Arch. M.-É., vol. 33, p
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DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES 139 sont employés à éluder leurs demandes et surtout fuir leurs visites qui me sont très importunes,
«On désirerait, disent quelques-uns, que
nous fussions :achés, Je le désire bien autant qu'eux ;
mais le mal est que cela est impossible, J'ai avee moi un collège de 22 écoliers, sans compter mes domestiques et ceux des missionnaires, comment sans protection conserver tout cela dans un pays où sans exception tout le monde est pris pour soldat? parmi les mandarins du 1er, 2e et 3e ordre, il y a des chrétiens, et connus comme tels, comment, sans apparence de mystère, cacher les prêtres dans un temps de guerre où la moindre chose fait ombrage? »
L'accusation n'eut pas d'autre effet pour le moment, mais nous la verrons se reproduire avec plus de force, et heureusement sans plus de fondement.
Déjà habitué aux vicissitudes des jugements humains, l'évêque ne s'en inquiéta pas outre mesure et continua de travailler au salut des infidèles, et à la grande œuvre nécessaire à la solidité de l'Église dont il était le chef : le clergé indigène.
Le séminaire qu'il avait près de lui, à Tan-trieu, ne pouvait évidemment suffire au recrutement de ce clergé, il en fit établir un autre dans le Quang-tri à Di-loan, et y plaça en qualité de premier supérieur Jacques Loncer, le futur Vicaire apostolique du Tonkin occidental.
L'établissement fut ensuite transféré à An-ninh,
À peu près inconnu pendant un siècle, le nom du séminaire d'An-ninh a retenti tont d'un coup dans le monde entier, lorsque, en 1885, au plus fort de la guerre de la France en Annam, ses professeurs et ses élèves, secondés par les chrétiens des paroisses voisines, goutinrent pendant deux mois un siège héroïque 2.