‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 57 sur 248 · Lo · texte numérisé non relu

Lo

PE Ar

ins la proets porta cLinchine \ nord-est.

ses élèves à la direcrt, quatre

nte (1778) *s tuèrent e, Massaeligieuses

, Nguvên- “ables sur e-Cochinr la recontil se fixa , non loin

relations iens avec exercices et tantôt il lui renpparat sur ces deux eurs et les an voulait s détrôné,

de la couronne temporelle qui chancelait sur son front, par l'espérance d’une autre couronne plus précieuse et plus durable, à l'abri des révolutions et des défaites. Le prince, dompté par le malheur, écoutait-il avec confiance la parole évangélique ? il parait fort douteux que Nguyên-anh ait jamais eu l'intention sérieuse de se faire chrétien; mais dans ces conversations sur la religion, bien des préjugés tombaient, bien des ‘alomnies étaient mises à néant, et s’il ne se sentait pas la force d'embrasser la morale austère du christianisme, ilétait obligé d'avouer la sublimité de sa doctrine, et ne pouvait faire moins que d'accorder la liberté religieuse aux fidèles. Plusieurs grands mandarins de la cour fugitive reçurent le baptème et montrèrent à leur roi que les enfants de l'Église sont encore les sujets les plus fidèles et les soldats les plus dévoués,

Nous lisons, dans les mémoires du temps, que la messe se célébrait régulièrement, au palais, les dimanches et jours de fête, pour les officiers de la cour et les mandarins chrétiens. Le roi y assistait souvent, et écoutait avec attention les allocutions que l’évêque y faisait dans un style clair et très élégant, caril possédait à merveille toutes les délicatesses de la langue des lettrés 1, L'intimité de Mgr de Behaine avec Nguyên-anh excita chez ceux qui ne le connaissaient pas et préféraient blâmer plutôt que s'enquérir,' la crainte que le Vicaire apostolique n'oubliàt ses devoirs d'apôtre; on l'accusa même de s'occuper de guerre et de donner des conseils aux officiers sur l’art militaire. Un des missionnaires de Cochinchine, M. Liot, crut devoir répondre à cette accusation ? :

«La réputation et le crédit de Mgr d’Adran augmentent

1. Louvet, Cochinchine religieuse, t. 1, p. 401. 2. Arch. M.-É., vol, 33, p. 418,

de jour en jour, non pas comme on a fait courir le bruit qu'il enseigne la guerre; à la vérité, du temps du grand mandarin qui est mort, Sa Grandeur à quelquefois été consultée sur des choses qui touchaient d'assez près ce point, mais il a toujours évité de répondre, changeant la question, ou disant que, vivant retiré du monde, il ne s'en mêlait point surtout de ce qui regarde la guerre qui est contre son état de prêtre (c'est-à-dire personne retirée du monde qui fait pénitence), mais par ses conseils, il a sauvé la vie à bien des personnes que la justice voulait faire mourir, soulagé les autres dans leurs misères, souvent réconcilié le roi avec ses mandarins et les mandarins entre eux. Ce faux bruit vient de ce que le grand mandarin de Cochinchine, pour se vanter et donner du cœur aux autres mandarins et au peuple, publiait partout que Monseigneur, qui savait tout ce qu'on peut imaginer, était son maitre et que sous un tel maitre, il était bien sûr de défaire les révoltés du royaume. »

A une lettre des directeurs du Séminaire sur le même sujet, Mgr Pigneau de Behaine répondit lui-même en ces termes le 21 juillet 1781 ! :

: «Vous me rappelez les ordres de la Sacrée Congrégation, les instructions apostoliques et les articles de notre règlement, on vous aura sans doute écrit que j'en avais besoin, je ne m'’arrêterai pas à m'en excuser, car si j'étais capable d'oublier mon état jusqu’à ce point, je n'aurais pas grand scrupule de le nier, quoique cela fût véritablement.

« Je vous dirai seulement que beaucoup de mandarins me visitent pour attraper quelque petit présent, que je vais chez le roi de dix à douze fois l’année pour entretenir son amitié, et que tous les ressorts de ma politique

Page 1