‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 224 sur 248 · Du diocèse de Chambéry, parti en · texte numérisé non relu

Du diocèse de Chambéry, parti en

vénérait point comme des ministres de Jésus-Christ. puisque, hélas! on n'avait pas encore le bonheur de croire en lui; mais, comme des hommes savants, vertueux, et portant en nous quelque chose d’extraordinaire. »

Devenus amis de leurs gardiens, ils les prièrent de les laisser sortir seuls, au moins les dimanches et les fêtes, afin d'aller dire la messe dans les paroisses voisines. L'autorisation fut accordée moyennant quelque argent donné par les fidèles, et l’on vit pendant la nuit de Noël, quatre soldats monter diligemment la garde à la porte de la prison de M. Gagelin, qui célébrait alors la messe dans deux églises proches de la capitale.

Cependant, cette captivité, même adoucie, leur pesait lourdement; ils en appelèrent à un de leurs amis, le vice-roi de la Basse-Cochinchine, le plus vaillant des capitaines de Gia-long, Le-van-duyêt, connu aussi sous le nom de Thuong-cong, qui toujours s'était montré bienveillant envers les catholiques, et que sa réputation de bravoure et d'intégrité rendait redoutable à Minhmang.

Les missionnaires lui écrivirent la conduite artificieuse du roi, l'état pitoyable des paroisses privées de leurs prêtres, et leur douleur de rester prisonniers et inutiles au milieu de tant de besoins.

L'âme honnête du vice-roi s'indigna des procédés du prince. « Quels crimest ont done commis les maitres français pour les persécuter ainsi? s'écria-t-il, C'en est fait du royaume... Les faveurs du roi sont prodiguées aux bonzes, mais les bonzes, qu'ont-ils fait pour le bien du pays? Le roi ne se rappelle pas les services des missionnaires qui nous donnaient du riz lorsque nous étions affamés, et de la toile lorsque nous étions nus.

l. Arch. M. É., Lettres du Vén. Gagelin.

ÉTÉ

»* Jésus-Christ, le bonheur de S savants, verse d’extraordi-

es prièrent de nanches et les paroisses voinnant quelque Jendant la nuit sent la garde à célébrait alors ‘apitale.

ie, leur pesait leurs amis, le is vaillant des nnu aussi sous s'était montré > sa réputation table à Minh-

onduite artifises privées de prisonniers el

s procédés du is les maitres t-il, C'en est nt prodiguées our le bien du ices des mislorsque nous is étions nus.

C'est donc par l'ingratitude qu'il entend payer leurs bienfaits. J'irai moi-même à Hué, et je lui parlerai. »

Afin de donner plus de poids à ses observations, il eut soin de choisir dans la correspondance de Gia-long et de Mgr d’Adran les lettres qui mentionnaient les services rendus au prince par le prélat. Il en fit tirer des copies, et, muni de ces pièces de conviction, il arriva à Hué en décembre 1827, et plaida hardiment la cause des maitres européens.

Les missionnaires, instruits de tout ce qui était tenté en leur faveur, nous ont conservé quelques-unes des fermes paroles du vice-roi de la Basse-Cochinchine à son souverain :

« Comment! nous persécuterions les maitres européens, dont nous avons, actuellement encore, le riz entre les dents? Qui done à aidé le feu roi à recouvrer ce royaume? Îl parait que Votre Majesté à bien envie de le perdre de nouveau. Les Tay-son ont perséceuté la reliion et ils ont été détrônés: le roi de Pégu vient de perdre la couronne pour avoir chassé les prêtres. C’en est fait du royaume, puisque le roi ne se rappelle plus les services des missionnaires. Est-ce que le tombeau du grand maitre Pierre 1 n'est pas encore au milieu de nous? Non, tant que je vivrai, le roi ne fera pas cela ; que Votre Majesté fasse ce qu'elle voudra après ma mort. »

Devant ce langage si vrai dans sa sévérité, Minh-mang n'osa poursuivre la campagne commencée: et, après quelques tergiversations, il laissa partir les missionnaires, mais il n'oublia pas leur libérateur, et en 1832, il se vengea en faisant profaner son tombeau.

Page 1