‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 231 sur 248 · Sommaire, etc., p, 168, $ 26; p · texte numérisé non relu

Sommaire, etc., p, 168, $ 26; p

TÉ

t pris part à la avouer,

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* de la fumée,

se détournèrent pour respirer. Le prêtre leva les yeux au ciel, et, poussant un cri, s'affaissa sous l'excès de la douleur,

Les juges laissèrent leur victime se reposer environ une demi-heure, puis le président ordonna de lui appli: quer les tenailles rougies sur la cuisse droite.

Le missionnaire leva encore les yeux au ciel et s'affaissa de nouveau.

— Assez, murmura le mandarin, cet homme est un entèté ; laissons-le se reposer, une autre fois nous verrons. Mettez-le dans sa cage et reconduisez-le !.

Dans de nouvelles séances, qui n’eurent pas plus de succès, les mandarins essayèrent de s'appuyer sur de faux témoignages; ils interrogèrent le fils de Khoi, l'ancien chef des rebelles, et lui offrirent la liberté, s'il voulait affirmer que le prêtre européen avait pris part à la rébellion. Le prisonnier n'osa contredire les nombreux témoins qui avaient dit le contraire, il déclara l'innocence de M. Marchand, et raconta même les promesses par lesquelles on avait essayé de le gagner.

En face des preuves qui détruisaient leurs accusa-

tions, les magistrats se rejetèrent sur la qualité de prêtre et de prédicateur de l'Évangile, que M. Marchand n'’avait jamais niée, trop heureux de la pouvoir hautement proclamer.

— Tu prétends, lui dit le mandarin, n'avoir eu aucune part à la révolte! Eh bien, je ne le contesterai plus, du moins, tu ne nieras pas que tu es venu ici pour cause de religion, et tu sais que le roi l’a défendu strictement. Cette faute il faut que tu l’expies dans de justes supplices; cependant, tu peux éviter tout châtiment, à

1. Sommaire, etc., p. 171, $ 40-41; p. 174, S |d1-54; p. 178, $ 61-64 Relation du Vénérable Delamotte.

condition que tu renonces à ta religion et que tu marches sur la croix.

Le confesseur repoussa cette proposition avec horreur, protestant qu'il était prêt à tout souffrir, plutôt que de commettre un pareil crime 1, On lui jeta à la face les plus infâmes calomnies contre le catholicisme, les mêmes que nous trouvons sur les lèvres des juges qui condamnèrent les fidèles de la primitive Église, accusant les prêtres de pratiquer des maléfices, de faire de la sainte Eucharistie un pain enchanté, de séduire les femmes et les jeunes filles.

Le Vénérable confesseur réfuta ces calomnies, pondant par un exposé clair et précis de 1 chrétienne ?,

r'éa doctrine

Alors, désespérant de le vaincre sur ce nouveau ter- ‘ain, les mandarins portèrent leur Jugement, mais par une étrange impudence, ils accusèrent le catholicisme et M. Marchand des crimes que celui-ci avait réfutés avec tant d'éclat : « L'eau bénite des chrétièns est faite avec les yeux que les prêtres arrachent, et le pain donné aux chrétiens (Sainte Eucharistie) est fabriqué par des artifices magiques, etc., etc. » Ainsi, après avoir vainement essayé de convaincre le missionnaire de rébellion, on l'accuse de magie et de maléfices, afin d'excitez la haine contre lui et le mépris contre notre sainte religion ; on eut bien soin d'ajouter qu'il était prédicateur

de l'Évangile, crime digne de mort.

Cependant, le confesseur de la foi souffrait avec joie les injures dont on l'abreuvait, il songeait à Notre-Sei- Sneur qui avait bu jusqu’à la lie le calice de toutes les douleurs, il priait avec ferveur en attendant le jour du suprême sacrifice 3,

1. Sommaire, ete., P. 161,$ 3; p. 162, $ 6; p. 875, $ 12. 2, 14. etc., p. 166, $ 18; p. 168, $ 24; p. 172, $ 32. 3 {d. id

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à sentence capitale fut rendue ; elle était ainsi conçue

: « L'Européen Marchand, appelé ici Du, prédicateur de la religion chrétienne, aide de Khoi, à avoué qu'il avait demandé par lettres aux Anglais et aux Siamois de secourir les rebelles. Qu'il subisse le supplice de cent plaies!, »

Malgré les fausses allégations de ce décret, ceux qui connaissaient les sentiments du souverain, et ils étaient nombreux, ne pouvaient se Mméprendre sur la véritable cause de la condamnation ; Sachant, d'un côté, la haine de Minh-mang, et de l'autre, les réponses de M. Marchand devant les tribunaux, les témoignages rendus en s: faveur, les paroles si précises du fils de Khoi, prenaient que le missionnaire ét menten qualité de prêtre et de catholique ?,

ils comait condamné uniqueprédicateur de la foi Ce fut l'opinion générale, elle put encore s'appuyer sur une autre preuve, qui lui fut fournie quelques heures ‘4 vant le supplice,

Le 30 novembre, à cinq heures du matin, sept coups de canon réveillent les habitants de la Capitale et les appellent à l'horrible fête. On tire de sa cage M. Marchand et les quatre autres condamnés 3, et on les emmène entre deux haies de soldats. Le missionnaire était attaché sur un brancard, les reins ceints d'une mauvaise cotonnade, les Jambes écartées, lesbras étendus. intouré de sa cour, le roi attendait pour donner plus de rs, prenant la corde prêtre, le trainent devart le prince et

1. Sommaire, etc., p. 166, S$ 18; P. 168, $ 24; p, 172, $ 32. 2, 4 ete., p.178, $ 49: p. 115. $ 55.

3 L'un des cinq était mort.

le forcent à se prosterner cinq fois la face contre terre, Minn-mang laisse tomber un petit drapeau, c'était le signal du départ. Le confesseur et ses compagnons sont aussitôt ramenés au tribunal, et solidement attachés sur des brancards.

Mais pendant que les autres condamnés sont laissés en repos, M. Marchand est couduit au tribunal des supplices, de nouveau interrogé sur la religion chrétienne et torturé.

Au signal donné par le mandarin assis à l'intérieur du prétoire, deux bourreaux lui prennent fortement les jambes, qu'ils retiennert étendues et immobiles: cinq autres saisissent chacun une grosse pince rougie à blanc et serrent à einq endroits les cuisses et les jambes du patientt. On entend un cri de douleur arraché à la victime, « à Père! », et une fumée fétide s'élève des chairs brülées, sur lesquelles les fers sont maintenus jusqu’à ce qu'ils se refroidissent

Alors seulement, les bourreaux lâchent prise et courent replonger dans le feu leus tenailles pour la

. seconde question. Le mandarin criminel s'adresse à M. Marchand.

— Pourquoi, dans la religion chrétienne, arrache-t-on les yeux aux moribonds?

— C’est faux! jamais je n’ai vu faire pareille chose.

Suit une seconde torture, avec les mêmes circonstances de barbarie, et quand les fers sont froids, le magistrat demande :

— Pourquoi les futurs époux se présentent-ils devant le prêtre au pied de l'autel? !

Le missionnaire rassemble ses forces et répond :

— Les époux viennent faire reconnaitre et bénir leur

1. Sommaire, cte., p. 165, $ 44; p. 166,S 18. Relaion du Vénérable Delamotte.

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alliance par le prêtre, chrétiens.

On passe à une troisième torture, nouvelles blessures ajoutées maïdarin continue :

— Ne se commet-il pas des abominations dans vos festins ?

au milieu de l'assemblée des

qui imprime cinq aux dix premieres, Le

M. Marchand, d’une voix mourante, répond :

— Îl ne se fait aucune abomination parmi nous.

— Mais quel est donc ce pain enchanté, que vous distribuez à ceux qui se sont confessés, pour qu'ils tiennent si fort à leur religion ?

Le martyr épuisé n'a pas la force de parler, et de peur qu'il ne succombe avant d'arriver au lieu de l’exécution, les bourreaux s'arrêtent, mais dans ces derniers F interrogatoires et ces horribles supplices, ils viennent d'apporter un titre de plus à la glorification du prêtre de Jésus-Christ, et une nouvelle preuve de son innocence.

En effet, il n’est plus question de complot, de révolte ou de trahison, choses auxquelles, d’ailleurs, personne ne croyaitt, la religion seule est en jeu, l'interrogatoire porte sur des questions religieuses, les mêmes qui seront posées aux autres missionnaires martyrs, et c'est après des réponses éminemment sacerdotales que les tortures sont infligées. Il n'y à plus à cette heure qu'un juge qui accuse le catholicisme, qu'un prêtre qui le défend, et pendant ce temps, on laisse les autres condamnés, sans leur poser de questions, sans les soumettre à de nouvelles tortures.

Lorsque cette scène émouvante et terrible fut terminée, on servit, suivant l'usage, un repas aux condamnés : le juge appela un de ses domestiques et lui dit :

1. Sommaire, ete., p. 173, $ 495 p. 175, $ 55; p. 179, & 57; p. 186, | $ 92,

— Demandez à M. l'Européen ce qu'il veut manger.

— Merci, répondit M. Marchand, je ne mangeraï plus rien.

Et il resta plongé dans un profond recueillement.

Après le repas, le nissionnaire fut de nouveau bâillonné, ce que l’on fit en lui mettant un caillou dans la bouche et par-dessus un frein en bambou solidement assujetti, il fut encore dépouillé de ses vêtements, ceint d'une mauvaise cotonnade, attaché à une croix, les bras étendus, les Jambes écartées, et replacé sur le brancard !.

On se dirigea, au pas de course, vers le champ d'exécution. Afin, sans doute, de terrifier davantage les fidèles, l'endroit choisi pour la mort du missionnaire était la chrétienté de Tho-duc, qui déjà avait été le théâtre de plusieurs martyres.

L'escorte arrivée, les croix sont fixées en terre sur une seule ligne; quatre hommes entourent M. Marchand, l'un saisit des tenailles, l’autre tient en main un large coutelas, le troisième se prépare à compter les plaies et le quatrième à inscrire les chiffres de cette sanglante addition?.

Dès que le signal de commencer l'exécution est donné, les bourreaux déchirent d’abord la peau des sourcils et la rabattent sur les yeux, puis, avec leurs tenailles, ils saisissent les chairs de la poitrine, les coupent d’un seul coup et jettent àterre deux lambeaux sanglants d'un demi-pied de long; un catéchiste qui s'était placé en face du patient, ne lui voit faire aucun mouvement ; les bourreaux le saisissent ensuite par derrière et lui enlèvent deux morceaux de chair; la sainte victime s'agite et lève les yeux au ciel, comme pour demander la force d'En-

. Sommaire, etc., p. 181, $ 71.

Id. p. 184, $ 71.

Id. p. 165, 8 17; p. 166, $ 19; p. 180, $ 71.

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L veut manger.

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Haut; les exécuteurs descendent au gras des jambes, et deux nouveaux lambeaux tombent, À ce moment, la nature épuisée Succombe, la tête du prêtre s'incline sur Sa poitrine, un léger soupir s’exhale de ses lèv âme était dans les cieux 1, Dès que le missionnaire eut e en quatre et porté à la mer; sa tête, promenée dans les provinces, fut exposée pendant trois Jours sur ] parts des principales villes: elle à la Capitale, broyée, et 1 Telle fut la fin du second martyr de ] Missions-Étrangères sur la terre annamite.

Il fut déclaré vénérable Par Grégoire XVI, par décret du 19 juin 1840, La persécution continuera en Cochinchine, elle s'étendra au Tonkin. D'autr

es Missionnaires tomberont, la Société les remplacera immédiatement, c

s’accomplit maintenant avec plus de facilité: et déjà elle comble non seulement les vides faits par la mort, dans les contrées qu'elle évangélise depuis bientôt deux siècles, mais elle porte Ia foi catholique à d'autres Peuples et fait de nouvelles conquêtes.

res, son Xpiré, son corps fut fondu

es remfut ensuite rapportée à poussière jetée à la mer.

a Société des

ar sonrecrutement

En 1830, à Slam, Desc

havannes ? s'élanc nord du royaume, s'e

nfonçait dons les forê d’une peuplade laotienne, converti dèles,et, au moment de recevoir le fruit de ses prédicalions, était tué! par la fièvre des bois.

Le vieil évêque F lorens, entouré

ait vers le ts au milieu ssait quelques infi-

d’une jeunesse active

if Sommaire, etc., p. 169, $ 2. Du diocèse de Lyon.

et vigoureuse, recouvrait son ardeur de vingt ans. fl distribuait ses missionnaires au loin et en demandait d'autres.

« M. Bouchot doit aller visiter les Nias, écrivait-il. I y a près des Nias, sur la côte occidentale de Sumatra, une autre nation qu'il se propose de visiter. On pourrait aussi faire du bien à Achem, à Ligor et dans le Laos, »

L'apostolat chez les Nias ne fut pas confié à Boucho, mais à un missionnaire nouvellement arrivé d'Europe, Vallon?, qui séjourna trois mois seulement parmi les sauvages, baptisa trois enfants en danger de mort et mourut vers le milieu de l’année 1832.

En apprenant la mort du jeune apôtre, Jean-Laurent Bérard$ qui était à Padang (Sumatra) accourut pour le remplacer; mais, le troisième jour après son arrivée, il succomba à son tour. Fut-il emporté par les redoutables fièvres de l’île, ou, comme on le soupconne, empoisonné par les musulmans? C'est un problème que personne n'a pu résoudre.

Suprièst et Galabert5 allèrent prècher l'Évangile aux habitants de Nicobar dans le golfe du Bengale ; après une année de travaux et de souffrances, ils se virent contraints d'abandonner cette terre ingrate sans avoir converti un seul indigène .

La Propagande suivait attentivement les combats de la Société ; elle avait applaudi aux efforts des directeurs du Séminaire pour se procurer des ressources en hommes et en argent; elle avait encouragé la publication des Nouvelles Lettres édifiantes, elle avait lu et approuvé les nombreuses lettres de ses évêques et de

1. Du diocèse de Bayonne, parti en 1824, mort Vicaire apostolique de la presqu'ile de Malacca en 1871.

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