Vie du Vénérable Gagelin, p. 243, Jacquenet
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tous les services qui dépendraient de nous, et qui pourraient se concilier avec notre devoir. »
«Jamais harangue ne produisit un effet pareil ; l'étonnement était sur tous les visages: on ne comprenait pas que nous pussions décliner une dignité que convoite l'ambition de tant d’autres, une dignité offerte par le roi lui-même.
«Le mandarin voulut se tirer d'affaire en recourant à la ruse. Il nous mit de force les patentes en main, disant : « Recevez toujours, vous ferez ensuite vos réclamations. » On ne put du moins nous contraindre de remplir les formalités requises dans l'acceptation d'une semblable dignité. Ces formalités consistent à emporter solennellement les patentes dans une riche cassette, couverte d'un grand parasol, puis à les déposer dans une niche dorée, devant laquelle on se prosterne ensuite Jusqu'à terre, pour révérer la puissance impériale.
« Nous étions missionnaires, et la dernière cérémonie surtout ne nous convenait pas.
«On nous avait fait toucher de force les patentes, et on ne pouvait pas dire que nous eussions accepté. Cependant, pour prévenir toute supercherie, nous protesâmes publiquement en réservant notre liberté entière. Là-dessus, l'assemblée se sépara, émue d’une conduite
à laquelle personne ne concevait rien. Le roi, informé de ce qui s'était passé, voulut nous ôter les moyens de réclamer, et fit partir, dès le lendemain, le mandarin qui nous avait présenté ses dangereuses faveurs. »
Sans s'embarrasser de cette ruse, les captifs lui adressèrent directement une pétition, et le supplièrent de ne point les contraindre à accepter une dignité dont les obligations étaient incompatibles avec leur devoir, et
dont ils n'avaient nul besoin pour être prêts à l'obliger. La requête demeura sans réponse, mais le silence