‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 6 sur 248 · MISSI · texte numérisé non relu

MISSI

: le concours ÆMnépriscrois toutes Les offres les plus avantageuses qu'on

nfaiteur des Mme pourroit faire, comme j'ai fait Jusqu'icy : et c'est à quoy vous devés travailler conjointement avec les habi-

ont des reje- Hans, c'est-à-dire à obtenir du gouvernement une per-

u xx siècle, mission de vivre parmy vous, que j'accepteray sous telle

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tie des Aca- chement; vous pouvès tous en général et en particulier ais, Girard fit "répondre de moy et de mes démarches: et j'espère que lots, au nom- "ma conduite fera voir que les idées qu'on à eues sur mon ne dut son "4 ecueillit dans Miquel a été le sujet de ma détention, » atre jours et Maillard fut le seul missionnaire dent les Anglais toleenfin, à demi Brèrent la présence dans la Nouvelle-Ecosse, ; De même que ses collaborateurs, il avait été tout l,tandis qu’il M l'abord emprisonné, mais il ne tarda pas à faire tomber our porter les bien des préjugés autour de lui, par l'intérêt qui s'attasés dans les “Michait à sa personne, à sa science et à ses hautes qualités. 1rs tourments "MI finit par acquérir l'estime générale, et les meilleurs navire qui le 4 sprits :e recherchèrent, Il se servit de cette influence pour rendre son ministère utile,

compte étoient mal fondées; au reste, j'ignore toujours

: souvent ses 4 D'Halifax, il correspondit avec des groupes d'Acadiens cet qu'il dési- Let leur écrivit des lettres vraiment apostoliques, que t à quelques es fidèles lurent dans les assemblées « avee un respect

s sentiments Mi ui rappelait celui des chrétiens lorsqu'ils écoutaient les Æpitres de l'apôtre saint Paul. »

voyois jour à 4 Dans une de ces lettres, adressée à Louis Robichaud,

enemént: je æxcellent catholique à qui il avait confié la direction de

“ha paroisse de Salem, il disait 1 :

= « Je ne manque point cetie occasion pour vous faire an, dont la vie « ier apôtre.

* l'Acadie, p. 145.

‘à 1 Un pèlerinage «u Days d'Evangéline, p. 396-397, ‘à MISSIONS-ÉTRANGÈRES, — IL. 9

savoir combien je désirerais être à proximité de vous et de tous les autres catholiques, dispersés çà et là dans les contrées de Boston et ailleurs, pour votre consolation à tous et pour la mienne. Mais il convient que nous ne vivions plus que résignés entièrement à la volonté du Seigneur, en nous soumettant de bon cœur à tout ce qu'il lui plaira faire de nous.

«J'approuve volontiers que vousreceviez le consentement mutuel exprimé par la parole des parents de ceux et de celles qui veulent s'unir en mariage. Mais faites cela en présence de témoins requis à cette fin.

« Je sais que tout cela vous donnera des misères, cependant vous n’en serez que mieux devant Dieu qui, un jour à venir, y aura égard, si vous avez intention de servir le prochain et de m'aider en même temps pour l'amour de lui.

« Comme nous avons ici une grande liberté pour vaquer aux fonctions de notre sainte religion dans notre oratoire de la grande batterie d'Halifax, nous avons par conséquent la consolation de conserver le Saint Sacrement devant lequel nous entretenons jour et nuit un luminaire. Et pour le pouvoir faire longtemps, j'écris à tous nos frères de Chignectou, de Pisiquid, de Louisbourg et d'ailleurs, qu‘iis aient à se joindre à nous pour cette dépense, et qu'ils prouvent par là qu’ils nous sont unis pour ne faire tous ensemble qu'un seul et même corps en Jésus-Christ, qui est notre

chef.

«Mais remarquez qu'en cela je ne r'adresse qu'à ceux qui sont pénétrés de la vérité de ‘e sranu et redoutable

mystère. Je laisse à part les indifférents. Remarquez en outre que je ne demande pas des sommes, mais seulement qu’un chacun fournisse selon ses facultés. Un liard donné d’un bon cœur à cette intention vaut une pistole celui qui ne peut faire plus.

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« Proposez, S'il vous plait, cet article dans votre assemblée de prières au saint jour du dimanche.

« Vous rendrez ainsi hommage au temple du Seigneur où se célébreront tous les jours les saints mystères auxquels vous avez part, puisqu'aussi bien que nous, vous

êtes membres de l'Eglise catholique,

« J'ai soin, tous les dimanches, de vous avoir présents en esprit, et de vous regarder alors comme joints à nous dans l’action du saint sacrifice, J'en fais mention expresse en présence de tout le peuple fidèle qui m'entoure. Faites de même dans vos prières communes,

« Faites bien mes compliments à votre épouse, à votre sœur Nanniche et à toute votre famille, aussi bien qu'à tous ceux qui ne m'ont pas encore oublié, »

À Halifax, 17 septembre 1762,

Le gouverneur d'Halifax n'hésita pas à recourir à l'autorité de M. Maillard dans une circonstance difficile.

[rrités du traitement barbare infligé aux Acadiens et à leurs prêtres qui avaient été leurs propres missionnaires, les Mikmacks les vengeaient en massacrant impitoyablement les Anglais qui tombaient entre leurs mains. Accoutumés à parcourir les forêts de la Nouvelle-Écosse en connaissant les sentiers les plus secrets, ils échappaient à toutes les recherches et à toutes les poursuites de la garnison; les choses en arrivèrent à ce point que les habitants d'Halifax n'ostrent plus franchir les remparts de leur ville, Maillard n'eut qu'un mot à dire aux sauvages pour mettre un terme à leurs représailles. Reconnaissant de ce service, le gouverneur lui accorda une pension de 200 livres sterling et lui fit bâtir une église où les sauvages et les Acadiens eurent toute liberté de venir pratiquer leurs devoirs religieux.

Le missionnaire vécut encore plusieurs années à Ha-

lifax. À ses derniers moments, il reeut la visite d’un ministre protestant qui lui offrit de le disposer à bien mourir, En entendant cette parole, le vieillard se releva sur sa couche funèbre, et, rassemblant ses dernières forces, il prononça d'une voix douce et lente cette réponse profondément sacerdotale :

«J'ai servi Dieu toute ma vie, et chaque jour je me suis préparé à la mort en offrant le saint sacrifice de la messe. » Quelques heures après, il explra (1768).

Les protestants firent au prêtre catholique de splendides funérailles auxquelles assistèrent tous les habitants d'Halifax et de nombreux officiers et soldats de la garnison.

Avec Maillard disparaissait le dernier missionnaire soutenu ou envoyé en Acadie par le Séminaire des Missions-Étrangères de Paris : le premier, M. Thury, prêtre du séminaire de Québec, y était venu en 1684.

C'était donc une période de 84 ans pendant laquelle, soit directement par ses prêtres, soit indirectement par ceux de Québec auxquels elle avait fourni des secours, la Société avait eu à s'occuper de cette contrée; l’étranger protestant l’en exilait de même qu'il la chassait du Canada. Cette autre phase de son histoire se rattache comme la précédente à l'histoire coloniale de la France.

Maitres absolus de l’Acadie, les Anglais s'étaient préparés immédiatement à conquérir le Can»da qu'ils avaient déjà si souvent attaqué. Le gouvernement franais ne fit pas plus pour ce second pays que pour le premier.

M. de Tocqueville à dit quelque part :

« Si vous voulez bien connaître le faible d'un gouver-

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nement, étudiez-le dans ses colonies. Là, les défauts apparaissent grossis, comme si on les voyait à travers un microscope, »

Jamais parole ne fut plus vraie,

Sous Louis XV, la France était au pillage par les favorites et par les courtisans dont le nombre grandissait sans cesse,

L'Amérique présentait le même Spectacle dans un ‘our plus éclatant, M. Desenclaves s'en désolait, et dans une lettre à l'évêque de Québec, il exhalait ses plaintes contre la corruption de l'administration franetuse, «contre cette foule de petits gentilshommes, qui ne subsistent que par les bienfaits de sa Majesté très chrétienne, ne pensent qu'à faire leur bourse aux dépens du public et des particuliers, ne voulant pas faire un Pas pour défendre une place dont la prise entrainer: après elle jes plus belles espérances de la France. et la désolation d'environ seize cents tamilles, par la perte des biens, de la liberté et même de la vie pour le plus grand nombre... »

Les historiens ont parlé comme l'abbé Desenclaves, et ils ont ajouté des raisons. qui font pénétrer plus profondément encore dans l'état du Canada : la faiblesse du Souverneur, les luttes des officiers de l'armée de terre contre les officiers des troupes de la colonie et ceux de la milice, la formation de deux partis se haïssant et se déchirant, la difficulté de faire la guerre dans un pays immense, sans routes, partout couvert de bois, et avec si peu de forces.

Pour comble de malheur, de graves complications survinrent en Europe. Afin de sortir victorieuse de la lutte qu'elle soutenait en Amérique contre l'Angleterre, la France n'aurait pas dû compliquer cette expédition d'outre-mer d’une £&ucrre continentale, Louis XV, sous l'influence de la marquise de Pompadour, suivit une

ligne de conduite différente; il s'allia avec l'Autriche contre la Prusse et prit part à la guerre de Sept Ans, quoique notre pays n y eût aucun intérêt. La guerre continentale absorba bientôt toutes les ressources du gouvernement français, et la guerre d'Amérique, qui nous eût été profitable, fut non seulement négligée, mais regardée comme un obstacle.

En France, personne à peu près ne s'inquiétait de la déplorable orientation de cette politique. On ne comprenait pas l'importance de ce qui se passait au delà des mers, on ne voyait pas les conséquences de la victoire qu'on abandonnait à l'Angleterre. Perdre l'Amérique, c'était pour la France, passer au second rang des nations colenisatrices, et livrer à la race anglaise le Nouveau- Monde tout entier.

Voltaire, dont la parole faisait malheureusement trop souvent loi, écrivait à M. de Moncrif le 27 mars 1757 : « On plaint ce pauvre genre humain qui s'égorge dans notre continent à propos de quelques arpents de glace au Canada, »

La guerre d'Amérique était au contraire populaire dans la Grande-Bretagne qui en devinait les résultats futurs, si évidents aujourd’hui.

Le gouvernement envoyait ses meilleures troupes, les négociants ne craignaient pas d'engager leurs capitaux, les philosophes étaient de l'avis du gouvernement des négociants et du peuple. Hume, blâämant Gibbon d'écrire en français : «Les Révolutions de la Suisse », disait : « Laissez, laissez les Français triompher de ec que leur langue est maintenant répandue partout. Nos

solides établissements d'Amérique qui croissent sans cesse promettent à la langue anglaise bien pius de stabilité et de durée. »

La peste et la famine augmentèrent encore les ravages 5

de la guerre au Canada. Au mois de mars 1757, il fallut

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réduire les habitants de Québec à quatre onces de pain par jour. Le séminaire fit d'énormes sacrifices pour nourrir ses élèves jusqu'aux vacances durant lesquelles il les renvoya chez leurs parents.

Le 28 septembre, il délibéra s'il serait possible de rouvrir le pensionnat, mais la mauvaise apparence de la récolte obligea de suivre le conseil de l'évêque, en suspendant les fondations et en se bornant aux ecclésiastiques jusqu'à l’arrivée des secours de France, car on avait demandé inutilement à l'intendant Bigot des provisions de farine,

L'année suivante, on résolut, malgré la disette et la cherté des vivres, de recevoir vingt des pensionnaires les plus pauvres, incapables de continuer leurs travaux hors du séminaire.

On les choisit dans les deux classes les plus élevées, la seconde et la philosophie, parce que l'interruption prolongée de leurs études offrait plus d'inconvénients, et on les garda jusqu’au commencement du siège de Québec.

Pendant ce temps, les Français se battaient partout avec courage, mais le courage est trop souvent inutile sans l'esprit de conduite, sans la constante application aux affaires. Les victoires de la Belle-Rivière, de Choursen, dé William-Henry retardèrent les Anglais sans les arrêter, puisqu'ils prirent Louisbourg, détruisirent le fort Frontenac et oceupèrent la vallée de l'Ohio: la victoire de Carillon n'eut pas de résultat plus efficace.

I était évident que le Canada était à la veille de suecomber, les directeurs du Séminaire de Paris, qui suivalent avec une inquiétude croissante la marche des événements, donnaient aux directeurs de Québec les conseils d'une sage prévoyance :

«Nous ne saurions trop vous recommander, leur disaient-ils, dans une lettre du 16 février 1759, de veiller

avec zèle sur l'œuvre que la divine Providence nous à confiée. Vous savez comme nous que c'est de là principalement que dépend le bien qui se fait dans le diocèse. »

Ces paroles empreintes d'une sorte de solennité devaient être les dernières que la maison de Paris adresserait à celle de Québec, en qualité de mère et de supérieure. Le sort de la guerre allait bientôt rompre des liens confirmés par une existence de près d’un siècle.

Le siège de Québec commença le 25 juin 1759; durant la nuit du 12 au 13 juillet, une batterie élevée sur les hauteurs de la Pointe-Lévy commença à bombarder la ville.

En un mois, les plus belles maisons et la cathédrale devinrent la proie des flammes. La basse ville fut incendiée pendant la nuit du 8 au 9 août.

«Le séminaire, exposé au feu de l'ennemi, fut criblé de boulets, et la quantité de ceux que l'on trouve encore pour peu que l'on creuse dans le jardin, doit faire juger du nombre considérable de projectiles que dut recevoir la ville entière 1. »

La bataille d'Abraham qui coûta la vie à Montcalm et à Wolf amena la reddition de Québec. L'année suivante, Montréal capitula malgré les efforts du chevalier de Levis qui voulait « défendre le pays pied à pied, et se battre jusqu'à extinction ».

Le Canada fut perdu pour la France ; Les Canadiens le regrettèrent-ils beaucoup? Au premier instant, oui, sans doute, mais depuis? Voici ce qu'écrivait dernièrement à ce sujet un Canadien de grande érudition, auquel l'Académie française à décerné une de ses plus belles récompenses :

« Ce n'est pas aux Canadiens à faire à Montcalm un

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