Nouvelles lettres édifiantes, vol. 5, p
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mêmes les matériaux, et de faire le gros de l'ouvrage, Deux jours de la semaine, les études étoient interrompues pour aller au désert couper et dégrossir les bois, d'où il falloit ensuite les trainer où les porter à travers les marais, jusqu’à une rivière où l'on venoit les chercher en bateau, »
Des disgrâces d'un autre genre attendaient les missionnaires que leur qualité d'étrangers et d'exilés rendait suspects aux autorités du pays. Vers la fin de 1767, un prince siamois passa par Hon-dat en se rendant au Cambodge. Le gouverneur de Ha-tien avait ordre de l'arréter, il le manqua; soupconnant les prêtres catholiques de lui avoir donné asile, et de l'avoir aidé à fuir, il les fit prendre par ses soldats, Le mandarin, chargé de cette arrestation, interrogea M, Artaud qui commenca par disculper ses deux confrères évidemment innocents de la faute dont on les accusait, puisque l'un, Pigneau de Behaine, ignorait la langue siamoise et que l'autre, Jacques Tchang, habitait le collège depuis quelques jours seulement. Quant à lui, Artaud, il avait refusé de recevoir le prince au séminaire, et n’avait pas même consenti à avoir avec lui un entretien, afin de ne pas offenser le gouverneur, Malgré ces raisons péremptoires, les missionnaires furent emmenés au tribunal, etles mandarins, chargés d’instruire l'affaire, les firent comparaitre à dix heures et demie du soir, Après un long et solennel préambule, le premier juge leur dit :
« Toutes les informations ont été prises,
nous sommes sûrs de votre faute, vous n'avez plus qu'à l'avouer. — Notre religion, répondit Artaud, défend le plus petit mensonge. Sachez que toutes les richesses du gouverneur, tous les tourments imaginables ne sont pas capables de m'en faire dire un seul, C'est le Dieu que J'adore, le Dieu tout-puissant, qui me donne cet amour pour la vérité. Pour ce qui regarde le prince siamois, Je