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reproche de sa défaite, car elle les a débar assés de leurs pires ennemis, les Bigot et les Louis XV. Les vainqueurs d'Abraham de qui ils n'attendaient que des chaines leur ont finalement apporté la liberté 1, »
L'article 6 de la capitulation de Québec du 18 septembre 1759 « assura le libre exercice de la religion romaine, promit sûreté aux personnes religieuses, et accorda à l'évèque le pouvoir d'exercer librement cet avec décence les fonctions de sa charge. »
L'article 35 de la capitulation de Montréa! octroya la même faveur avec cette clause particulière : « Si les chanoines, prêtres, missionnaires, les prêtres des Missions-Ét angères et de Saint-Sulpice ainsi que les Jésuites etles Récollets veulent passer en France, leur passage sera accordé sur les vaisseaux de sa Majesté Britannique ; et tous auront la liberté de vendre en total ou en partie les biens fonds et mobiliers qu'ils possèdent dans la colonie. Ils pourront emporter avec eux, ou faire passer en France le produit de quelque nature qu'il soit desdits biens vepdus. »
Sous sa forme assez bienveillante, cet article cachait le désir de voir les prêtres français quitter le Canada: en réalité, les Anglais ne voulaient que leur faciliter le moyen de partir, aussi se gardérent-ils bien de montrer la même condescendance pour les laisser conserver avec la France les relations qu'its avaient avant la conquête. Les directeurs du séminaire en eurent bientôt une preuve péremptoire.
Les six années de supériorité de M. Pessard étant écoulées, les directeurs de Paris, sur sa demande, nommérent son successeur. Leur choix tomba sur M. Maillard, le missionnaire d'Acadie dont nous avons parlé
1. Casgrain, Montcalm peint par lui-même, dans la Revue : Le Canada français. Juillet 1889, p. 347.
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plus haut, et, à son défaut, sur M. Gravé. A la réception de cette lettre, ies directeurs du séminaire de Québec, craignant d'exciter les soupçons du gouvernement et d'attirer quelque orage sur leur maison, résolurent de déclarer franchement l'autorité d'où émanait Le titre du nouveau supérieur :
« C'était, dit le cardinal Taschereaut, un acte de prudence et une marque de confiance dont le général Murray s'était rendu digne par la protection qu'il avait accordée au séminaire. M. Pressard alla donc informer le gouverneur qui, sans répondre sur le fond de la question, manda chez lui les directeurs et leur annonça qu'il ne souffrirait pas qu'on eût égard à cette nomination, non plus qu'à aucun ordre qui émanerait du Séminaire de Paris, jusqu'à ce que les affaires du Canada fussent définitivement réglées. Il ajouta qu'au reste il ne s'opposait pas à une élection faite par les directeurs de Québec, pourvu qu'ils ne nommassent pour supérieur aucun des deux sujets désignés par Paris. » L'ordre ne comportait guère de discussion; le même jour, 4 juillet, les directeurs élurent M. Urbain Boiret qui fut reconnu sans difficulté.
Poursuivant son plan de séparer de la France le clergé du Canada, le général Murray défendit également de faire venir des prêtres français pour gouverner le séminaire.
«Dans le fond, dit Mgr Taschereau?, résumant ainsi les travaux des Missions-Étrangères et la reconnaissance des Canadiens, ce n'était pas un malheur, les directeurs de Paris n'avaient jamais prétendu éterniser leur pouvoir dans le séminaire de Québec, ils l'avaient reconnu formellement en 1727. Et d'ailleurs un article du règlement les