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Histoire ancienne et moderne de l'Annam, p

IÉTÉ

y attacher avec s signes qui font tout un esprit quelque relief et stait et craignait one, il manifesta

mglaise envoyée ale et conduite ais eux-mêmes, s son père avait 1eillis. M. Chaiux, était revenu our Hué avec les roi de Cochinroi pour la con-

e lettre de Louis réussir dans auin des étrangers » lettre, où la vola France perce raume d'Annam, u Midi, et celles ent, les limites urs mers ou par ieues. Les habiarriver jusqu'au enir commercer | aux règlements s, ils ne feront ivre. » En 1821, ndant la frégate

Cléopätre, alla mouiller à Tourane, le roi refusa de le recevoir. Enfin, en 1825, MM. Chaigneau et Vannier, les deux derniers survivants des c

oOMmpagnons de l'é vêque d'Adran, se voyant en butte à la Jalousie des grands

mandarins et à la haine du prince, durent revenir en France et abandonner cette terre d'Annam dont ils avaient fait leur seconde patrie,

Un peu plus tard, le Capitaine de Bougainville, commandant la Thëtis, parut dans le port de 1 il apportait une lettre de Charles X.

contenta de lui envoyer des présents

‘ourane, Minh-mang se

, d’ordonner à ses mandarins de le traiter avec honneur quand il descen-

drait à terre, mais il refusa de recevoir la lettre du roi de France, sous prétexte « que cette lettre était écrite en français, et que personne ne pouvait la lui traduire. »

Il tenait une conduite naires.

Au jour de l'an 1824, il n'accepta pas les présents que ceux-ci lui avaient cfferts selon l'usage; puis il fit venir un des mandarins chrétiens de sa cour, ef lui commanda de planter le néu1 devant sa porte.

Le mandarin s'excusa sur ce qu'il était c

— Nous vous aimons, répondit le roi

analogue envers les missinn-

atholique.

à cause de cela, nous ne voulons pas vous faire f ‘apper; mais désormais sachez que les maitres européens ne pénétreront plus dans le royaume. Quant à ceux qui y sont déjà, passe ; mais nous n'en voulons plus d'autres. Est-ce que notre royaume n'est pas assez grand et assez lettré? Vous nous faites déshonneur, en allant chercher des maitres de doctrine en Europe.

— Sire, répondit l'officier, pendant sa vie, le roi votre

1. Le dernier jour de l'année, les paiens élèvent devant la porte de leur maison une grande perche appelée nêu et tracent sur la terre, avec de la craie, ur arc tendu et une flèche, en mémoire d'une grande victoire remportée par le Bouddha sur le diable.

père ne m'a jamais forcé à un tel acte. Si Votre Majesté veut me faire donner des coups de rotin, je suis prêt à le souffrir de bon cœur, mais, pour élever la perche, je ne le ferai pas.

L'hostilité du souverain s'accentuait, et on pouvait prévoir le jour où elle éclaterait ; beaucoup parmi ses courtisans le poussaient dans cette voie.

Un jour, l'un d'eux lui cita l'exemple des princes Japonais qui avaient détruit la religion catholique à force de supplices.

— Laissez-moi faire, répondit le roi. J'ai mon plan qui est bien meilleur,

Ce plan fut bientôt connu. Il consistait en deux opérations principales : fermerabsolument l'entrée de l'Annam aux nouveaux missionnaires, appeler à la cour ceux qui étaient déjà dans le royaume et les mettre dans l'impossibilité de remplir leur ministère.

Le roi espérait qu'en enlevant les pasteurs, le troupeau serait vite dispersé,

Quoi qu'en pensat Minh-mang, son plan n'était pas d'un succès certain; il supposait trop facilement que les prédicateurs de l'Évangile ne pénétreraient pas dans son royaume. L'indolence des Annamites ne pouvait lutter avec avantage contre le zèle des prêtres catholiques. Surveillés ou arrêtés sur un point, les apôtres renouveleraient sur un autre une tentative qui serait plus heureuse.

La vénalité des mandarins plus désireux d'obtenir de l'argent que de satisfaire leur haine, devait aussi entrer. en ligne de compte. Pourvu qu'ils y missent le prix, les missionnaires étaient sûrs qu'au moins, de temps à autre, les gardiens des côtes et des ports fermeraient les yeux. À défaut des Européens, les prêtres indigènes, en Cochinchine et au Tonkin surtout, étaient assez nombreux et assez bien formés pour empêcher la ruine de l'Église

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d'Annam. Par là même, le plan de Minh-mang croulait comme un château de cartes, Dans leurs conceptions, les ennemis du catholicisme oublient toujours une chose, sans doute parce qu'ils en ignorent la valeur : la foi, qui veutetcherche avant tout Le salut des âmes,et, pour l'obtenir, jette l'or sans compter, brave les périls et se rit de la mort.

Les principaux ouvriers apostoliques de la Société des Missions-Étrangères, qui, à cette époque terrible, vont Jouer leur vie, et plusieurs d'entre eux la donner, sont en Cochinchine : Taberd, Gagelin, Jaccard. Régereau, auxquels viendront s'adjoindre Cuenot. Marchand, Delamotte, Lefebvre, Miche, Duclos, ete. Au Tonkin, Mgr Havard succédera à Mgr Longer: il aura sous ses ordres, en attendant qu'il les ait pour successeurs Jeantet, Dumoulin-Borie, Retord, Gauthier, Masson, qu'aideront Journoud, Cornay, Charrier, Taillandier. Berneux et bien d'antres.

En 1825, Minh-mang lança un édit pour défendre l’introduction des maitres européens dans ses États.

Après avoir pris cette première mesure qui, croyaitil, devait fermer le royaume aux missionnaires, il résolut de s'emparer de ceux qui l'habitaient.

Sous prétexte que depuis le départ de MM, Vannier et Chaigneau, il n'avait plus d’interprète, il manda les prédicateurs de l'Évangile à Sa cour, afin, disait-il. des’entourer d'hommes instruits dans les sciences d'Europe. Ceux-ci entrevirent le piège, sans cependant démêler exactement la pensée du prince. L'eussent-ils fait d'ailleurs, qu'ils n'eussent osé désobéir, dans la crainte d'attirer la vengeance royale sur leurs chrétiens. Ii valait mieux, pensaient-ils, tenter la voie de conciliation : Si la persécution devait éclater. qu'au moins on ne put les accuser d'en être cause par une désobéissance Inopportune et un manque de respect au souverain.

MISSIONS-ÉTRANGÈRES, — ÏI. 34

Les missionnaires du Tonkin, plus éloignés et moins connus, réussirent à se cacher, mais ceux de la Cochinchine furent successivement conduits à la cour, excepté MM. Jaccard et Régereau dont l’arrivée toute récente n'avait pas encore été signalée,

M. Taberd arriva le premier, M. Gagelin et un franciscain, le P, Odorico, le suivirent.

Leur entrée à Hué eut lieu le 16 juin 1827, et avis en fut aussitôt donné au roi.

Minh-mang adressa par écrit aux missionnaires une série de questions, fort peu en rapport avec les fonctions d'interprète, pour lesquelles il les avait, prétendait-il, mandés près de lui :

« Depuis quand habitaient-ils l'Annam”? Par quel port étaient-ils entrés ? Quels villages avaient-ils habités? Combien savaient-ils de langues”? »

A ces interrogations et à d’autres, qui faisaient pressentir l'inquisiteur et le persécuteur, bien plus que le lettré désireux de s'instruire, les missionnaires répondirent en conciliant le respect dù à la vérité avec les intérêts de leurs fidèles. [ls ne nommèrent que des villages notoirement connus comme chrétiens, et indiquèrent seulement les vaisseaux français qui les avaient amenés.

Trois jours après, une ordonnance royale leur assigna pour demeure un côté du palais des ambassadeurs: chacun d'entre eux devait avoir six domestiques, recevoir chaque mois vingt ligatures et cinq mesures de riz, ce qui égalait à peu près les appointements des mandarins de second ordre ; ils avaient aussi la permission de sortir. Ensuite on exigea d'eux quelques travaux littéraires. Minh-mang avait un goût prononcé pour la géographie, il avait fait venir d'Europe un grand nombre de cartes nouvellement publiées, dont il demanda la traduction ; il voulut également l'explication d'estampes et de gravures.

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Au milieu de ces occupations si différentes de celles qu'ils désiraient, les prêtres de la Société ne perdaient pas de vue le but de leur vie.

Travaillant avec acharnement jusqu'à une heure avancée de la nuit, ils pouvaient contenter le roi et trouver pendant le jour quelques heures pour visiter leurs chrétiens.

Cette liberté leur fut bientot retirée ou du moins diminuée; ils durent demander une autorisation spéciale avant chacune de leurs sorties, et être toujours accoms pagnés de soldats,

Pour flatter les missionnaires ou pour voiler le coup qu'il voulait leur porter, Minh-mang leur fit remettre des diplômes de mandarin avec le titre officiel d'interprète royal. Un des principaux officiers du palais, suivi d'une nombreuse escorte, leur apporta ces diplômes et les leur présenta solennellement,

Les captifs résolurent de démasquer les secrètes menées du souverain, Gagelin, qui parlait la langue annamite avec une très grande facilité, porta la parole et refusa les dons du roi, Lui-même a raconté cette curieuse scène, qui jeta les mandarins dans l'étonnement et apprit à Minh-mang la courageuse volonté des hommes qu'il voulait briser ou séduire! :

«Je parlai énergiquement au mandarin chargé de nous offrir les prétendues grâces du roi; je lui représentai ce que nous étions venus faire ici, combien la dignité de maitre de la religion chrétienne est au-dessus de celle de mandarin, et combien nous étions loin de renoncer à la prédication de l'Évangile, pour laquelle nous avions abandonné nos proches, notre patrie est foulé aux pieds tous les avantages temporels. J'ajoutai qu'au reste, nous étions prêts à rendre à sa Majesté

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