Dans les livres de Confucius
rieurs, qu’ils soient mandarins, soldats ou peuple, de manière qu'ils se corrigent et abandonnent la religion perverse :
«2° De s'informer exactement de l'emplacement des églises et des maisons de religion dans lesquelles les maitres réunissent le peuple, et de détruire tous ces édifices sans délai
«3° D'arrêter les maitres de religion, mais en avant soin d'user plutôt de ruse que de violence ; les m'ütres européens, il faut les envoyer promptement à la Capitale, sous prétexte d'être employés par nous à traduire les lettres; les maitres du pays, vous les retieudrez au chef-lieu de vos provinces, et vous les garderez strictement, de peur qu'ils ne s'échappent ou n'aient des communications secrètes avec le peuple, ce qui maintiendrait celui-ci dans son erreur.
« Vous, préfets et gouverneurs de province, conformez-vous à notre volonté; surtout agissez avec précaution et prudence, et veillez à n’exciter aucun trouble.
C'est ainsi que vous vous rendrez dignes de notre confiance.
«Nous défendons de publier cet édit, de peur que la publication n'amène des troubles. Dès qu'il vous sera parvenu, vous seuls devez en prendre connaissance. Obéissez. »
La Société des Missions-Étrangères allait descendre dans l’arène, et ses prêtres, marchant sur les glorieuses traces de Mgr Dufresse, couronner leur front de l'auréole des martyrs.
Le premier témoin de Jésus-Christ fut 'François-Isidore Gagelin, né en 1799 à Montperreux, en Franche-Comté; ilavait accompli ses premiers travaux en Basse-Cochinchine, avait entamé quelques conversions parmi la population malaise de Chau-doc, et franchi la
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D'un zèle un peu austère
, d'une humilité qui ne cachait qu'incomplétement
Son énergie native, d'une gravité calme que n'éclairait aucune saillie, que ne traversait aucun trait de vivacité ou de joie intempér été bien caractérisé par cette appr amis, « L'ensemble de la conduite de M. Gagelin me frappe plus que tous les mots heureux, que toutes les sentences qui seraient sorties de sa bouche. »
[ était alors provicaire de Mgr 1 paroisses des provinces du Phu-ve eut la douleur d'apprendr sécution, de malheure
ante, il à ‘éciation d'un de ses
‘aberd et chargé des net du Binh-dinh. Il e que, dès le début de la perux chrétiens avaient foulé aux pieds. L'apostasie n’était Le minorité, et encore n’était-elle bouche: car, au fond du cœur, 1 ver, les malheureux g Néanmoins, cette {
la croix fait que d’une infime qu'une apostasie de : : Ë avenir le devait prou ardaient leur foi pleine et entière, aute jeta le missionnaire dans la
Consternation : et comme be
aucoup d'autres cœurs hér oïques, comme de Martiliat, de Saint-Martin, Dufresse, il espéra arrêter où calmer la persécution en se livrant,
[se remit donc entre Binh-dinh?,
Heureux de cette capture e
les mains d’un sous-préfet du
t désireux de grandir son nom ef ses services, le mandarin se £arda de dire que le missionnaire était venu le trouver, Il fit sonner bien haut l'habileté qu'il avait déployée pour s'emparer d'un malfaiteur si dangereux.
Conduit d’abord à la préfecture, M. Gagelin fut ensuite, par ordre du roi, transféré à la capitale,
La dernière fois qu’il était venu dans cette ville, on lui
LU avait demandé et obtenu de son évêque ln permission de se livrer.
2,Le sous-préfet de f
ong-son, Les 52 Serviteures de Dieu, t,1, p. 35.
avait donné un appartement au palais des ambassadeurs. des serviteurs, de l'argent, même le titre de mandarin qu'il avait refusé. Les temps étaient changés, on le jeta en prison.
Semblables aux cachots siamois ou chinois, les prisons annamites sont de ténébreux et affreux réduits peuplés de malheureux, hâves, déguenillés, couverts de vermine, mal nourris, chargés pendant le jour d’une ‘angue et de ceps pendant la nuit,
Le nouveau captif resta sept semaines dans cet infect cachot, menant une vie de prière et de recueillement.
Pendant cet intervalle, il n'eut à subir aucun interrogatoire; le fait est exceptionnel, mais facilement explicable,
Minh-mang, qui avait été témoin de la cour: geuse attitude du confesseur en 1827 et en 1828, savait pertinemment que celui-ci ne renoncerait pas à sa foi, et de plus ayant donné des ordres secrets contre les missionnaires, il ne voulait pas trop vite dévoiler ses cruels desseins. Inaugurant la persécution sanglante contre ceux
à qui son père avait dû le trône, il n'était pas sans se demander l'impression qu'elle produiraitet préférait mettre les chrétiens et même les païens bienveillants en face du fait accompli. La détention de l'apôtre fut adoucie par de nombreuses visites que lui fit M. Jaccard, Mais le 11 octobre, les deux missionnaires eurent défense de se voir; la mort de Gagelin était résolue ; elle venait d'être précédée par le martyre d'un prêtre indigène du Tonkin. Pierre Tuy, arrèté le 25 juin de cettemèême année, dans un village païen où il avait été administrer un malade: il avait refusé de sauver sa vie en déclarant qu'il était médecin, et, malgré la bienveillance des mandarins qui avaient écrit sur Jui un rapport favorable, Minh-mans avait porté contre luiune sentence apitale. Cette condannation annonçait celle du prêtre européen. Forcés d'o-
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béir aux ordres qui leséloignaient l'un de l'autre, Jaccard ctGagelineurent entre euxune correspondance fréquente. Du 12 au 17 octobre, ils échangèrent douze lettres, les premières courtes et brèvessontde simples billets comme on en envoie à ses meilleurs amis, lorsqu'on est brusquement frappé par une vive émotion; les dernières sont plus longues, plus calmes, avec cette gravité qu'impose la pensée de l'éternité qui s'approche.
Dès le 12 octobre, M. Jaccard prévint le captif du sort qui l'attendaitt :
«Je crois devoir vous annoncer sans détour, bienheureux confrère, que nous avons appris que vous êtes condamné à mort, pour être sorti du Dong-naï, où le roi vous avait permis de rester, afin d'aller dans diverses provinces, pour y prècher la religion. D'après ce que nous avons entendu, vous êtes condamné à mourir par la corde. J'espère que, si le bon Dieu vous accorde la grâce du martyre que vous êtes venu chercher si loin, vous n'oublierez pas votre pauvre confrère que vous laissez derrière vous. Mon plus grand regret est que je ne puisse aller vous voir. Je verrai si, avec de l'argent, Je pourrai pénétrer jusqu'à vous. Le roi n'a pas encore assigné le jour de votre exécution; si je puis le connaitre, Je ne manquerai pas de vous le faire savoir, »
Gagelin s'étonna de cette nouvelle qu'autour de lui ses gardes affirmaient être fausse. Il ne se crovait condamné qu'à l'exil. Le 13, Jaccard lui affirma une seconde fois qu'un jugement capital était porté contre lui.
Le lendemain, le futur martyr lui répondit par cette touchante lettre ? :