l’entrepont ne nous mettait point en sûreté, nous y étions exposés aux boulets de l'ennemi, et ilen vint même quelques-uns assez près ; aussi je m'étais recommandé à Dieu et préparé à tout événement. Cependant, les chirurgiens travaillaient à panser les blessés, et nous tâchions de les consoler, de leur faire élever leur cœur à Dieu, pour lui offrir leurs souffrances, les rendre méritoires devant lui, et en tirer avantage pour l'expiation de leurs fautes. »
Les batailles ne sont pas seules à remplir les ambulances, la maladie des longues traversées, le scorbut. leur en apporte un fort contingent : tel est celui dont il est parlé dans cette lettre1 :
« Quand nous fûmes une fois vers la fin du mois d'août 1745, notre vaisseau n'était plus, pour ainsi dire, qu'un grand hôpital, et un hôpital bien triste et bien dépourvu de tous les Secours nécessaires aux malades, auxquels nous ne Pouvions même donner de l’eau que par mesure. Le scorbut se mit parmi nos soldats et nos matelots, et d'un équipage de près de 500 hommes, la plupart ne pouvaient plus sortir de leurs hamacs ou de leurs cadres, où ils demeuraient dans la pourriture, Ceux qui se trainaient encore Jusque sur le gaillard
faisaient pitié rien qu'à les voir, tant ils étaient défaits et languissants. Tous les Jours, pendant un mois, nous en jetions au moins un à la mer, et quelquefois deux ou trois; enfin, si alors quelque ennemi nous eût attaqués, ou si quelque coup de vent nous eût surpris, nous étions à plaindre, faute d’avoir assez de monde sur pied pour
{. Arch, M.E,, vol. 137, p. 673.
la manœuvre. Voilà la misère où s'est trouvé notre vaisseau, »
Ces circonstances douloureuses révèlent la charité des missionnaires qui se font infirmiers, cuisiniers, garçon de salle, véritables domestiques fendant le bois, puisant l'eau, lavant le linge.
« Je ne saurais m'en taire, dit M. Lebon, c'est le bel endroit de M. Dubois. C'estici que de trois prêtres que nous étions dans le vaisseau, le plus jeune s’est montré le plus rempli de courage, de zèle et de charité. L'obscurité, l'infection de l’entrepont où les malades, presque entassés les uns sur les autres, ne laissaient pas moyen de leur donner les soins convenables, ne lempêchaient pas d'aller souvent passer plusieurs heures avec eux le soir et le matin.
« Ce que je vous mets iei par écrit, c'est le langage uniforme que tout le monde tient sur M. Dubois tant l'état-major que tout l'équipage. »
Heureusement les combats n'étaient pas de tous les jours; le scorbut faisait parfois relâche et n'attristait ni les équipages ni les passagers.
Beaucoup de missionnaires ont des traversées plus paisibles, animées seulement par quelques fêtes de bord, ou troublées par de rares tempêtes, et ceux-là s'attardent plus volontiers à la description des ports de relâche.
Une des grandes escales, celle du cap de Bonne-Espéance, retenait quelque temps tous les voyageurs.
Placé à l'extrémité méridionale de l'Afrique comme un phare et un point de ralliement, le Cap dresse, sous un ciel de feu, ses hauteurs de schistes régulièrement stratifiés; il est dominé par la montagne de la Table,
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DES MISSIONS-ÉTRANGÈRI 163
immense plateau qui repose sur deux gigantesques blocs de granit taillés à Pic, et nommés la Tête et la Croupe du Lion.
À deux cents pieds au-dessous d s'adoucissent et s'abaissent cette inclinaiso
u sommet, les pentes insensiblement. C'est sur qu'est bâtie la ville du Cap de Bonne- Espérance, entourée d'un sol aride où ne croissent guère que quelques arbres, aux formes grèles et bizarres, réunis en petits groupes, des bruyères éparses et des petites fleurs blanches, roses et jaunes, plantes souffre-
teuses, à l'aspect doux et mélancolique « qu'on se
prend tout de suite à aimer comme ON aime ces enfants
éliolés dont le regard intelligent annonce
la précocité ».
Après avoir dit :
mot de la situation et des produclions du Cap, les missionnaires font le portrait des habilants, portrait que l’on croirait poussé YoYageurs ne l'avaient exactement pe couleurs,
au noir, si d’autres
int avec les mêmes
Le triste spectacle de ces infidèles les porte à Dieu, l'expression de Ja reconnaissance monte cœur aux lèvres, et ils s'écrient 1:
«n'y a point de lecture ni de méditation qui élève lant en Dieu, ni qui excite plus sensiblement et plus tendrement à son saint amour, principalement à celui de reconnaissance, que la vue de ces misérables quand on les regarde avec une sérieuse et atte
aussitôt du
ntive réflexion.
Que si nous ne sommes Pas nés dans ce même pays, au milieu des ténèbres et de l'ignorance du péché, et que si lousne Sommes pas comme eux les esclaves et le jouet des démons; mais, au contraire, si nous avons eu le bonheur de sucer, Pour ainsi dire, avec le lait la Connaissance de Dieu et tant de belles lumières et de gràces, dont il semble que Dieu ait établi les sources dans le lieu de
L Arch, ME, vol. 135, p. 156.
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