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des infidèles, aussi jettent-ils feu et flamme ; on ne sau-
rait dire jusqu'où vont leurs recherches et leurs perquisitions,
« La plupart de nos gens ne trouvent où se réfugier : nos effets portés et rapportés à diflérentes reprises chez les chrétiens dépérissent, quelques-uns les ont brülés, d'autres les ont enterrés, et les fourmis blanches les ont rongés,
« Ici pauvreté sur pauvreté et toujours nouvelles misères sur nouvelles misères.
« Les religieuses Amantes de la Croix ont des croix plus qu'elles n'en peuvent porter, Les plus jeunes sont renvoyées chez leurs parents, les plus vieilles sont dispersées de côté et d'autre et cachées chez les chrétiens.
« Les chrétiens sont partout la victime des infidèles et des mandarins. Quarante-deux ont été faits prisonniers et conduits à la ville, ils viennent d’être exilés à perpétuité, ils perdent tous leurs biens, ils ont été mis à des amendes pécuniaires, et avec le fer rouge on leur
imprimé au front le caractère de religion portugaise, qu'ils appellent ici caractère infamant: d'autres sont encore retenus prisonniers à la ville, Nous avons fait de grandes dépenses pour obtenir leur liberté, mais nous avons perdu et peine et argent, car on dit qu'on se dispose à leur trancher la tête.
€ L'autorité publique s'obstine à faire faire par les chrétiens des libelles d'apostasie, à faire construire des idoles, temples d’idoles, pagodes, ete. on n'avait jamais vu Jusqu'ici, dans ce pays-ci, de persécution si furicuse,
« La tyrannie, l'injustice, l'impiété et le brigandage triomphent et dominent, La Justice est opprimée, et les bons sont écrasés, Daigne le Seigneur faire usage de Sa puissance, remédier à tant de désordres qui désolent
ce misérable pays et rétablir partout le bon ordre, la justice, l'équité, enfin sa sainte religion. »
L'évêque mourut sans voir des jours meilleurs. Son successeur, Mgr Davoust, revenu de France après l’obtention des Lettres patentes de Louis XVI, ne se laissa pas effrayer par les malheurs qu'il avait sous les yeux. Il recommanda la prudence et le calme à ses missionnaires Sérard, Le Breton, Le Roy, La Mothe, à ses prêtres indigènes, à ses catéchistes et chacun resta à son poste ou dans le voisinage.
Les Tay-son qui avaient abandonné le Tonkin, y rentrèrent et déployèrent une certaine rigueur contre les prédicateurs de l'Évangile et contre les chrétiens. Mgr Davoust à raconté plusieurs de ses alertes et de ses travaux dans des pages qui donnent bien la note de son caractère actif et vigoureux, de son imperturbable sang-froid, et mettent en pleine lumière les péripéties de l'existence apostolique :
«J'ai été menacé nombre de fois, depuis le commencement de cette année?, et le suis encore aujourd'hui. Comme je venais de faire l’ordination et de célébrer les fêtes de Noël et de l'Épiphanie dans un grand village situé tout proche de la résidence du gouverneur de la province du midi, et que le concours des fidèles avait été très considérable, sans compter ceux qui venaient chaque jour de toutes parts pour recevoir le sacrement de Confirmation, ce mandarin, homme fort avide d'argent, fut bientôt informé de mon séjour dans son voisinage. En conséquence, un chef de bandits lui demanda un ordre pour venir me saisir, il n’en fallut pas davantage pour répandre au loin l'alarme et l’épouvante. L'on débitait déjà que j'avais été arrêté, mais la