‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 228 sur 248 · NE RAP ER SPECTRE · texte numérisé non relu

NE RAP ER SPECTRE

persécution contre la religion chrétienne, dit-il, fut porté le 6 janvier 1833, et immédiatement mis à exécution. La révolte, dont les chefs étaient les anciens officiers du vice-roi de Saïgon, mort l'année précédente, et qui étaient tous païens, eut lieu le 6 Juillet suivant, et par conséquent six mois après l'édit de persécution.

(Je sais, disait Mgr Taberd, que le chef de la révolte usa de tous les moyens en son pouvoir pour engager les chrétiens à se joindre à son parti; mais je sais aussi qu'ils refusèrent, lui faisant observer que la religion de Jésus-Christ, qu'ils professaient, leur imposait le devoir d’être fidèles et soumis au souverain légitime; et ne leur permettait aucunement de prendre part à la révolte.

Mais lorsque le chef de la rébellion fut en possession

pleine et entière du pouvoir, alors seulement les chrétiens ‘furent obligés de se soumettre à son autorité, comme tous les autres habitants. Comment auraient-ils pu résister à la force? »

€ Quantà moi, conclut en terminant l'évêque, ayant été averti secrètement, en février 1833, que sa Majesté cochinchinoise avait donné des ordres d'arrêter tous les missionnaires, et moi en particulier, comme leur chef, et de nous conduire à Hué, la capitale du royaume, je crus expédient de suivre le conseil du divin Maitre : « Lorsqu'on vous poursuivra dans un endroit, fuyez dans un autre. » Je m'enfuis donc avec les missionnaires, mes Compagnons, dans le royaume de Siam, d'où, grâce à Dieu, j'ai eu aussi le bonheur de m'échapper, pour me réfugier sous la protection d’un gouvernement généreux et libre, en attendant le moment où il plaira à la Providence de m'ouvrir une voie, pour aller rejoindre et consoler mes pauvres ouailles. »

À Hué, M. Jaccard et le P, Odorico ne tenaient pas un autre langage. Minh-mang leur fit présenter par un mandarin une lettre préparée d'avance dans le conseil

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Moyennant cette complaisance, il promettait vaguement l'amnistie aux fidèles et la liberté aux prêtres. Ceux-ci prirent plusieurs heures de réflexion, motivées par la teneur de la lettre, où se mélaient des déclarations vraies et fausses, et par l'accusation de rébellion qu'elle contenait contre les chrétiens. La signer n'était- CE Pas reconnaitre qu'il y avait des rebelles parmi les ‘atholiques, même qu'il y en avait beaucoup? Or, le fait était absolument faux: et puis la promesse de pardon n était accompagnée d'aucun témoignage de la parole royale.

Les mandarins n'étaient pas hommes à s'arrêter devant ces obstacles. Ils écartèrent le Premier, en disant que la lettre étant seulement adressée aux chrétiens rebelles, elle serait sans objet, si tous étaient fidèles, et le second, en écrivant immédiatement au nom du roi "ne assurance positive de pardon.

Les captifsn'avaient qu'unemédiocre confiance en cette “arantie si facilement accordée; mais, dans la crainte de paraître de connivence avec les rebelles, ils donnérent leur signature. Cependant, toujours inquiet de l'emploi que Minh-mang comptait faire de cette pièce, M. Jaccard Pr'oposa aux mandarins d'écrire directement aux chrétiens. « Cette démarche, ajouta-t-il. conviendrait mieux aux missionnaires, que de signer un écrit dont ils ne sont pas les auteurst, »

Informé de cette proposition, le roi permit de composer cette lettre, se réservant de l'envoyer où non.

La lettre fut rédigée pendant la nuit et envoyée au Souverain le lendemain matin; le surlendemain, un Mandarin la rapporta en disant qu'elle ne plaisait pas à

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