‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 206 sur 248 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

1. Coup d'œil sur le passé de la Société des Missions-Étrangères. État des missions de Chine, d'Annam, de Siam, des Indes, du Séminaire général, du Séminaire des Missions-Étrangères, — Le Séminaire rendu aux directeurs, — Statistique de la Société et des Missions, — IE, L'apostolat et la Société pendant le xix" siècle, -- Causes de développement. — Association de prières pour la conversion des infidèles établie par les directeurs du Séminaire. — Ses progrès, — Les Nouvelles Lettres édifiantes, — Me Jaricot, son zèle et ses travaux. — Organisation de l'association. — II Ouvre de la propagation de la Foi. — Sa fondation définitive à Lyon. — Son universalité, — Reconnaissance des prédicateurs de l'Évangile, — IV. Lettre commune des missionnaires de Cochinchine. — Messes célébrées pour les associés de la Propagation de la Foi. — Premières collectes, — Annales de la Propagation de la Foi, leur utilité. — Augmentation du nombre des missionnaires, — V. Perfectionnement du règlement de la Société, Les directeurs du Séminaire. — Con-

firmation par Louis XVII des Lettres patentes de 1775,

Du sommet des derniers contreforts de la montagne, le voyageur aperçoit les pentes s'adoucir, la vallée s'élargir, les ruisseaux, qui couraient sur un lit de rochers, rouler à pleins bords leurs eaux calmes et limpides, la végétation prendre un caractère de richesse et de vie plus accentué. En histoire, certaines époques ressemblent à ces sommets, et l'historien comme le voyageur voit grandir et se développer rapidement les choses dont il a étudié la naissance, les débuts hésitants, les

progrès difficiles.

Nous sommes, dans l'Histoire de la Société des Missions-Étrangères, arrivés à une deces époques ; assuré-

ment l'orientation de la Société en plusieurs points, l'aspect e changer, Il ne nous par sumer son passé en quelqu présent, et de jeter un Coup d'œil sur son avenir et sur les causes principales des acer Nous aurons à constater, inaugurée en 1658 par les premiers Vie ques, définitivement fondée en 1663, la Société à 157 ans d'existence, Sa naissance à été diflicile, sa croissance assez lente; à aucune époque, le nombre de ses prêtres n'a atteint soixante, Le fait n'oci Pas sans étonner, mais l'admiration se mèle à l'étonnement.

son vaste champ de bat ples auxquels elle à ét obtenus.

oissements rapides que

aires apostoli-

quand on regarde aille, les événements multié mêlée, et les succès qu'elle à Ses Premiers évêques ont eu sur elle une action générale, s'appliquant à tout ce qu'elle faisait en Europe et en Extrème-Orient : ils ont esquissé les grandes lignes de Son règlement intérieur, les pratiques particulières de ses travaux d'évangélisation et les points Principaux de l'organisation de ses missions. Elle à été la France officielle et par | l'une et l'autre ne treints.

soutenue par 4 charité privée : mais lui ont donné que de Elle à eu à combattre (0 voyait en elle un ennemi du pouvoir spirituel de ses évêques dans l'Extrème-Orient, un instrument de ruine Pour les derniers débris de SA puissance temporelle : contre les gouvernements paiens de Siam, de ( chine, du Tonkin 4 Sumatra ; contre

S Secours resontre le Portugal, qui

ochinne: conire les mahométans de les protestants anglais du Canada et des Indes: elle à conduit cette lutte doucement et ‘anquillement : elle à Paru à la cour de faire conclure des alliances entre la Fr Chine, dans lintér

S l'OÏS, réussi à ance et l’Indot commun des deux pays; elle à

Va rester la même, mais Xtérieur de son existence va ‘ait done pas sans intérèt de rées lignes, d'examiner son état

À tr la même, mais trouvé de puissantes Protections, mais par exception,

et en général, elle s'est contentée de vivre en paix avec les grands, sans beaucoup les rechercher. Elle leur à néanmoins inspire

SOU existence va ns intérêt de rétminer son état * des craintes Par sa prédication, et elle à Payé ces craintes par l'exil, rarement par la mort de ses prêtres, une seule lois, et c'est pe. cemment, par un Inartyre Juridique, Quelques-unes de ses Missions ont donné d'excellents résultats, d'autres ont été moins favorisées, La Cochinchine, le Tonkin, le Su-tchuen sont prospères et solides : mais le Yun-nan, le Kouy-tcheou, le Cambodge, Siam sont dans une situation attristante, Les œuvres de cha d'éducation commencent leur

1 avenir et sur its rapides que

caires apostolipeiété à 157 ans Sû Croissance de ses prêtres s étonner, mais rité, de prière, marche en avant, cer taines même sont très forissantes.

Su-tchuen et au Tonkin : assurément elles sont moins nombreuses que les besoins ne l'exigent, mais comment le seraient-elles sans la liberté e suffisantes ?

nd on regarde ements multi- nous l'avons vu au ccès qu'elle à

e action géné- t sans les ressources en Europe et

ndes lignes de rticulières de principaux de soutenue par iVÉE : mais

Le clergé indigène, formé par la Socié exclusivement séculier, est pieux, habile plus d'une fois sauvé les Eglis

té et toujours » dévoué, il à es d'un abandon complet et bien répondu aux espérances fondées sur lui.

DT France, la Société à supporté la Révolution , refusant l'apostasie, vivant dans l'exil, Séminaire, retrouvant pour |

secours l'esortugal, qui rituel de ses

rachetant son

à perdre bientôt, une exis- ‘ence légale que cependant elle finit par reconquérir, ent de ruine Telest le passé. Le présent n'est pas Sans tristesse, Après temporelle : les mauvais joursde la Révolution, après la glorieuse mais sanglante épopée impériale, la Société compte un petit nombre de prêtres, que de nouveaux viennent lentement remplacer, elle ne possède plus aucun bien, elle ne peut presque rien espérer de la Munificence des rois et des princes et obtient

. de Cochiniométans de u Canada et ucement et OIS, réussi à ‘e et l’IndoaYSs; elle à

à Srand'peine quelques r'essources des particuliers, Le christianisme semble

AVOIr assez à faire de relever les ruines de la foi

et de la discipline dans son ancien empire, sans se lar.cer dans des conquêtes.

La mission du Su-tchaen, frappée par la persécution, est veuve de ses deux évêques; elle n'a que deux prêtres européens; ses prêtres indigènes tombent chaque année sous les coups des bourreaux. En 1817, le prêtre Joseph Yuen est étranglé; le 23 juin 1818, un autre prêtre, Paul Lieou, est étranglé; la même année, Mathias Lo est jeté en prison. et Benoit Yang condamné à l'exil. En 1821, le prêtre Thaddée Lieou est mis à mort dans la ville de Ku-hien; parmi les 50,000 chrétiens du Su-tchuen, du Kouy-teheou et du Yun-nan, bcaucoup sont réduits à fuir, à se cacher, à s'exiler quard ils ne peuplent pas les prisons. Pour empêcher un désastre total, Rome nomme un des deux missionnaires survivants, Fontana, évêque de Sinite et Vicaire apostolique ; mais Fontana est dans l'impossibilité d’aller trouver un évêque conséerateur; le Séminaire de Paris fait sacrer un jeune prêtre de 31 ans, aspirant à l’apostolat, Jacques Léonard Pérocheaut. Les ports de Chine sont fermés aux Européens, les douanes mêmes de Canton sont infranchissables, et Mgr Pérocheau est obligé de suivre la route déjà prise par Fontana onze ans auparavant, et d'entrer dans l'empire du Milieu par le Tonkin.

À ce moment (1820), meurt le persécuteur Khia-king, dans sa magnifique résidence de Gehol, frappé par la foudre pendant qu’il s’abandonne, dit-on, aux désordres les plus infâmes. Dans son testament, il s’applaudissait de la conduite rigoureuse qu'il avait tenue envers les chrétiens :

«J'ai toujours pensé que les doctrines hétérodoxes ne peuvent que corrompre le peuple. C'est pourquoi j'ai

souvent publié des ordonnances et des instructions à cel

1. Du diocèse de Lucon parti en 1848, arriva qu Su-ichuen en 1820.

É ipire, sans se

a persécution, e deux prêtres chaque année 17, le prêtre 318, un autre ne année, Ma- 1g condamné à est mis à mort )0 chrétiens du nan, bcaucoup r cuard ils ne er un désastre ynnaires survire apostolique ; Iler trouver un aris fait sacrer apostolat, Jacde Chine sont mes de Canton 1 est obligé de ze ans auparapar le Tonkin.

eur Khia-king, , frappé par la aux désordres s’applaudissait nue envers les

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structions à cet

u-tchuen en 1820.

égard, non moins pour faire respecter le gouvernement, que pour corriger le cœur des hommes ; pour resserrer les nœuds qui unissent les sociétés : pour rendre l’administration Plus parfaite et les coutumes meilleures. Mon cœur n'a Jamais négligé ces Soins, pas même un seul jour, »

Khia-king à pour successeur Youre 4 porté au trône, Le nouvel empereur obéit au testament du défunt : il hait la religion catholique, il Juge les Européens dangereux, et ne veut pas même æarder à la cour les missionnaires que Khia-king à tolérés ; il interdit la pratique du christianisme, et loutes les rigueurs exercées par les prêtres et les fidèles,

Le royaume d'Annam Jouit du calme que lui assurent les derniers Jours de Gia-long ; mais il n° dizaine de missionnaires usés par l'âge sues de l'apostolat.

Le vieil évêque, Mgr Longer, est toujours à la tête du Tonkin; il à déjà eu deux coadjuteurs, Mgr Lamothe

mort en 1816, et Mgr Guérard qui est sur le bord de la tombe,

Un'y a plus d'huile à ma lampe, écrit ce dernier, il est impossible qu'elle ne s'éteigne pas bientôt, La seule chose qui me touche, c'est l'état déplorable vois notre Pauvre mission réduite. Mgr Longer est aux ‘bois; M. Eyot est un peu plus jeune que moi, mais il à cependant 60 ans passés, il ne saurait me survivre longtemps, vu ses infirmités. Les seuls missionnaires travaillants sont done M. Jeantet 1 qui est d’une faible et M. Ollivier? tous deux sans expérience

Tao-kouang, que sa bra-

approuve les mandarins contre

à plus qu'une et par les fati-

auquel je

santé, , et commen-

l. Du diocèse de Besançon, Tonkin occidental en 1866.

2. Du diocèse de Rennes, parti en 1820, mort co ‘postolique du Tonkin occidental en 1827.

Parti en 1819, mort Vicaire apostolique du

adjuteur du Vicaire

eant à peine à parler la langue de ce pays : ce sont à la vérité deux bons sujets remplis de zèle; mais cela ne suffit pas pour gouverner une mission telle que le Tonkin. »

Bien important, en eflet, est ce Vicariat qui compte 74 prètres indigènes, un grand séminaire avec 25 théologiens, deux petits collèges, plusieurs centaines de religieuses Amantes de la Groix, plus de deux cents catéchistes et 130,000 à 150,000 chrétiens.

Mgr Labartette, le Vicaire apostolique de Cochinchine, expose en ces termes la situation de sa mission Î :

« Tout ici va son train ordinaire. Le roi, se souvenant toujours des bienfaits qu'il a reçus de Mgr l'évêque d'Adran, nous laisse pleine liberté d'aller partout où nous vouloris, et d'exercer nos fonctions, sans que personne ose nous en empêcher. Tandis qu'il sera en vie, il y à lieu d'espérer que nous jouirons toujours de cette liberté; mais après sa mort, il y a fort à craindre que les choses ne changent. Il se fait encore des conversions d'idolâtres,

mais pas autant que nous le désirerions. Le nombre des

chrétiens, dans cette mission, pourra aller toujours en croissant plus où moins. tant qu'il y aura des missionnaires européens à la tête de la mission; mais s'ils viennent à manquer, il est bien à craindre que le nombre des chrétiens ne diminue. »

Pour les soutenir et Les instruire, il n'y avait plus en 1815 que trois Européens : Mer Labartette, MM. Audemar et Jarot.

>armi toutes les pertes que venait de faire la Gochinchine, celle du provicaire, M. Liot, fut la plus sensible, au point de vue politique. C'était le dernier missionnaire qui eut été en rapport avec Gia-long à l'époque de ses malheurs. Le prince, à qui il avait alors rendu d'impor-

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