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station possède un ou deux chefs, cha gés de présider aux réunions à l’église, de préparer les malades à la mort, de rendre compte au missionnaire de la situation générale,
En Cochinchine, le conseil des notables de toute une paroisse ou de tout un district existe également, mais il est moins répandu et il a parfois un fonctionnement plus limité ; dans ce cas, chaque chrétienté petite ou grande à son conseil composé de quatre, cinq ou six fidèles hiérarchiquement désignés sous le nom de trum, câu, bien ; mais les premiers chefs de la résidence principale, géné- ‘alement au nombre de deux, ont une sorte d'autorité morale sur les autres,
Le Su-tchuen à une organisation analogue à cette dernière et dont les noms seuls différent. Aux Indes, les conseils de paroisse et de chrétienté n'existent pas, ils sont remplacés par les catéchistes dans la résidence du missionnaire, et surtout par les chefs de caste.
C'était donc partout, dans une certaine mesure, le &ouvernement du peuple chrétien par lui-même, sous la direction du pasteur ; cette méthode a le double avantage de faciliter les travaux de l'apôtre, nous l'avons dit, et d'apprendre à la paroisse à se conduire par ellemême, chose inappréciable à une époque et dans des pays où les troubles sont fréquents, les prêtres peu nombreux et souvent éloignés ; elle a été conçue d'après une juste appréciation des besoins des missions et adaptée aux facultés d'obéissance et de commandement en sous-ordre que possèdent les Orientaux.
À l'appel de leurs chefs et aux jours fixés, les chrétiens se groupent à l’église ou à la maison quien tient lieu, pour prier et entendre lire quelques instructions.
Le dimanche, ils tiennent ordinairement deux ou trois réunions, Ils récitent ou plutôt ils chantent à deux chœurs les magnifiques prières composées par les pre-
micrs missionnaires, et qui renferment un abrégé succinct, mais très clair, de tout ce qu'un catholique doit croire et pratiquer : les principaux mystères de la foi, les commandements de Dieu et de l'Église, les actes des vertus théologales, les sept sacrements, les huit béatitudes, les œuvres de charité corporelles et spirituelles. Suivent la lecture de l'épitre et de l’évangile, l'annonce des fêtes de la semaine, des Jours de jeûne et d'abstinence et la récitation du Rosaire médité.
Au Su-tchuen, les fidèles récitent le dimanche à la première réunion les trente-trois pater de la Couronne de Notre-Seigneur, les litanies des saints avec versets et oraisons, le Veni Creator, le Te Deum, le symbole de saint Athanase; puis le chef de famille chez lequel à lieu la réunion prend un chapitre du catéchisme et l'explique.
À la seconde réunion, les prières sont : la troisième partie du Rosaire, les litanies de la sainte Vierge et le Magnificat. Ces réunions ne rappellent-elles pas la parole de saint Justin : « Le jour du soleil (c’est-à-dire le dimanche), tous les chrétiens qui habitent les villes et les campagnes s'assemblent dans un même lieu. La on lit les écrits des Apôtres ou les livres des Prophètes au-
tant que possible. Ensuite dès que le lecteur a fini, celui qui préside nous exhorte à imiter de si beaux exemples.»
L'Église catholique est restée la même à travers les siècles et à travers le monde, elle continue à enseigner les mêmes prières etles mêmes dogmes, à former par les mêmes moyens les âmes aux plus belles vertus.
Dans toutes les missions, les chrétiens sont assu- Jettis seulement à neuf jours de Jeûne ; aux autres jours de jeûne, ils gardent l'abstinence. En Chine, pour éviter toute assimilation dangereuse avec la secte rebelle des Pe-lien-kiao , qui sont des jeüneurs, ils peuvent user de viande, les jours défendus, quand
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ils se trouvent en présence de ces sectaires: ils avaient et beaucoup ont encore l'autorisation de travailler le dimanche, après la récitation des prières, soit à cause de leur pauvreté, soit dans la crainte que leur repos ne les trahisse,
Le prêtre visite de temps en temps toutes les stations dont il est chargé, une fois par an dans les districts très vastes, quatre à cinq fois dans les autres.
Le jour de son arrivée est une véritable fête fidèles, revêtus de leurs habits de cé le saluer et lui offrir avec leurs
: tous les rémonie, viennent hommages les présents de leur pauvreté : quelques fruits, de petits gateaux, sans parler du bétel, de l'arec, du tabac, du thé. condiments indispensables de
toute bonne réception.
Le prêtre recoit ensuite, en particulier, les chefs de la chrétienté qui lui exposent la situation, les progrès, les abus, les difficultés: il s'enquiert des catéchumènes, appelle les fidèles qui témoignent le désir de l'entretenir et de le consulter, il rétablit la paix si elle est troublée, il visite les malades : la prudence guide ses actes et la prière les sanctifie, Pendant ce temps, le catéchiste parcourt le village, entre dans chaque maison, excite les retardataires, exhorte les pécheurs, invite tout le monde à se préparer à la réception des sacrements. I] est écouté, etchaque visite sacerdotale est marquée par d’'abondants fruits de grâce et de salut.
Le lendemain, de grand matin, car les pauvres ont besoin de leur t ‘avail, où pendant la nuit. si on redoute les espions et la police, la messe est célébrée, Si des catéchumènes sont prêts à recevoir le baptème, l'apôtre le leur confère, rehaussant cette cérémonie de tout l'éclat permis par la pénurie des missions. Des confréries de la Bonne Mort, des Ames du Purgatoire, de la Sainte-
Vierge, de aint-Joseph, avant toutes pour but une
assistance mutuelle, spirituelle ou matérielle, ont des réunions spéciales. Des concours de catéchismes se tiennent dans certains Vicariats : le Tonkin et la Cochinchine ; ils sont un précieux stimulant à l'étude de la doctrine catholique.
Les tableaux d'administration des missions nous diront mieux et avec plus de précision les travaux des ouvriers apostoliques. Ce sont des chiffres, et contre les chiffres, les arguments 4 priori et les suppositions perdent toute leur force. 11 nous est évidemment impossible de les donner tous, soit parce que le catalogue en serait fastidieux, soit parce que les missionnaires ne nous l'ont pas laissé. Nous omettons les baptèmes d'adultes et ceux d'enfants d’infidèles à l'article de la mort dont nous parlerons plus tard, ainsi que les chiffres des mariages qui nous manquent très souvent. Nous commençons par l'administration des sacrements au Tonkin pendant plusieurs années.
En 1765 : 71,476 confessions : 97,903 communions, 2,797 baptèmes d'enfants, 885 confirmations, 1,995 extrêmes-onctions.
En 1770 : 73,859 confessions, 59,764 communions. 2,269 baptêmes d'enfants, 1,144 confirmations, 1,365 extrêmes-onctions.
En 1782 : lorsque nos missionnaires administraient une partie des anciens districts des Jésuites, les chiffres s'élèvent beaucoup plus haut : 121,172 confessions. 103,770 communions, 6,183 baptômes d'enfants et 1.473 extrêmes onctions.
Les catalogues de la mission de Cochinchine sont moins complets que ceux du Tonkin; pour les avoir même approximativement, ils exigent beaucoup de recherches; ils donnent environ 25,000 confessions, 18,000 communions, 12 à 1.400 baptèmes d'enfants et 400 extrêmes-onctions, À Siam : même absence de catalo-
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Voici les Catalogues du Su-tchuen, confessions et les communions 2,996 confessions, 1,984 c d'enfants,
. En 1778 : 4,800 confessions baptêmes d'enfants.
En 1780 : 5,940 confessions, baptêmes d'enfants.
La mission de Pondichéry trois missionnaires, désolé offre pas la possibilité proximatif.
Sl nous résumons moyenne, nous arrivons Société entière, sions, fants.
Ils donnent les annuelles, En 1770 :
oMmmunions, {5292 baptêmes
, 2,965 Communions, 821 2,811 Communions, 766
administrée seulement par e par les guerres, ne nous
de donner un état même ap-
ces chiffres et prenons une » Pour une année et pour la
au total suivant : 150,000 confes- 100,000 communions, 4,000 baptêmes d’en-
Telles sont l'organisation, la vie de la chré
tienté, de la paroisse, du district,
et l'âdministration des sacrements, il nous reste à indiquer quelles œuvres géné- ‘ales d'éducation, de charité et d'apostolat la Soc
iété avait établies dans ses missions.
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La première, la plus essentie si souvent parlé et dont nous ay mesure qu'elle a eu lieu, est l'établissement des sé
Outre le collège général dont nous avons vu la fondation à Juthia et les différentes translations, Par suite des
“ucrres et des persécutions, à Chantaboun, à Ha-tien
Ile, celle dont nous avons ons signalé la création à Partout où la Société est fixée, minaires.
Pondichéry, chaque mission possédait un petit et un grand séminaire.
Des missionnaires européens, aidés de prêtres indigènes ou de théologiens, étaient à la tête de ces établissements, qui ne recevaient en général que des jeunes gens de 18 à 19 ans déjà formés et ayant une certaine culture intellectuelle puisée ‘chez les prêtres chargés des paroisses. On y enseignait le latin, un peu de mathématiques, d'histoire, de géographie, et avec soin la littérature indigène et beaucoup de doctrine chrétienne.
On accoutumait les élèves à passer tour à tour de l'étude aux exercices. de piété et aux travaux de la maison, ils faisaient la cuisine, gardaient la porte, coupaient le bois, vannaient le riz, cultivaient le jardin et, à l'occasion, réparaient la maison.
Cette discipline évitait la présence et le payement des domestiques, comme l'expliquait avec un grand sens pratique Mgr Néez à Mgr de Martiliat, «elle ? habituait les écoliers travaillant ensemble et gratuitement à se regarder comme des frères, à prendre l'esprit de communauté, à considérer le missionnaire comme un père qui a soin de ses enfants lesquels, en retour, lui doivent l'amour, le respect et l’obéissance : par là on gagne leur cœur, et dès que le cœur est gagné, on vient aisément à bout du reste. »
Avant de faire étudier la théologie à ces jeunes gens, on les employait comme catéchistes, en les confiant à des missionnaires ou à des prêtres indigènes, qui les gardaient près d'eux ou les envoyaient parmi les païens. Après plusieurs années d'épreuve, lorsqu'ils avaient atteint l’âge de 30 à 35 ans, ils étaient admis au grand séminaire où ils apprenaient