‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 199 sur 248 · Nom donné autrefois à l'île Bourbon, du Portugais · texte numérisé non relu

Nom donné autrefois à l'île Bourbon, du Portugais

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Et le lendemain, un vent contraire empêchant le navire d'entrer en rade, quelles plaintes succèdent aux accents lyriques de la veille :

«I faut avouer que trois jours font un espace bien long, quand on attend quelque grand bien. Ce n’est pas une petite mortification de voir couler l’eau douce. »

À partir de Madagascar et des iles francaises ses voisines, la route infléchissait plus ou moins vers l'Est, selon que le navire allait à Java où à Pondichéry.

À Java, on abordait à Bantam, à une vingtaine de lieues de Batavia, Mgr Pallu y avait établi une procure, qui ne subsista pas longtemps et fut transférée à Pondichéry, en même temps que les comptoirs français.

C'est dans les parages de Madagascar, et dans les traversées de Madagascar à Java ou à Pondichéry, que les missionnaires éprouvent les plus rudes tempêtes, et pourlant l'Atlantique ne les .avait pas toujours ménagés. A son départ de l’ile de France, Lebon est rejeté sur les côtes de Madagascar, où l'on emploie six semaines à radouber son navire. Lefebvre a son vaisseau brisé en vue de l'ile Ge France. Armand et de Cauna font naufrage sur la côte de Malabar, et réussissent, après bien des efforts, à sagner la ville de Chandernagor, Jarric, laissé à Trinquemalé, traverse à pied une partie de l'ile de Ceylan et le sud de l'Inde.

Les calmes sont moins redoutables que les tempêtes, mais dans quels ennuis ils plongent le voyageur, le missionnaire surtout que les âmes attendent. Le navire de M. Cavé fait 100 lieues en trente Jours, ce n'est pas la distance que les bateaux des Messageries maritimes parcourent aujourd’hui en 24 heures. On mettait ainsi Six mois, huit mois, et quelquefois plus, pour atteindre Pondichéry.

Tous les missionnaires, qui séjournaient dans cette ville, rendaient visite au gouverneur des Indes francaises,

‘ ceux qui passaient à Chandernagor ne manquaient püs d'aller saluer le chef du comptoir.

Voici la réception faite à MM. Armand et de Cauna par Dupleix, alors chef de la loge de Chandernagor' :

« M. Dupleix nous a reçus avec toutes les politesses possibles, il nous avait otfert sa table et le logement chez lui, mais comme cela ne nous convenait pas, vu le long séjour que nous avions à faire à Chandernagor, ct que d’ailleurs, il nous à proposé en même temps de loger chez les Jésuites, craignant de le gèner, et d'être aussi infiniment gènés nous-mêmes si nous acceptions le premier parti, nous avons suivi le second, d'autant plus volontiers que le Père Supérieur-nous avait fait cette offre avant même que nous y eussions pensé. M. Dupleix lui a recommandé de ne nous laisser‘ manquer de rien, et de nous avancer tout ce qui nous serait nécessaire, qu'il le rembourserait lui-même ; il a pour nous les plus grands égards, il nous a même offert des livres tant que nous en souhaiterions. »

Devenu gouverneur de Pondichéry, Dupleix montre la même bienveillance envers les ouvriers apostoliques, il les reçoit à sa table, leur remet des lettres ou des présents pour les rois de Siam ou d’Annam, équipe même des navires pour les reconduire dans leurs missions.

Il est à remarquer que les hommes les plus dévoués à la gloire e la France en Extrème-Orient, les plus habiles à étendre son commerce et son influence, furent toujours les véritables amis des missionnaires.

Sous ce rapport, les choses n’ont pas changé, et il nous serait facile de citer les noms de ceux qui, pendant le xix° siècle, ont par leur conduite corroboré cette observation générale. Les raisons de cette entente sont mul-

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