Arch. M... vol. 137, D. 645. Lettre dn 8 novembre
Bourdonnais, trouver un capitaine chinois assez hardi pour se charger de moi au péril de sa tête, et assez honnête homme pour ne pas s'aviser de me jeter dans l'eau à dix lieues d'ici; premier risque qui n'est que pour moi, Le second, qui est et pour moi et pour mon conducteur, c'est d'être pris et d'avoir la tête tranchée, I est vrai que c’est la fortune d'un apôtre, et ce que l'on peut appeler dans le métier le bâton de maréchal de France. Mais je doute que les Chinois regardent la chose de cet œil-là, »
On traitait du passage des missionnaires avec des Chinois ou des Annamites indifféremment, mais les Chinois étant plus nombreux, plus braves et plus habiles, on avait ordinairement affaire à eux.
Anñamitesou Chinoisacceptaient naturellement, selon l'argent qu'on leur donnait. L: prix, toujours plus élevé pendant les persécutions, variait de 500 francs à 2,500.
Il arrivait bien parfois quelques accidents, par esemple, le marinier recevait des arrhes du procureur et disparaissait, sans se mettre en peine de sa promesse et de ses passagers.
Lorsque tout était définitivement réglé, les missionnaires, accompagnés de courriers, catéchistes ou prêtres indigènes, qu'on envoyait à leur rencontre, quittaient la procure pendant la nuit et se rendaient à leur barque. Ils voguaient alors vers la Cochinchine, le Tonkin ou le Su-tchuen: et l’on aime à se les représenter animés des dispositions que François Pottier exprimait par ces belles paroles 1 :
«Je pars pour me rendre à la mission du Su-tchuen, à 500 lieues d'ici : voyage de trois mois, toujours sur ses gardes, et dans le danger ou de périr dans les fleuves ou d'être pris par les infidèles. Grâce au Seigneur, cela ne